lundi 14 septembre 2015

Pythagore (-580/-495)

Buste de Pythagore - Musées du Capitole - Rome
Pythagore est un philosophe, mathématicien et scientifique qui serait né aux environs de 580 avJC à Samos, une île de la mer Égée au Sud-Est de la ville d'Athènes et mort vers 495 avJC. Le nom de Pythagore ou Pyth-agore, étymologiquement « celui qui a été annoncé par la Pythie », découle de l'annonce de sa naissance faite à son père lors d'un voyage à Delphes.

La vie énigmatique de Pythagore permet difficilement d'éclaircir l'histoire de ce réformateur religieux, mathématicien, philosophe et thaumaturge. Pythagore naquit à Samos mais s'enfuit de son île pour se soustraire au tyran Polycrate qui y régnait. Il s'établit dans la colonie grecque de Crotone, dans le sud de l'Italie. Là, il fonda une communauté religieuse qui obéissait à des règles diététiques strictes et à d'autres formes d'autodiscipline. 

Nous ne connaissons son enseignement que par ses élèves, dont beaucoup étaient des femmes, y compris son épouse Théanô et ses filles. Il semble avoir enseigné qu'il y avait un cycle de réincarnation et que par l'étude et par une vie droite chacun peut atteindre un état qui permet à l'âme d'échapper au cycle et de rejoindre l'âme du monde.

En mathématiques, c'est probablement lui qui démontra le théorème qui porte son nom: "Dans un triangle rectangle, le carré de l'hypoténuse est égal à la somme des carrés des deux autres côtés." Le fait lui-même était connu empiriquement depuis des siècles, toutefois, l'école de Pythagore a peut-être été la première à donner une preuve du théorème. La légende rapporte que Pythagore en fut si fier qu'il sacrifia aux dieux une hécatombe, c'est-à-dire 100 boeufs. 

En astronomie, on lui attribue la découverte qu'Hespérus et Phosphorus (l'étoile du matin et l'étoile du soir) étaient la même chose, connue aujourd'hui sous le nom de planète Vénus. Et, en acoustique, il établit les rapports mathématiques auxquels obéissent les intervalles dans l'échelle des sons. Cette dernière découverte est peut-être la plus importante, car elle conduisit Pythagore à l'idée que l'Univers dans son ensemble pouvait être expliqué mathématiquement. C'était un grand progrès par rapport aux Milésiens. Au lieu de rechercher un élément premier hypothétique, que ce soit le feu, l'eau ou l'illimité, les pythagoriciens s'efforçaient d'expliquer le monde mathématiquement. Cela traça la voie de la science en général et influença toute une série de savants et de philosophes, principalement Platon puis Galilée.

Le néopythagorisme est empreint d'une mystique des nombres, déjà présente dans la pensée de Pythagore. Hérodote le mentionne comme « l'un des plus grands esprits de la Grèce, le sage Pythagore ». Il conserve encore aujourd'hui un grand prestige à tel point que Hegel disait qu'il était « le premier maître universel ».

Pythagore serait le premier penseur grec à s’être qualifié lui-même de "philosophe". Cicéron évoque l'anecdote célèbre sur la création du mot " philosophe ", " amoureux de la sagesse ", par Pythagore :

"Par la même raison, sans doute, tous ceux qui se sont attachés depuis aux sciences contemplatives, ont été tenus pour Sages, et ont été nommés tels, jusques au temps de Pythagore, qui mit le premier en vogue le nom de philosophes. Héraclide de Pont, disciple de Platon, et très habile homme lui-même, en raconte ainsi l'histoire. Un jour, dit-il, Léon, roi des Phliasiens, entendit Pythagore discourir sur certains points avec tant de savoir et d'éloquence, que ce prince, saisi d'admiration, lui demanda quel était donc l'art, dont il faisait profession? A quoi Pythagore répondit, qu'il n'en savait aucun; mais qu'il était philosophe. Et sur ce, le roi, surpris de la nouveauté de ce nom, le pria de lui dire qui étaient donc les philosophes, et en quoi ils différaient des autres hommes."

Cicéron,Tusculanes

L'âme, la transmigration des âmes

Pour Pythagore, le corps (sôma) est un tombeau (sêma), à la fois prison et "signe" ou "protection" de l'âme. Philolaos : "Les anciens théologiens et devins témoignent eux aussi que c'est en punition de certaines fautes que l'âme a été attelée au corps et ensevelie en lui comme un tombeau." L'âme est un nombre, en ce sens qu'elle est harmonie, bonne proportion, combinaison des propriétés composant le corps (c'est la théorie du pythagoricien Simmias dans le Phédon, de Platon). Elle est vie, car mouvement.

Pythagore pensait "que l'âme est immortelle ; ensuite, qu'elle passe dans d'autres espèces animales ; en outre, qu'à des périodes déterminées ce qui a été renaît, que rien n'est absolument nouveau, qu'il faut reconnaître la même espèce à tous les êtres qui reçoivent la vie." A beaucoup de ceux qui l'abordaient il rappelait la vie antérieure que leur âme avait jadis vécue avant d'être enchaînée à leur corps actuel. Et lui-même, par des preuves irrécusables, démontrait qu'il réincarnait Euphorbe, fils de Panthoos.

L'intervalle entre incarnations serait 216 ans (6 au cube). Et l'explication vient de la nature de l'âme : il y a transmigration de l'âme parce que, par nature, elle est immortelle et mouvante, Pythagore ne fait pas intervenir la justice divine, une rétribution de l'âme, puisque n'importe quelle âme peut entrer dans n'importe quel corps. D'où vient à Pythagore sa théorie de la transmigration des âmes ? d'Orphée ? de Phérécyde de Syros ? depuis l'Inde ? On l'ignore.

La communauté pythagoricienne

L'école pythagoricienne de Crotone devint par la suite une hétairie (confrérie) politique de courant aristocratique. Il s'agit d'une fraternité philosophique, religieuse et scientifique, proche de l'orphisme. On dirait aujourd'hui un Ordre, au sens où la Franc-maçonnerie est un Ordre.

La communauté s'échelonne sur quatre degrés initiatiques et hiérarchiques, comme dans de nombreuses organisations initiatiques. Les femmes et les étrangers sont admis. Les profanes sont "les gens du dehors", les gens du commun, auxquels rien n'est révélé.

Premier degré : les postulants
Pythagore observe, chez ceux qui se présentent comme candidats, les traits du visage (physiognomonie) et les gestes (kinésique), mais aussi les relations avec les parents, le rire, les désirs, les fréquentations. On est admis ou pas.

Deuxième degré : les néophytes
Leur période de probation dure trois ans, pendant laquelle Pythagore examine la persévérance, le désir d'apprendre. Au terme ils sont refusés ou acceptés. Acceptés, ils prononcent le serment de silence : "Non, par celui (Pythagore) qui a trouvé la tétraktys de notre sagesse, source qui contient en elle les racines de la nature éternelle."

Troisième degré : les acousmaticiens
Les acousmaticiens (auditeurs), reçoivent un enseignement de cinq ans, donné sous forme de préceptes oraux, sans démonstration, destinés à être gardés en mémoire ; par exemple : "Ne pas avoir sur les dieux des opinions ou des paroles hâtives." Ces cinq ans sont cinq ans de silence. Les auditeurs sont devant le rideau derrière lequel Pythagore se dissimule. Ils mettent leurs biens en commun. Postulants, néophytes et auditeurs forment le grade des "exotériques" ou novices.

Quatrième et dernier degré : les mathématiciens
Les mathématiciens ("savants") ou sindonites (habillés de lin). Ils devenaient des ésotériques, dans la mesure où ils accèdent à la connaissance intérieure, cachée. Ils sont admis à voir Pythagore derrière son rideau. Lui-même enseigne sous forme de "symboles" au sens de formules codées, qui sont démontrées.

On voit une division des ésotériques en "vénérables" , "politiques" et "contemplatifs".

Les vénérables ou pieux s'occupent de religion. Les politiques s'intéressent aux lois, aux affaires humaines, tant dans la communauté pythagoricienne que dans la cité. Les contemplatifs étudient arithmétique, musique, géométrie, astronomie : les quatre sciences selon Archytas, qui formeront le quadrivium du Moyen Âge. Il faudrait ajouter les physiciens ou naturalistes, qui se penchent sur les sciences concrètes : géographie, météorologie, médecine, mécanique... mais aussi grammaire, poésie...

De nombreuses règles, pour ne pas dire tabous, s'imposent à celui qui adopte "la vie pythagorique".

* règles diététiques (du pur végétarisme au végétarisme sélectif) : interdiction de manger du rouget, le cœur, le cerveau, la moelle, les fèves, les œufs... bref tout ce qui symbolise la vie. La consommation de la chair des animaux sacrifiés semble autorisée par certains pythagoriciens, sans doute par concession à la religion officielle.
* rites religieux : sacrifices non sanglants et sans feu,  honorer les dieux, éviter bouchers et chasseurs, culte  aux dieux farine, miel, fruits, fleurs et autres produits de la terre, purifications, ablutions et aspersions et onctions lustrales...
* exercices spirituels : respect de soi-même, examen de conscience chaque soir, continence sexuelle, exercer sa mémoire, chanter en s'accompagnant de la lyre, lire des livres édifiants ensemble...
* exercices physiques : gymnastique, athlétisme, promenade à deux ou trois, danse...
*objets sacrés : vêtements blancs de lin (mais pas de laine, animale), signes de reconnaissance (le pentagramme), symboles (la tétraktys)..
Pentagramme

L'enseignement de Pythagore

Pythagore pense que le monde doit être compris par le nombre. Il dispense des principes exotériques, connus de tous, par exemple : "Il est interdit de prier pour soi-même", "Entre amis, tout est commun". Mais d'autres enseignements sont ésotériques, c'est-à-dire réservés aux initiés et d'expression symbolique, qui portent sur les secrets de la nature et des dieux. Ces enseignements secrets sont appelés Mémoires, car il faut s'en souvenir, sans les écrire. Ce sont, d'une part, les "acousmates", des dits (prononcés en grec dorien, la langue des pythagoriciens), des préceptes oraux ; ce sont, d'autre part, les « symboles », des formules codées, des sommaires. Car "tout ne peut pas être dit à tout le monde."

Jamblique classe les acousmates en trois types, selon qu'ils révèlent l'essence ("qu'est-ce ?", l'absolu ("qu'est-ce qui est le plus ?") ou le devoir ("que faut-il faire ou pas ?").

* "Qu'est-ce que les Îles des bienheureux ? - Le Soleil et la Lune. "
* "Qu'est-ce que l'oracle de Delphes ? - La tétraktys."
* "Qu'est-ce qui est le plus juste ? - Offrir un sacrifice" (de soi, autrement dit "savoir renoncer à quelque chose pour avancer").
* "Qu'y a-t-il de plus savant ? - Le nombre."
* "Ne pas aider à décharger un fardeau. - Il ne faut pas encourager le manque d'effort."
* "Suis dieu" . C'est la devise du pythagorisme.

En plus des acousmates, préceptes abstraits, il existe une autre catégorie de préceptes, les symboles, qui sont des préceptes pratiques imagés. Les profanes y voient des superstitions ou des bêtises, mais les initiés savent y déchiffrer une idée ou un acte.

* "Ne pas passer par-dessus une balance." Autrement dit : "Pratiquer tous les actes justes ", ou "ne pas chercher plus que sa part ", et non éviter de façon superstitieuse de passer au-dessus d'une balance.
* "Ne pas manger le coeur". Éviter la chair crue, ou "ne pas se ronger de chagrin".

En plus, il y a les "symboles secrets" ou "signes de reconnaissance", qui permettaient aux pythagoriciens initiés de se reconnaître entre eux. Les plus célèbres symboles secrets sont le fameux pentagramme à 5 branches et 5 côtés et la tétraktys.

Tétraktys, Alchimie et Ourobouros

La richesse des travaux entrepris par l'école pythagoricienne a été telle que ses idées et découvertes ont inspiré nombre de courants de pensée. Pythagore a influencé toutes les époques et toutes les cultures d'Occident et d'Orient, toutes les disciplines : mathématiques, musique, philosophie, astronomie, etc. Son encyclopédisme en fait une pensée totale, avec interpénétrations et ramifications.

En art, Pythagore inspire l'architecte romain Vitruve au Ier siècle puis les théoriciens du nombre d'or comme Luca Pacioli illustré par Léonard de Vinci en 1509. Les écoliers qui étudient le théorème de Pythagore ou apprennent la table de multiplication s'inscrivent dans sa lignée.

Léonard de Vinci - Proportion de l'homme (détail) - 1492 - Venise, Galerie de l'Académie

Pythagore a fondé une véritable religion, et quantité de légendes. Dans le domaine ésotérique et initiatique, son œuvre continue. Dès 1410, le manuscrit Cooke (ligne 216), un document de base de la franc-maçonnerie opérative, mentionne Hermès et "Pictagoras". Des loges franc-maçonniques se réclament de la pensée pythagoricienne. 
Etoiles flamboyantes - Symboles maçonniques à partir du pentagramme


Citations de Pythagore


"Les deux mots les plus brefs et les plus anciens, oui et non, sont ceux qui exigent le plus de réflexion.

"Le commencement est la moitié de tout.

"Délaisse les grandes routes, prends les sentiers.

"Ne dis pas peu de choses en beaucoup de mots, mais dis beaucoup de choses en peu de mots."

"Dans le doute abstiens-toi."

"Qui parle sème ; qui écoute récolte."

"Il vaut mieux se faire aimer que se faire craindre."

"Un ami, c'est un autre moi."

"Le possible n'est pas loin du nécessaire."

"Toute chose est nombre."

"Il y a un principe bon qui crée l'ordre, la lumière et l'homme. Il y a un principe mauvais qui crée le chaos, les ténèbres et la femme."

"Les maux qui dévorent les hommes sont le fruit de leurs choix ; et ces malheureux cherchent loin d'eux les biens dont ils portent la source."

"Ne commence rien dont tu puisses te repentir dans la suite. Garde-toi d'entreprendre ce que tu ne sais pas faire, et commence par t'instruire de ce que tu dois savoir. C'est ainsi que tu mèneras une vie délicieuse."

Extrait de Les vers dorés

"Les nombres gouvernent le monde."

"Le monde est une comédie dont les philosophes sont les spectateurs."

"Repose-toi d'avoir bien fait, et laisse les autres dire de toi ce qu'ils veulent."

"La raison est immortelle, tout le reste est mortel."

"Un homme n'est jamais si grand que lorsqu'il est à genoux pour aider un enfant."

"Il n'existe que cinq choses contre lesquelles il faut se battre : les maladies et les passions du corps, l'ignorance, les guerres civiles et les disputes de famille."

"Une pensée est une idée de passage."

"Aucun homme n'est libre s'il ne sait pas se contrôler."

"Choisis toujours le chemin qui semble le meilleur même s'il paraît plus difficile : l'habitude le rendra bientôt agréable."

"Tant que les hommes massacreront les Bêtes, ils s'entre-tueront."

Extrait de Vers d'or

"N'entretenez pas de votre bonheur un homme moins heureux que vous."
  

mercredi 19 août 2015

Gardons nous des généralités

Quatre hommes visitent l'Australie pour la première fois.
En voyageant par train, ils aperçoivent le profil d'un mouton noir qui broute.

Le premier homme en conclut que les moutons australiens sont noirs.

Le deuxième prétend que tout ce que l'on peut conclure est que
certains moutons australiens sont noirs.

Le troisième objecte que la seule conclusion possible est qu'en Australie,
au moins un mouton est noir.

Le quatrième homme, un sceptique, conclut qu'il existe en Australie
au moins un mouton dont au moins un des côtés est noir.

Raymond Chevalier 
 
 
Nous avons tendance à nous en remettre trop vite et trop exclusivement à l'expérience immédiate pour former notre jugement.
 
Nous construisons des "théories", des "schémas explicatifs", pour comprendre et interpréter le monde qui nous entoure. Leur utilité est énorme : ils permettent de mettre rapidement de l'ordre dans notre environnement et d'y évoluer de manière efficace.
 
Il arrive cependant que des faits imposent de revoir ces schémas. Or nous sommes parfois très malhabiles, voire récalcitrants, à le faire, ce qui nous conduit parfois à nier l'évidence.

Cela s'explique en partie par certaines erreurs de raisonnement ou encore une conclusion tirée de l'observation d'un trop petit nombre de cas ou de cas non représentatifs. Cela se traduira par une tendance à retenir volontiers des faits qui sont immédiatement disponibles, à ne considérer que certains d'entre eux, particulièrement spectaculaires ou frappants pour toutes sortes de raisons, au détriment de données plus fiables et dignes de confiance, mais aussi plus éloignées et moins extraordinaires. 

samedi 18 juillet 2015

Désordre et créativité

L'organisation a toujours été considérée comme une clé de la réussite. Que ce soit à la maison, à l'école ou sur son lieu de travail, l'organisation est le maître mot ! Toutefois, des études récentes menées par l'Université du Minnesota nous offrent une nouvelle réflexion sur ce débat. Vous avez peut-être déjà entendu dire que les personnes qui ont des bureaux en désordre ont tendance à être plus créatives. Sachez que ce n'est pas tout à fait faux (même si ce n'est bien entendu pas aussi simple que cela). Peut-être que les personnes qui vivent dans un désordre permanent doivent être plus créatifs, par nécessité, pour survivre en dehors des frontières de l'organisation.

Kathleen Vohs, une scientifique et psychologue de l'Université du Minnesota a donc entrepris une étude portant sur la créativité liée au désordre. En utilisant un paradigme consistant en une pièce désordonnée et une autre pièce bien rangée, et une série de tests, elle a conclu que les pièces en désordre permettaient de produire plus de pensées créatives. Si les résultats de ses recherches l'amènent à conclure que les environnements en désordre provoquent une réflexion plus créative, elle en fournit des preuves scientifiques. 

Albert Einstein disait quelque chose de très pertinent "Si un bureau encombré est un signe d'un esprit encombré, alors que devons-nous penser d'un bureau vide ?" Son bureau n'était pas un modèle d'ordre et de rangement. Mais il n'était pas le seul, Mark Twain aussi avait un bureau désordonné. Peut être encore plus que celui de Einstein. Et il était l'un des esprits les plus imaginatifs de sa génération. Et que dire de Steve Jobs, dont la table de travail et le bureau étaient un vrai désastre de rangement ?

Même si tout cela peut ressembler à un grand n'importe quoi pour les autres, bien souvent le désordre de quelqu'un est en réalité très méthodique. Il présente juste une méthode d'organisation "personnelle", incompréhensible pour le commun des mortels...

La pensée créative, dans sa forme la plus pure, ne serait-elle pas le fait de penser en dehors des lignes de raisonnement "classique", en dehors des normes établies ?

mercredi 15 juillet 2015

Les avantages du désencombrement matériel

« Lorsque nous ne pouvons plus choisir, nous encombrons »
Dominique Loreau (1)

Pourquoi accumulons-nous ?

Un constat s'impose ; nous possédons trop. Mais qu'est-ce qui nous pousse à consommer ainsi? D'après le sociologue Gilles Lipovetsky2,  « nous achetons pour compenser les incertitudes de l'avenir», Nos actes de consommation seraient donc régis par des peurs, comme celles de connaître le chômage ou la précarité par exemple, Observons notre logement: sommes-nous rassurés sur notre futur en vivant au milieu de tous nos biens ? Non ! Il est donc peut-être temps de prendre conscience que nos achats ne rassurent que les industriels et les distributeurs… 

Prendre conscience du superflu

Regardons les objets qui nous entourent. Lesquels avons-nous acquis de façon consciente ? Lesquels aimons-nous vraiment ? En nous questionnant ainsi sur chacune de nos possessions, nous pouvons mettre en lumière nos comportements et nos motivations. Nous pouvons, par exemple avoir cédé à des achats quasi compulsifs, pour nous faire plaisir à un moment donné. Ces petites babioles qui traînent sur nos étagères ne nous rappellent-elles pas un passage à vide, où, pour compenser un manque, nous avons cédé à toute une série d'achats inutiles ? Outre l'acte d'achat, nous devons nous interroger sur la conservation des objets.
Pourquoi les gardons-nous ? Nous rassurent-ils ? En nous questionnant, nous prenons conscience des objets superflus. Nous apprenons, dans le même temps, à mieux nous connaître, en définissant ce qui est important et ce qui est accessoire.


S'organiser et faire des choix

Comme le souligne Dominique Loreau « la véritable cause du désordre est l’excès de possessions ». En désencombrant notre habitation, nous avons plus de facilité à trouver les objets. Nous voulons déboucher une bouteille de vin ? Pas de problème. Le tire-bouchon a sa place, dans le deuxième tiroir de la cuisine, dans un compartiment spécifique. Et, lorsque nous ouvrons le tiroir, il est visible immédiatement. Aucun autre objet ne vient encombrer cet espace. Cet exemple se décline avec tout ce que nous possédons, parce que nous avons, au préalable, défini nos besoins véritables. Et nos gestes sont plus précis car ils ne sont plus gênés par le fouillis. 

Nous pouvons ainsi modifier nos habitudes. Rangeons au fur et à mesure, sans empiler les choses. Cet ordre permanent procure calme et détente. De la même façon, faisons des choix. Définissons ce qu’il nous faut, en fonction de nos besoins : si nous voulons laver le carrelage, nous ne devons pas avoir à choisir entre cinq produits ! Un seul doit être destiné à cette fonction. Il n’est pas nécessaire non plus d’accumuler des tas d’échantillons puisque ils finissent, de toute façon, à la poubelle ! 

Davantage de propreté

Le fait de posséder moins permet de mieux entretenir, puisque les objets sont désormais accessibles. C’est un avantage précieux, car vivre dans un endroit propre et net clarifie les idées. Notre mental est comme dépoussiéré et aéré. L’effet est très bénéfique.
Le ménage perd ses allures de corvée. Il s’effectue aisément et rapidement puisque tout est à notre portée. Nous pouvons même en ressentir de la satisfaction et de la fierté. N’est-il pas agréable de vivre dans un lieu toujours propre ? Ne ressentons-nous pas un réel bien-être ? Nos espaces ne sont-ils pas plus jolis, plus lumineux ?

Davantage d’énergie

Le désencombrement permet également aux énergies de circuler. Cette considération est propre au Feng Shui, dont nous reparlerons un peu plus loin. Éliminer tout ce qui est superflu permet de purifier l’espace. Il est facile de constater la manière dont nos possessions peuvent nuire à notre psychisme. La matière aspire l’énergie. Trop d’objets, trop de meubles, cela engendre de la fatigue. Nous « déprimons » et sommes souvent incapables d’envisager l’avenir. Nous n’arrivons plus à avancer. En nous séparant de nos possessions superflues, nous permettons à l’énergie de circuler à nouveau et de retrouver de bonnes vibrations. Du coup, nous regagnons en vitalité.

Davantage de belles choses

En nous désencombrant de l’inutile, nos espaces respirent. La clarté règne et nous pouvons, de ce fait, mettre les objets que nous aimons en valeur. Une étagère presque nue fait ressortir un bel objet que nous aimons particulièrement. Lorsqu’il est isolé, il est comme exposé et mis en avant. L’œil est immédiatement attiré par sa présence. Nous pouvons de cette façon avoir un intérieur beaucoup plus esthétique. Il ne s’agit pas de vivre pauvrement, mais, au contraire, de savoir nous entourer de choses qui nous plaisent.

Davantage de bien-être

En nous débarrassant du superflu, nous ne subissons plus notre environnement et nous pouvons ressentir un réel bien-être. Nous habitons dans un lieu qui nous plaît et où nous nous sentons en harmonie. Nous l’avons respecté, de même que nous avons prêté attention à notre nature. Il est aménagé selon notre personnalité et il nous ressemble.

(1) Dominique Loreau, L’Art de l’essentiel. Ed. J’ai Lu, 2009. 
(2) Gilles Lipovetsky, Le Bonheur paradoxal. Essai sur la société d’hyperconsommation. Ed. Gallimard, 2006.


Synthèse

Un ordre retrouvé
En désencombrant nos intérieurs, nous prenons plaisir à vivre dans un endroit ordonné et rangé. L’ordre procure bien-être et calme. Il apaise. Un intérieur clair et ordonné agit de la même façon sur notre psychisme.

La circulation des énergies
Lorsque nous vivons dans un lieu avec peu de meubles et d’objets, les énergies circulent librement. Nous sommes de bonne humeur et allons de l’avant. En revanche, un lieu encombré est pesant. Il nous démoralise et nous nous y sentons fatigués.

Une vie plus facile
Lorsque nous choisissons de désencombrer notre habitation, nos gestes quotidiens sont facilités. Nous retrouvons tous les objets en un clin d’œil. En allégeant nos logements, nous simplifions notre vie. Tout est plus simple et nous faisons des choix plus rapidement.

Un gain de propreté
Vivre dans un lieu plus allégé permet de le nettoyer en profondeur. Quand nos étagères courbaient sous le poids des livres, il était difficile de faire la poussière correctement. Aujourd’hui, parce que nous avons éliminé les trois quarts de nos lectures, nous pouvons même passer un coup de chiffon régulièrement.

Extrait de "Simplifier sa vie"  - Les dossiers de psycho n°3 - Décembre 2010 

dimanche 5 juillet 2015

L'Indice de développement humain (IDH)

L'IDH a été créé pour souligner que les personnes et leurs capacités devraient constituer le critère ultime pour évaluer le développement d'un pays, pas seulement la croissance économique. L'IDH peut également être utilisé pour remettre en question des choix politiques nationaux, en se demandant comment deux pays ayant les mêmes niveaux de RNB par habitant peuvent obtenir des résultats différents en termes de développement humain. Ces contrastes peuvent susciter le débat sur les priorités politiques des gouvernements.


L'indice de développement humain (IDH) est une mesure de synthèse du niveau moyen atteint dans les dimensions clés du développement humain : une vie longue et saine, l'acquisition de connaissances et un niveau de vie décent. L'IDH est la moyenne géométrique des indices normalisés pour chacune des trois dimensions.

La dimension de la santé, évaluée selon l'espérance de vie à la naissance (une composante de l'IDH) est calculée à l'aide d'une valeur minimale de 20 ans et d'une valeur maximale de 85 ans. La composante éducation de l'IDH est mesurée au moyen du nombre d'années de scolarisation pour les adultes âgés de 25 ans et de la durée attendue de scolarisation pour les enfants en âge d'entrer à l'école. La durée moyenne de scolarisation est estimée par l'Institut de statistique de l'UNESCO en fonction des données relatives au niveau d'éducation provenant de recensements et de sondages disponibles dans sa base de données. Les estimations relatives à la durée attendue de scolarisation se basent sur l'inscription par âge à tous les niveaux d'éducation. Cet indicateur est produit par l'Institut de statistique de l'UNESCO. La durée attendue de scolarisation est plafonnée à 18 ans. Les indicateurs sont normalisés à l'aide d'une valeur minimale de zéro et de valeurs cibles maximales de 15 et 18 ans respectivement. Les deux indices sont combinés dans un indice d'éducation à l'aide d'une moyenne arithmétique.

La dimension du niveau de vie est mesurée par le revenu national brut par habitant. La fourchette de variation pour le revenu minimal est de 100 $(PPA) et pour le revenu maximal de 75 000 $(PPA). La valeur minimale du RNB par habitant, fixée à 100 $, est justifiée par la quantité considérable de productions de subsistance et non marchandes non mesurée dans des économies proches de la valeur minimale qui n'apparaît pas dans les données officielles. L'IDH utilise le logarithme du revenu pour refléter l'importance décroissante du revenu avec le RNB croissant. Les résultats pour les trois indices de dimension de l'IDH sont ensuite ajoutés à un indice composite à l'aide de la moyenne géométrique. 

L'IDH ne reflète pas les inégalités, la pauvreté, la sécurité humaine, l'autonomisation, etc. Il existe d'autres indices composites pour une vision élargie de certains des enjeux clés du développement humain, des inégalités, de la disparité entre les sexes et de la pauvreté humaine.

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