dimanche 17 avril 2011

L'Acropole, Athènes, Grèce

L'Acropole d'Athènes est un plateau rocheux élevé au centre d'Athènes. Pendant l'Antiquité, elle fait office de vaste sanctuaire pour le culte de la déesse Athéna et de nombreux autres dieux de la mythologie grecque.

L'Acropole d'Athènes et ses monuments sont le symbole universel de l'esprit et de la civilisation classiques, et forment le plus extraordinaire ensemble architectural et artistique légué par la Grèce antique au reste du monde. Dans la seconde moitié du Ve siècle avant JC, Athènes, suite à sa victoire sur les Perses et à l'établissement de la démocratie, prit un ascendant sur les autres Cités-États du monde antique. Durant cette période, alors que l'art et la pensée florissaient, un groupe exceptionnel d'artistes mit en œuvre les plans ambitieux de Périclès, homme d'État athénien, et transforma, sous la direction éclairée du sculpteur Phéidias, la colline rocheuse en un monument unique d'esprit et d'arts. 

L'Acropole d'Athènes

Les principaux monuments furent érigés à cette époque : le Parthénon, construit par Ictinus, l'Erechthéion, les
Propylées, l'entrée monumentale de l'Acropole, dessinés par Mnesiclès et le petit temple d'Athéna Nikê et le théâtre antique de Dionysos. Ce lieu est actuellement un des sites touristiques les plus visités du monde. Les monuments de l'Acropole ont été inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1987.

L'Acropole d'Athènes est l'expression suprême de l'adaptation de l'architecture à un site national. Cet ensemble grandiose de structures massives parfaitement équilibrées crée un paysage monumental d'une beauté unique formé d'une série complète de chefs-d'œuvre du Ve siècle avJC. Les monuments de l'Acropole ont exercé une influence considérable, et cela pas seulement au cours de l'Antiquité gréco-romaine, alors qu'on les considérait comme des modèles exemplaires dans tout le monde méditerranéen, mais aussi à l'époque contemporaine.


L'Acropole occupe un promontoire rocheux situé 156 m au-dessus de la vallée de l'Ilissos, d'une superficie de moins de 3 ha. Dès le IIe millénaire avJC, c'était une forteresse qui protégeait les lieux de culte et les palais royaux. L'accès au plateau était protégé par un mur, le Pelasgicon, qui existait avant les invasions doriennes qui menacèrent Athènes à partir de 1200. L'Acropole fut reconstruite après la chute des tyrans

Hipparque, en 514, et Hippias, en 510. Le Pelasgicon, qu'un oracle de Delphes avait déclaré maudit, fut détruit. La ville supérieure, privée de remparts, fut ainsi affaiblie, si bien que les Perses menés par Xerxès, s'en étant emparés en 480, pillèrent et brûlèrent ses sanctuaires. Paradoxalement le pillage de l'Acropole assura alors la conservation de l'un des plus importants groupes de sculptures archaïques du monde grec. Le rempart fut construit avant 472-471 avJC, en même temps que les "Longs Murs" qui reliaient Athènes à son port du Pirée.

Avec Périclès, le Ve siècle av. J.-C. marque l'apogée de la démocratie athénienne. Les décennies comprises entre 447 et 406 virent la construction des quatre chefs-d'œuvre de l'art grec classique : le principal temple consacré à Athéna, le Parthénon ; les Propylées, l'entrée monumentale qui remplaça la porte de Pisistrate, construite à l'emplacement de l'une des entrées de la citadelle des anciens rois ; le temple d'Athéna Nikê ; enfin, l'Érechthéion. La désastreuse guerre du Péloponnèse et la capitulation d'Athènes en avril 404 avJC entraînèrent la destruction des "Longs Murs", mais elles n'eurent pas de conséquence grave sur les monuments de l'Acropole.

L'Erechteion - détail du portique des Caryatides
La colline sacrée d'Athènes, dont les monuments suscitaient l'admiration générale, continua à être embellie par différents grands hommes, dont les souverains de Pergame, de Cappadoce et d'Égypte, des empereurs romains comme Claude et Hadrien, et de riches citoyens privés comme Hérode Atticus, le tuteur de Marc Aurèle. Les premiers dommages ont été infligés à l'héritage monumental de l'Acropole lors du raid d'Hérulien en 267. Depuis lors, et en dépit de longues périodes de calme relatif, les monuments et le site ont été endommagés à différentes reprises. Les Byzantins transformèrent les temples en églises et transportèrent leurs trésors artistiques à Constantinople. Après l'effondrement de l'Empire byzantin en 1204, Athènes passa aux mains de souverains francs qui avaient peu de considération pour ses ruines. Lorsque les Turcs prirent la ville en 1456, le Parthénon devint une mosquée et l'Érechthéion fut utilisé sporadiquement comme harem par le gouverneur turc. En 1687, l'année la plus tragique, le siège de l'Acropole par l'armée vénitienne de Morosini aboutit à l'explosion du Parthénon dont les Turcs avaient fait une poudrière. Au XIXe siècle, avec l'autorisaiton officielle du sultan, lord Elgin, ambassadeur du roi d'Angleterre auprès de la Sublime Porte, compléta le pillage en achetant des marbres qui sont devenus, depuis 1815, l'orgueil du British Museum. Après un siècle de fouilles et de restaurations effectuées sur le site, l'Acropole est actuellement un laboratoire expérimental des techniques de conservation à ciel ouvert les plus innovatrices, visant à sauvegarder les marbres endommagés par une grave pollution atmosphérique.



Plan de l'Acropole



Les Propylées

 Les Propylées sont un monument constituant l'entrée principale de l'acropole d'Athènes. Dans la Grèce ancienne, le mot au singulier, un propylée désignait un vestibule simple situé en avant d’une entrée de sanctuaire, de palais ou d’agora ; au pluriel, des propylées sont des entrées monumentales de structure beaucoup plus complexe, comme à Eleusis, Corinthe, Epidaure ou Athènes.

Acropole - Les Propylées

Les Propylées ont été construites entre 437 et 432 avJC. Cet édifice mesure 18m sur 25m et comprend un bâtiment central, vaste vestibule de forme rectangulaire, et deux ailes latérales. Parmi les cinq portes de la partie centrale, celle du milieu donnait accès à la Voie sacrée que suivaient les processions des Panathénées. Selon Aristophane, les cinq portes étaient fermées par de lourds vantaux de bois.

Comme au Parthénon, l'architecte (Mnésiclès) a associé l'ordre dorique et l'ordre ionique. Les façades étaient doriques, tandis que deux rangées de colonnes de style ionique divisaient le vestibule central en trois parties. Le plafond était sans doute peint en bleu et décoré d’étoiles.

L'aile nord, la pinacothèque, fut la première galerie de peinture au monde. On y trouve des peintures sur bois réalisées par de grands artistes de l'époque, parmi lesquels Polygnote (Ve siècle avJC), auteur de compositions mythologiques. L'aile sud, plus petite, se composait d’une salle, qui menait à l'ouest, au  Temple d'Athéna Niké, "la Victoire".

Les Propylées franchis, le visiteur antique trouvait sur sa gauche plusieurs bâtiments administratifs ou logements, parmi lesquels la maison des Arrhéphores. En face, majestueuse et haute de plus de 9 mètres, se dressait la statue d’Athéna Promachos, ou plus exactement, Athéna Enhoplos, c'est-à-dire "en armes ". Sur sa droite, le visiteur découvrait le petit sanctuaire d’Artémis Brauronia et celui d’Athéna Ouvrière, et enfin le majestueux Parthénon.

Acropole - Les Propylées

Les Propylées furent construits en marbre du Pentélique à partir du soubassement. Toutefois, l’architecte a aussi utilisé du marbre bleu d’Éleusis. L’ensemble a coûté une fortune colossale.

En contrebas du chemin menant aux Propylées se dressait la porte dite de Beulé du nom de l’archéologue français qui la découvrit en 1853 sous un bastion turc. Elle fut construite par les Romains au IIIe siècle avJC. ; on ne sait pas si l’accès à l’Acropole s’effectuait par une rampe d’escalier ou par un chemin en lacets.

Les Propylées, comme les autres monuments d'Athènes, ont eu une histoire agitée. Ils ont été successivement palais épiscopal, résidence des ducs francs d’Athènes, palais florentin et dépôt d’armes turc.


Temple d'Athéna Nikè

Le temple d'Athéna Nikè fut érigé au Ve siècle avJC sur l'Acropole d'Athènes, en l'honneur de la déesse de la victoire, Athéna Victorieuse: Nikè signifie littéralement "victoire" en grec ancien.

Acropole - Le temple d'Athéna Nikè

Ce premier temple ionique de l'Acropole occupait une position de choix sur un promontoire fortifié dans le coin sud-ouest, sur la droite des Propylées. Les citoyens y vénéraient la déesse sous cette forme dans l'espoir d'obtenir la victoire dans leur longue guerre, tant terrestre que maritime, contre Sparte et ses alliés. Le temple d'Athéna Nikè exprimait l'aspiration d'Athènes à devenir la principale cité-état grecque.Ce temple, construit par Callicratès aux alentours de -420, était de style ionique et ne comportait qu’une chambre contenant la statue du culte, reproduction d’une ancienne statue en bois. Les frises décrivaient une assemblée de dieux et des scènes de batailles. Cet édifice religieux, très élégant, fut détruit par les Turcs Ottomans en 1687.

Il a été commencé entre 435 et 432 avJC. Les frises de ce temple représentent notamment la victoire des Athéniens sur les Perses lors des guerres médiques (à l'est), ainsi que les dieux fêtant cet évènement (au nord).


Le Parthénon

Le Parthénon est l'un des symboles archéologiques les plus connus de toutes les civilisations. Construit en quinze ans, entre 447 et 432 avJC, ce temple de la Grèce antique remplace un autre que les Perses ont détruit en 480 avJC. A l'époque, on s'étonne qu'un temple si grand (30,9 m x 69,5 m) soit élevé en si peu de temps, mais ce qui est encore plus étonnant, c'est la qualité de la construction et de la finition, qui est superbe. Le temple est édifié à l'instigation de l'homme d'État le plus important de l'époque, Périclès. 

Acropole - Parthénon Temple d'Athéna Parthénos

Selon Plutarque, le grand biographe grec qui écrit des siècles après l'achèvement de l'édifice, la construction du Parthénon et des autres temples qui l'entourent a été motivée notamment par le chômage, qui s'aggravait. En entreprenant de grands travaux publics sur l'Acropole (la colline qui domine Athènes, où le Parthénon et d'autres temples dédiés aux dieux sont situés), Périclès espère offrir du travail aux Athéniens ordinaires — menuisiers, maçons, ivoiriers, peintres, émailleurs, modeleurs, forgerons, cordiers, tisserands, graveurs, marchands, orfèvres (travail du cuivre), potiers, cordonniers, tanneurs, ouvriers, etc.

Fait plus important, Périclès voit dans le Parthénon un chef-d'œuvre architectural qui communiquera au monde la supériorité des valeurs d'Athènes, de son système de gouvernement et du mode de vie de ses habitants. Pour cette raison, il n'accepte que les meilleurs matériaux de construction — la meilleure pierre, du bronze, de l'or, de l'ivoire, de l'ébène, du bois de cyprès — et les meilleurs artistes et artisans. Le Parthénon doit être un édifice pour tous les temps. Dans une oraison funèbre prononcée en 430 av. J.-C., Périclès déclare jusqu'à quel point il est fier de la ville d'Athènes, et il pense sans aucun doute au Parthénon lorsqu'il proclame  "L es marques et les monuments que nous avons laissés sont effectivement grands. Les hommes de l'avenir s'émerveilleront de nous, comme le font tous les hommes aujourd'hui."

Le nouveau projet de construction n'est pas bien accueilli par tout le monde. Certaines personnes sont outrées en voyant les vastes sommes qu'on dépense « pour dorer et embellir notre ville comme si elle était une femme vaniteuse qui se pare de pierres dispendieuses et de temples qui ont coûté mille talents ». Beaucoup protestent également le fait que les fonds engagés dans la construction du Parthénon proviennent d'alliés d'Athènes, qui les fournissent, à contrecœur, pour financer des guerres contre les Perses. Périclès affirme que, tant que les Athéniens respecteront leurs engagements en défendant ces alliés contre les agresseurs perses, les alliés n'auront aucune raison de se plaindre. La majorité des gens appuient Périclès. En fait, la personne qui le critique le plus vivement est frappée d'ostracisme (bannie pendant dix ans) à la suite d'un jugement du peuple, rendant la construction possible.

Périclès dirige lui-même le programme de construction du Parthénon. Il demande à trois hommes qui sont au premier rang dans leur domaine de collaborer au design et à l'exécution du projet. Nous ne savons pas tout ce qu'ils ont fait, mais, autant qu'on puisse en juger, Ictinos a été le principal architecte, et Callicratès , le maître d'œuvre et le coordinateur technique, tandis que Phidias a supervisé la création et l'intégration de tous les éléments artistiques. Ce dernier crée lui-même l'énorme sculpture en or et en ivoire de la déesse de la ville et certains groupes de sculptures, tout en supervisant une petite armée d'artistes et d'artisans. Considéré à l'époque comme le plus grand sculpteur de son temps, Phidias est aujourd'hui reconnu comme le plus grand sculpteur grec de tous les temps. Les trois hommes ont collaboré avec succès tout le long du projet.

Il va sans dire que la construction du Parthénon exige de vastes sommes d'argent. (Selon des comptes publics gravés sur pierre, la construction a coûté 469 talents d'argent. On n'a jamais calculé l'équivalent moderne de ce montant de façon satisfaisante.) Le principal matériau de construction est le marbre pentélique, qui provient du mont Pentélique, située à environ 16 km d'Athènes. (L'ancien Parthénon, que les Perses détruisent durant la construction, est le premier temple en ce genre de marbre.) Les immenses blocs de pierre sont transportés jusqu'au chantier dans des chars à bœufs. Le Parthénon n'est pas du tout la structure la plus grande, mais ce qui le distingue de la plupart des autres temples, c'est la qualité et l'étendue des éléments sculptés. Beaucoup de sculptures sont en marbre blanc provenant de l'île de Paros, un marbre plus cher que la plupart des sculpteurs préfèrent. En tant que collection qui montre l'art grec à son apogée, les marbres (sculptures) du Parthénon sont sans pareil.

Plusieurs raffinements esthétiques sont intégrés à l'édifice, qui est lui-même une œuvre d'art, de façon à le rendre le plus parfait possible visuellement. Sachant que les longues lignes horizontales semblent s'arquer, bien qu'elles soient parfaitement droites, les architectes courbent délibérément des éléments horizontaux et « grossissent » les colonnes au centre pour compenser les irrégularités de l'œil humain. Cet épaississement au centre donne l'impression que les colonnes ploient un peu sous le poids du toit, rendant le temple moins statique, plus dynamique. Bien que les lignes et les distances du Parthénon semblent droites et égales, la géométrie a été modifiée pour créer cette illusion. On dit que dans cet édifice "rien n'est ce qu'il semble être".

Acropole - Parthénon Temple d'Athéna Parthénos

Le Parthénon est un temple dorique auquel on a ingénieusement intégré des éléments ioniques pour produire un édifice que bien des personnes, y compris certains des meilleurs architectes du monde, considèrent comme parfait. Le style dorique comporte des colonnes plus larges et a un aspect plus imposant (appelé parfois masculin) que le style ionique (féminin). Périclès a peut-être fait ce choix pour des raisons politiques, unissant symboliquement les Grecs d'origine dorienne et ionienne dans un édifice transcendant.

Le Parthénon est un temple périptère, c'est-à-dire que la structure est entourée de colonnes. Il comporte en tout 46 colonnes : 8 sur chaque façade et 17 sur chaque côté. À l'intérieur de ces colonnes il y a une plate-forme surélevée en pierre qui soutient les murs d'une pièce rectangulaire appelée la cella ou le naos. Dans un temple traditionnel, il s'agit d'une seule pièce, mais la cella du Parthénon a été divisée en deux pièces. La plus grande abritait une énorme statue d'Athéna, debout sur un socle. Devant la statue, il y avait un miroir d'eau. Dans l'autre pièce, qui comporte quatre colonnes intérieures, se trouvait le trésor de l'État, y compris de la monnaie offerte à la divinité. Les colonnes intérieures aidaient à soutenir le toit, qui était en marbre, comme le reste de l'édifice.

La partie de la cella où se trouvait la magnifique statue d'Athéna s'appelle l'Hécatompédon (heka = 100) et est longue de cent pieds athéniens (attiques), comme son nom grec l'indique. Le miroir d'eau permettait d'humidifier l'air et les éléments en ivoire de l'immense statue chryséléphantine (en or et en ivoire), qui pouvaient se dessécher et se fendre. La statue a coûté plus que l'édifice qui l'abritait, et le sculpteur Phidias l'a conçue de façon à ce qu'on puisse en enlever les plaques d'or, les peser et les vendre, si nécessaire. (Cette décision s'est avérée judicieuse parce que, plus tard, on a accusé Phidias d'avoir volé des plaques d'or, et il a pu prouver son innocence sans problème.)

Modélisation informatique de l'intérieur du Parthènon - MacGillivray Freeman Films

Le rêve de Périclès, que le Parthénon soit un symbole impérissable de la grandeur d'Athènes et du triomphe inévitable de la civilisation sur les forces barbares, a été éphémère. Les dernières sculptures sont achevées en 432 avJC, mais à peine trois ans plus tard, Périclès et nombre de ces concitoyens succombent à une horrible peste qui dévaste Athènes.

Le Parthénon sert de temple d'Athéna pendant un millénaire presque. Puis, au VIe siècle, des moines chrétiens de l'Église orthodoxe grecque prennent possession de l'édifice, qui devient l'église de la Sainte Sagesse (Hagia Sophia). Les chrétiens zélés cassent ou dégradent plusieurs sculptures qu'ils considèrent comme païennes ou profanes, et apportent des modifications mineures à l'architecture. Sept cents ans s'écoulent.

En 1204, les Français (les Francs) envahissent Athènes et prennent possession du Parthénon, qu'ils rebaptisent Notre-Dame d'Athènes. Le temple devient alors une église catholique. Dès 1458, les Turcs occupent Athènes et transforment le plus vite possible le temple ancien en mosquée islamique, y ajoutant un minaret. Le gouverneur turc installe son harem dans l'Érechthéion, le temple situé à côté du Parthénon. En 1687, les Vénitiens, qui sont en guerre contre les Turcs, bombardent le Parthénon de boulets et d'obus de mortier. Convaincus que les Vénitiens n'attaqueraient pas le vénérable édifice religieux, les Turcs y avaient abrité leurs femmes et leurs enfants, ainsi que leur provision de poudre. Trois cents personnes et 28 colonnes du Parthénon périssent dans une immense explosion.

Les activités de lord Elgin, homme d'État britannique et ambassadeur à Constantinople en 1801, auront également une incidence majeure sur le Parthénon. Les autorités turques donnent à l'ambassadeur la permission de dessiner les merveilleuses sculptures, d'en prendre des moulages en plâtre et « d'emporter tout morceau de pierre portant des inscriptions ou des figures ». (De nombreuses morceaux de sculptures détruites dans l'explosion se trouvent encore dans les décombres du Parthénon.) Les représentants de lord Elgin ne se contentent pas longtemps de ramasser des morceaux de sculptures brisées. Ils commencent à amputer l'édifice, se servant plus tard de scies pour enlever de gros morceaux de sculpture. Il faut dire à leur décharge qu'ils connaissent les autres pratiques destructrices de l'époque. Les Turcs ont utilisé des sculptures du Parthénon comme cibles dans des exercices de tir et ont décapité des figures qu'ils ont pu atteindre (celle de Périclès en était probablement une). De plus, les Turcs chaulent leurs bâtiments, dont bon nombre sont construits autour du Parthénon. Pour obtenir du blanc de chaux, on brûle du marbre, le réduisant en calcaire, puis on y ajoute de l'eau. Cette recette a mené à la destruction de statues brisées et intactes à Athènes et ailleurs.

Aujourd'hui, les vestiges du Parthénon, les ossements blanchis de ce qui a été à un moment donné un chef-d'œuvre architectural pour tous les temps, témoignent silencieusement de la gloire de la Grèce antique. Les sculptures qui ornaient les murs de marbre se trouvent aujourd'hui en morceaux, accrochés çà et là aux vestiges du temple ancien ou éparpillés à travers les grands musées du monde à Athènes, Londres, Paris, Munich, Rome, Copenhague, Vienne...

L'Erechteion 

C'est un des rares temples grecs en forme de croix. Sa construction a débutée après celle du Parthénon (en 420 avJC) pour se terminer en 407, c'est-à-dire treize ans plus tard. On dit que c'est ici qu'était gardée la plus ancienne représentation d'Athéna, le xoanon. 

Œuvre majeure de l'art hellénique, le portique des Caryatides constitue le motif le plus original de l'Érechthéion, et une sorte de dais funéraire au-dessus du tombeau de Cécrops, le roi-serpent, l'un des fondateurs mythiques d'Athènes. Peut-être dues à l'atelier du sculpteur athénien Alcamène, six statues de jeunes filles s'acquittent avec grâce de leur fonction de support. Droites, vêtues de longues tuniques ioniennes, elles portent en guise de coiffure un chapiteau circulaire. Ce portique servait peut-être de tribune depuis laquelle certains personnages officiels pouvaient contempler le défilé et les cérémonies des panathénées, en même temps qu'il masquait l'escalier reliant l'Érechthéion à la terrasse de l'Acropole.

Acropole - L'Erechteion - Le portique des Caryatides
  
Le théâtre de Dionysos 

Situé sur le flan sud de l'Acropole, le théâtre de Dionysos, construit à l'intérieur d'un sanctuaire dédié à Dionysos, est le plus illustre de tous les théâtres grecs. Tout au long des IVe et Ve siècles avJC, les gradins étaient uniquement constitués de bois. Des grands noms du théâtre antique y immortalisèrent leurs pièces tels que Sophocle, Euripide et Aristophane pour ne citer qu'eux. 

A la suite de l'effondrement des gradins, en bois, on en édifia de nouveaux, entre 500 et 497 avJC. Ils furent cette fois construits en pierre. Pouvant contenir jusqu'à 13 000 spectateurs, la toute nouvelle cavea encadre l'orchestra, initialement circulaire puis modifiée sous Néron pour ne plus former qu'un demi-cercle. La scène quand à elle, est de forme rectangulaire. Ses 46 mètres de long sur 6,5 de large sont encadrés par deux ailes latérales. La dernière transformation du théâtre date de l'époque romaine avec l'élargissement de la scène. Ressemblant après cela à un théâtre romain, le théâtre de Dionysos accueillit de nombreux combats de gladiateurs et autres jeux.

Acropole - Le théâtre de Dionysos

7 commentaires:

  1. Merci pour tout ces ce sont les information qui me manquais pour donner un contrôle a mes éleve

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  2. Sympa ce blog, il m'a permis d'obtenir les informations qu'il me manquaient.

    PS : Si celui qui se dit prof en ai vraiment un, je plains ses pauvres élèves, aux vues de son écriture.

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  3. super j'ai toutes les infos pour mon livret d'histoire des arts trop contente ce blog est génial ! J'ai juste du mal a choisir entre le Parthenon et le temple d'Athéna Niké pour l'exposé merci ! bye !

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  4. Petite précision à propos du temple d'Athéna Niké, il abritait la Victoire Aptère.
    Aptère, donc sans ses ailes, pour l'empêcher de quitter Athènes.

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  5. J'adooooore trop la statue d'Athéna, elle est tellement beeeelle... ^^

    Bref, merci a la personne qui a écrit tout ça |||

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