jeudi 9 janvier 2014

L'utopie d'aujourd'hui

Enracinée dans le désir de réformer en profondeur le monde existant, l’utopie est une projection dans un avenir plus ou moins lointain d’un idéal collectif. Il s’agit de repenser le monde, la société pour mieux les changer. L’utopie  n’est ni un rêve ni une chimère et des utopies d’hier sont parfois devenues réalités aujourd’hui. Comme le dit Leibniz «  Les utopies sont des possibilités éternelles ».


Quelles perceptions pouvons-nous avoir aujourd’hui de l’Utopie ? 

Les utopies sont souvent nées dans des époques de crise sociale où les valeurs morales, économiques et politiques étaient remises en question comme c’est le cas aujourd’hui.  Développer l'Utopie c’est prendre du recul, identifier les manques de notre société, de notre monde, pour pouvoir le repenser autrement et mieux le changer. C’est aussi convaincre les autres que d'autres modes de vie sont possibles. La société idéale peut-être une construction humaine, sans qu'il faille compter sur la providence.  L'utopie traduit une manière de penser caractéristique de l'humanisme. Elle porte en elle l’espoir  d’un avenir individuel et collectif meilleur dans une société plus juste et harmonieuse.

L’utopie est donc un moteur puissant de réflexion, d’imagination et d’innovation. Elle permet de fédérer les énergies pour travailler ensemble dans une même direction, autour de valeurs partagées, sur un projet visant l’avenir de la société. On ne peut pas imaginer un monde sans utopie.

Toutefois il peut exister des freins à l’émergence de nouvelles utopies.  Le terme d’utopie lui-même inventé  à partir du grec en 1516 par Thomas More), reste ambiguë : "eu- topos" : lieu où tout est bien mais aussi "ou -  topos" : lieu de nulle part. Dans le climat actuel de crise économique, sociale et morale, l’impression d’un avenir collectif qui nous échappe, inéluctablement réglé par des mécanismes économiques d’ordre supérieur peut engendrer un sentiment d’impuissance  décourageant l’utopie.

D’autre part, dans un monde dominé par l’immédiateté, l’utopie exige un changement de rapport au temps. Certaines utopies ne deviennent réalités qu’après plusieurs générations. Il faut travailler sur le long terme… Ceux qui travaillent aujourd’hui ne profiteront peut-être pas des changements.

Enfin, bien qu’il soit indéniable que de nombreuses réalités d’aujourd’hui s’appuient sur des utopies d’hier,  les dérives totalitaires du XX° siècle, ont pu générer une confusion erronée, entre l’utopie et des mises en œuvre déshumanisantes contraires à l’idéal poursuivi. D’où  une méfiance vis-à-vis de l’utopie et une réticence à se projeter dans un avenir considéré comme incertain.

Or, la véritable Utopie s’appuie sur des valeurs humanistes dont le respect de l’homme et de sa dignité dont doivent aussi dépendre ses réalisations. Projet collectif pour une société plus juste et harmonieuse, projection dans un avenir lointain à travers les générations, l’Utopie a été et doit encore être un moteur pour les hommes qui travaillent au progrès de l’humanité.   L’utopie est un devoir. Comme le disait Goethe « Ils ont eu le courage de croire à la lumière, quand la nuit était encore épaisse ». L’utopie est universelle et éternelle.

L'arbre des possibles

Quelles utopies envisager pour demain ?

La première des utopies n’est-elle pas de replacer l’humain, la dignité humaine au centre des préoccupations du politique, de la vie sociale et quotidienne. La fraternité, doit retrouver la première place dans la hiérarchie des valeurs d’un monde  où priment les valeurs marchandes, sources d’inégalités, d’injustice sociale et de négation de l’humain. De cette utopie découlent quelques aspirations pour la société :
   
- Une véritable solidarité y compris intergénérationnelle.
- Une égalité dans la protection sociale et l’accès aux soins.
- Un revenu de base pour tous, sans conditions.
- Un toit pour tous.
- La « sobriété heureuse », telle que la définit Pierre Rabhi, afin d’éviter de basculer a terme dans une dictature environnementale.
- Le remplacement des indicateurs croissance et PIB par des indicateurs plus humains (IDH, indice de développement humain, indicateur de bonheur, etc) qui restent pour certains à créer.
- La sortie de l’énergie fossile qui se raréfie.
- La mise en place de monnaies locales pour remplacer la dictature de la finance mondiale.
- La license globale et l’accès aux œuvres numériques pour tous.

Finalement, toutes ces utopies visent à remettre l’humain au centre des préoccupations du système, en vue d’établir une fraternité humaine universelle, utopie qui reprend toutes les autres…

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