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vendredi 1 mars 2019

Cantus in memorium of Benjamin Britten - Arvo Pärt (1935-)

Une musique épurée, aux portes du sacré.
Un minimalisme qui donne le frisson à son auditeur.
Cette musique a la pureté du cristal aux premières lueurs de l’aube.





Arvo Part, né à Paide au sud de Tallinn en Estonie le 11 septembre 1935, est un compositeur estonien de musique contemporaine vivant à Berlin en Allemagne. Il est souvent associé au mouvement de musique minimaliste qui s'est formé dans les années 1970. Arvo Part entre en 1954 à l'École secondaire de musique de Tallinn. L'année suivante, il doit faire son service militaire, au cours duquel il tient au sein de la fanfare la caisse claire et le hautbois. Il entre au conservatoire de Tallinn en 1957 où il étudie avec Heino Eller. En parallèle, il trouve un emploi à la radio estonienne en tant qu'ingénieur du son, poste qu'il occupe de 1958 à 1967. 

En 1962, l'une de ses compositions écrite pour chœur d'enfants et orchestre, Notre jardin (1959), le fait connaître dans toute l'Union soviétique et lui permet de remporter le Premier Prix des jeunes compositeurs de l'URSS. 

Il sort diplômé du conservatoire de Tallinn en 1963. Au début des années 1970, il s'initie à la composition sérielle, dont relèvent ses deux premières symphonies, ce qui lui attire immédiatement d'importantes inimitiés, la musique sérielle étant considérée comme un avatar de la décadence bourgeoise occidentale. Toutes aussi incorrectes politiquement dans le contexte soviétique, ses compositions d'inspiration religieuse, ainsi que sa technique du collage un temps utilisée, limitent considérablement le rayonnement de son ? 

L'année suivante, il doit faire son service militaire, au cours duquel il tient au sein de la fanfare la caisse claire et le hautbois. Il entre au conservatoire de Tallinn en 1957 où il étudie avec Heino Eller. En parallèle, il trouve un emploi à la radio estonienne en tant qu'ingénieur du son, poste qu'il occupe de 1958 à 1967.

En 1962, l'une de ses compositions écrite pour ch?ur d'enfants et orchestre, Notre jardin (1959), le fait connaître dans toute l'Union soviétique et lui permet de remporter le Premier Prix des jeunes compositeurs de l'URSS. Il sort diplômé du conservatoire de Tallinn en 1963.Au début des années 1970, il s'initie à la composition sérielle, dont relèvent ses deux premières symphonies, ce qui lui attire immédiatement d'importantes inimitiés, la musique sérielle étant considérée comme un avatar de la décadence bourgeoise occidentale. Toutes aussi incorrectes politiquement dans le contexte soviétique, ses compositions d'inspiration religieuse, ainsi que sa technique du collage un temps utilisée, limitent considérablement le rayonnement de son œuvre. 

A la fin des années 1970, en proie à une grave crise créatrice, Arvo Part renonce au sérialisme et plus globalement à la composition elle-même, et ce durant plusieurs années, temps qu'il consacre à l'étude du plain-chant grégorien et à celle de compositeurs médiévaux français et flamands tels que Josquin des Prés, Machaut, Obrecht et Ockeghem. Ces études et réflexions aboutiront à l'écriture d'une pièce de style intermédiaire, la Symphonie nº3 (1971).Son évolution stylistique est notable en 1976 avec la composition d'une pièce pour piano devenue célèbre, Für Alina, qui marque une rupture avec ses premières œuvres et qui pose les jalons de son nouveau style, qualifié par lui-même de « tintinnabulum».

L'auteur l'explique ainsi : « Je travaille avec très peu d'éléments - une ou deux voix seulement. Je construis à partir d'un matériau primitif - avec l'accord parfait, avec une tonalité spécifique. Les trois notes d'un accord parfait sont comme des cloches. C'est la raison pour laquelle je l'ai appelé tintinnabulation ». L'année suivante, Part écrira dans ce nouveau style trois de ses pièces les plus importantes et reconnues : Fratres, Cantus in Memoriam Benjamin Britten et Tabula rasa. 

Accompagné de sa famille, il quitte son pays en 1980 pour Vienne où il obtient la nationalité autrichienne. L'année suivante il part pour Berlin ouest où il vit depuis. De fréquents séjours le conduisent près de Colchester dans l'Essex. Son succès jamais démenti dans tout l'Occident, et particulièrement aux États-Unis, a pour inconvénient de le ranger dans la catégorie des compositeurs « minimalistes mystiques », avec Henryk Górecki et John Tavener. En 1996, il devient membre de l'American Academy of Arts and Letters.Créateur d'une musique épurée, d'inspiration profondément religieuse, qualifiée par certains de postmoderne, Arvo Part creuse à présent le sillon de son style « tintinnnabulien ».

Ses œuvres ont été jouées dans le monde entier et ont donné lieu à plus de 80 enregistrements, ainsi qu'à de très nombreuses utilisations pour l'illustration sonores de musiques de films (Les Amants du Pont-Neuf de Leos Carax, Heaven de Tom Tykwer, Gerry de Gus Van Sant, Raisons d'Etat de Robert De Niro parmi de nombreux autres) et de spectacles de danse.

L’utilisation des rythmes est simple tels que « noire, blanche, noire, blanche » ou « blanche, noire, blanche, noire ». Le second élément est le fameux style tintinnabulum. Chez Part, cette écriture formelle s'inspire donc du son de la clochette. C'est lorsqu'un instrument quel qu'il soit, articule son jeu entre trois notes principales, celle de l'accord parfait d'une gamme. Cette simplicité se retrouve également dans l'utilisation de notes récurrentes et d'une certaine stabilité de la gamme. Part, contrairement à beaucoup de compositeurs des époques baroque, classique et romantique, n'utilise donc pratiquement jamais de modulations.

«Je pourrais comparer ma musique à une lumière blanche dans laquelle sont contenues toutes les lumières. Seul un prisme peut dissocier ces couleurs et les rendre visibles : ce prisme pourrait être l'esprit de l'auditeurArvo Part

dimanche 5 août 2018

Pavane op. 50 - Gabriel Fauré (1845-1924)

Pavane op. 50 en fa dièse mineur est une œuvre symphonique avec chœurs, écrite par Gabriel Fauré en 1887. La partition initiale est écrite pour un petit orchestre comprenant des cordes, deux hautbois, deux flûtes, deux clarinettes, deux bassons et deux cors. La pavane devait être donnée dans une série de concerts donnés par Jules Danbé. Elle est dédicacée à la comtesse Elisabeth Greffuhle. Le musicien ajoute, à la demande de cette dernière, une partie chorale sur un texte de Robert de Montesquiou-Fezensac, cousin de celle-ci. La première a lieu le 25 novembre 1888 par les Concerts Lamoureux sous la direction de Charles Lamoureux.



Gabriel Fauré
Gabriel Fauré est un compositeur français, né à Pamiers le 12 mai 1845 et mort à Paris le 4 novembre 1924.Elève de Saint-Saëns et Gustave Lefèvre à l'École Niedermeyer de Paris, il est d'abord organiste à l'église de la Madeleine à Paris. Il est ensuite professeur de composition au Conservatoire de Paris, puis directeur de l'établissement de 1905 à 1920.

Dès l’âge de neuf ans, il quitte la maison familiale de Pamiers et part à Paris pour étudier à l’École Niedermeyer. Il y étudie onze années avec plusieurs musiciens de premier plan, dont Saint-Saëns. En 1870, Fauré s’engage dans l’armée. Pendant la Commune de Paris, il demeure à Rambouillet et en Suisse, où il enseigne à l'Ecole Niedermeyer qui avait été déplacée. Il retourne à Paris en octobre 1871 et devient organiste titulaire à l’église Saint-Sulpice tout en participant régulièrement au salon de Saint-Saëns et de Pauline Garcia-Viardot. Il y rencontre les principaux musiciens parisiens de l’époque et forme avec eux la Société Nationale de Musique.

En 1874, Fauré remplace à l’Eglise de la Madeleine Saint-Saëns souvent absent. Quand ce dernier prend sa retraite en 1877, Fauré devient chef de chœur. A la même époque, il se fiance avec Marianne Viardot, la fille de Pauline, mais ces fiançailles sont assez vite rompues par Marianne. Déçu, il voyage à Weimar, où il rencontre Liszt.

En 1883, Fauré épouse Marie Fremiet, avec qui il a deux fils. Pour subvenir aux besoins de sa famille, il assure les services quotidiens à l’Eglise de la Madeleine. Durant cette période, il écrit plusieurs œuvres importantes, de nombreuses pièces pour piano et des chansons, mais les détruit pour la plupart après quelques présentations et n’en retient que quelques mouvements pour en réutiliser les motifs.

Dans les années 1890, Il voyage à Venise, où il rencontre des amis et écrit plusieurs œuvres. En 1892, il devient inspecteur des conservatoires de musique en province. En 1896, il est nommé organiste en chef à l’Eglise de la Madeleine et succède à Jules Massenet comme professeur de composition au Conservatoire de Paris. Il enseigne alors à de grands compositeurs comme Maurice Ravel et Nadia Boulanger.

De 1903 à 1921, Fauré est critique au Figaro. En 1905, il succède à Théodore Dubois comme directeur du Conservatoire de Paris. Il est élu à l’Institut de France en 1909. En 1920, à 75 ans, il prend sa retraite du Conservatoire. Gabriel Fauré meurt à Paris en 1924. Des funérailles nationales eurent lieu à l’Eglise de la Madeleine. Il est inhumé au Cimetière de Passy à Paris.

Avec Debussy, Ravel, Satie et Saint-Saëns, Gabriel Fauré est l'un des grands musiciens français de la fin du XIXe et du début du XXe siècle.

dimanche 24 décembre 2017

Gnossienne n°1 - Erik Satie (1866-1925)

Alfred Eric Leslie Satie, dit Erik Satie né à Honfleur, le 17 mai 1866 et mort à Paris, le 1er juillet 1925, est un compositeur et pianiste français.



Né de Jane Leslie Anton, d’origine écossaise et d’Alfred Satie, courtier maritime normand, Erik Satie a passé sa jeunesse entre la Normandie et Paris. Après la mort de sa mère en 1872, son père se remarie avec Eugénie Barnetche, professeur de piano, qui enseigne à Erik les bases de l’instrument: L’enfant prend aussitôt en haine et la musique et le conservatoire. 

En 1879, il entre pourtant au Conservatoire de musique. Jugé sans talent par ses professeurs, il est renvoyé après deux ans et demi de cours avant d’être réadmis, fin 1885. C’est durant cette période qu’il composera sa première pièce pour piano connue, Allegro (1884).

En 1886, il compose Ogives, pour le piano. À partir de 1887, il adopte la vie Montmartroise. Il compose ses quatre Ogives pour piano, dont les partitions ne font apparaître aucune barre de mesure, caractéristique qui sera réutilisée pour de nombreuses autres compositions. Il développera aussi très vite son propre style d’annotations sur la manière d’interpréter ses œuvres. 

Les Trois Gymnopédies datent de 1888, les Trois Gnossiennes de 1890. A cette époque commence une longue amitié avec plusieurs poètes, comme Stéphane Mallarmé, Paul Verlaine ou le poète romantique Patrice Contamine.

En 1890, il fréquente le cabaret le Chat noir où il fait la connaissance de Claude Debussy. En 1891, les deux amis s’engagent dans l’"Ordre kabbalistique de la Rose-Croix" fondé par le "sâr" Joséphin Péladan et par Stanislas de Guaita. En qualité de maître de chapelle de cet ordre, il compose plusieurs œuvres dont les Sonneries de la Rose-Croix et Le Fils des Étoiles. Poursuivant son engouement mystique, il crée sa propre église: l’"Église métropolitaine d’art de Jésus-Conducteur" et lance des anathèmes contre les "malfaiteurs spéculant sur la corruption humaine". Il en est à la fois le trésorier, le grand-prêtre, mais surtout le seul fidèle. Contraint à cette réalité, il l’abandonne.

En 1891, il compose les Trois Préludes du Fils des étoiles "wagnerie kaldéenne" sur un texte de Péladan. On fera de cette œuvre une source d'inspiration de Pelléas de Debussy. En 1892-1893, il compose les Danses gothiques (écriture sans barres de mesure, utilisation d'accords parallèles de 9e et de 11e) et en 1895, la Messe des Pauvres pour chœur et orgue.

Le 18 janvier 1893, commence une relation amoureuse avec l’artiste peintre Suzanne Valadon. Bien qu’il l’ait demandée en mariage après leur première nuit, le mariage n’aura jamais lieu. Cinq mois plus tard, le 20 juin, leur rupture brisera Satie "avec une solitude glaciale remplissant la tête de vide et le cœur de tristesse". On ne lui connaît aucune autre relation sentimentale sérieuse et avouée. Comme pour se punir lui-même, il compose Vexations, un thème construit à partir d’une mélodie courte, qu’il faut répéter 840 fois, selon ses notes. La même année, il fait la connaissance de Maurice Ravel, dont il écrira plus tard : "Ravel vient de refuser la Légion d’honneur, mais toute sa musique l’accepte".

Vers 1910, il se rapproche de novateurs comme Diaghilev, Picasso. En 1915, il fait la connaissance de Jean Cocteau avec qui il commencera à travailler à partir de 1916. Il fait également la connaissance, par l’intermédiaire de Picasso, d’autres peintres cubistes, comme Georges Braque, avec qui il travaillera sur Le piège de Méduse.

En 1919, il est en contact avec Tristan Tzara qui lui fait connaître d’autres dadaïstes comme Francis Picabia, André Derain, Marcel Duchamp, Man Ray avec lequel ils fabriqueront son premier ready-made. Au commencement de l’année 1922, il prend le parti de Tzara dans le différend entre Tzara et André Breton au sujet de la nature vraie de l’art d’avant-garde, tout en parvenant à maintenir des relations amicales dans les deux camps. Il compose Socrate, certainement son chef-d'oeuvre en 1918.

Le 1er juillet 1925, Erik Satie meurt sur son lit d’hôpital. A sa mort, ses amis pénétrèrent dans son studio d’Arcueil, auquel Satie refusait l’accès à quiconque. Ils y trouvèrent deux pianos complètement désaccordés et attachés ensemble, remplis de correspondances non ouvertes et derrière lesquels ont été retrouvées un certain nombre de partitions jusqu’alors inédites. Dans un placard, une collection de parapluies et de faux-cols. Et dans l’armoire, des costumes de velours gris identiques au sempiternel costume que Satie portait toujours: il les avait fait faire d’avance et en prenait un nouveau lorsque le précédent commençait à être trop usé.

L’état du studio révélait la pauvreté dans laquelle avait vécu Satie : ne pouvant vivre de ses talents de musicien, il ne se plaignait toutefois pas ou très peu. Quant à demander une aide financière à ses proches, c’était chose encore plus rare et plus difficile pour lui. Quelques rares proches se doutaient de sa situation, mais ce n’est qu’à sa mort, en découvrant l’appartement, qu’ils prirent conscience de la misère dans laquelle il vivait, misère qu’il surnommait "la petite fille aux grands yeux verts".

Erik Satie a été défini tour à tour – selon les époques et les circonstances – comme un musicien "grec", "médiéval", "oriental", "fantaisiste", "humoriste", "mystique" ou "dadaïste". Son œuvre témoigne, en tous cas, d’une réflexion originale sur la musique en général, mais aussi en relation avec les autres disciplines artistiques, la poésie et la peinture tout particulièrement.

Ayant touché aux genres les plus divers – de la musique "à genoux" à la musique populaire, du "drame symphonique" au "ballet instantanéiste" –, Satie n’a pas manqué d’en inventer de nouveaux, telle la musique d’ameublement, faite « pour ne pas être écoutée », ou la musique de film qu’il conçut à une époque où le cinéma était encore silencieux. 
Satie a collaboré avec Picasso, Picabia, Derain, Braque, Léon-Paul Fargue, Cocteau, Tzara et René Clair. La singularité de sa démarche a marqué Debussy, Ravel, Stravinsky et John Cage. De nos jours, les jeunes adeptes de la musique "répétitive", de la musique "expérimentale", de la musique "minimaliste", de la musique "d’ambiance" et de la musique "conceptuelle" se réclament tout naturellement de lui. Pour Virgil Thomson, l’esthétique d’Erik Satie est la seule esthétique musicale du XXe siècle.


Citations d'Erik Satie

"Je suis venu au monde très jeune dans un monde très vieux."
Extrait des Ecrits

"Il ne suffit pas de refuser la Légion d'Honneur ; encore faut-il ne pas la mériter !"

"Quand j’étais jeune, on me disait : “Vous verrez quand vous aurez cinquante ans”. J’ai cinquante ans, et je n’ai rien vu."

"S'il me répugne de dire tout haut ce que je pense tout bas, c'est uniquement parce que je n'ai pas la voix assez forte."
Extrait des Ecrits

"La poutre qui est dans l’oeil de chaque critique lui sert de longue-vue pour apercevoir la faille qui est dans l’oeuvre de chaque auteur."

"Si vous voulez vivre longtemps, vivez vieux."
Extrait des Cahiers d’un mammifère

"Plus je connais les hommes, plus j’admire les chiens."
Les Raisonnements d’un têtu

"J'ai dû oublier mon parapluie dans l'ascenseur. Mon parapluie doit être très inquiet de m'avoir perdu."
Extrait des Ecrits

mardi 5 septembre 2017

Falling Catching - Agnes Obel (1980-)

Agnes Obel, née en 1980 à Copenhague (Danemark), est une auteur, compositrice et interprète danoise dont le premier album, Philharmonics, est sorti en 2010.

 Falling Catching (album Philharmonics 2010)


Agnes Obel (1980-)
Agnes Caroline Thaarup Obel est née le 28 Octobre 1980 à Copenhague, Danemark. Sa mère pratique le piano et joue souvent les pièces pour enfants de Bartók et Chopin. Son père fut, dans sa jeunesse, un guitariste professionnel.

Agnes Obel passe sa scolarité au lycée Det frie Gymnasium et étudie à l'Université de Roskilde, Danemark. Enfant, elle écoute régulièrement les mélodies de Jan Johansson. Pianiste de jazz, Johansson reprend au piano des chansons folk traditionnelles en les accompagnant de mélodies d'une grande simplicité.

La chanteuse intègre son premier groupe de rock à l'âge de 7 ans et joue de la basse en faisant quelques petites tournées. Après de vrais débuts dans le groupe danois Sohio, Obel se lance dans une carrière solo en 2009. 

Agnes Obel écrit, compose et interprète l'intégralité des titres de son premier album: Philharmonics (album) (en) (2010). Travaillant principalement seule, elle produit elle même ses travaux afin de limiter le plus possible les interventions extérieures.

En représentation publique, Obel est accompagnée de la violoncelliste allemande Anna Müller. Son style s'inspire autant de musiciens français: Claude Debussy, Maurice Ravel ou Erik Satie que d'auteurs-compositeurs plus contemporains comme Joni Mitchell, Roy Orbison, Elliott Smith. Erik Satie, notamment, va largement influencer l'atmosphère de son premier album : Philharmonics (album).

Depuis 2005, Agnes Obel vit à Berlin.

lundi 22 mai 2017

Les arts et les sciences

Léonard de Vinci - Croquis pour hélicoptère
"La plus belle expérience que nous puissions faire", disait Einstein, "est celle du mystère, la source de tout vrai art et de toute vraie science".

On considère souvent l’art radicalement différent de la science, comme opposé à la science, comme l’émotion à la raison. On imagine que la froide lucidité, l’aride objectivité de la démarche scientifique, qui révèle la réalité du monde, s’oppose aux tumultes irrationnels, aux sentiments d’étrangeté que produit la démarche artistique, qui révèle la manière dont nous percevons le monde.

Mais c’est une notion récente. L’un des plus grands traités de connaissance scientifique qui nous soit parvenu date d’il y a plus de 2000 ans. Il s'agit d'un poème écrit en vers, "De natura rerum", "de la nature des choses" de Lucrèce, qui mêle l’art et la science.

"Le beau est la splendeur du vrai" disait Platon. "Rien n’est beau que le vrai" disait Boileau, "Rien n’est vrai que le beau" répondait Musset. Et le poète Keats refusant toute relation de hiérarchie les faisait rentrer en résonance, "La beauté est vérité", disait-il, "la vérité est beauté".

Durant l’Antiquité, durant la Renaissance, durant les Lumières, art sciences et philosophies étaient souvent associés et mêlés. Léonard de Vinci était peintre et ingénieur. Goethe faisait des travaux scientifiques sur la lumière et le développement des plantes. Il y a à la source de la création scientifique et à la source de la création artistique ce mystère, cette étrangeté, cette incertitude, ce vacillement dont parle Einstein.

Comprendre et ressentir, imaginer, rêver... Ressentir permet de mieux comprendre et comprendre permet de mieux ressentir. Le contact avec une œuvre d’art nous permet d’accéder à un monde intérieur, le monde intérieur de l’artiste. Combien de façons différentes, inconnues, toujours nouvelles de vivre et de ressentir. S’émerveiller de ce qu’une autre personne qui peut avoir disparu depuis longtemps nous donne à voir, à entendre, à ressentir, à comprendre, à partager.

De "je" à "tu", de "je" à "nous". Là où la science décrit de l’extérieur, parle de nous et du monde à la troisième personne du singulier, parle de nous en disant "il" ou "elle" ou "eux", le contact avec une œuvre d’art nous permet de ressentir qu'il y a une parole de "je" à "tu", de "je" à "nous" par delà l’espace et le temps, par delà la mort. Un dialogue au-delà du langage, en deçà du langage, dans le langage des sons, des formes, des images, des couleurs, des mouvements.

L’émotion artistique fait appel en nous à quelque chose de plus ancestral, de plus précoce dans notre vie que l’abstraction. Darwin disait que "l’émotion, la sensation de beauté est à l’origine et au cœur de ce qui nous faisait humain".

"Les plaintes de la souffrance sont à l’origine du langage" disait Raymond Queneau mais probablement aussi la joie, l’affection, l’attachement, l’amour, la découverte éblouie du monde et des autres, le sourire et le regard d’une mère avant même la compréhension du sens des mots qu’elle prononce.

"Nous sommes de cette étoffe sur laquelle naissent les rêves", disait Shakespeare "et nos rêves naissent longtemps avant que nous ne sachions de quoi cette étoffe est faite".

Extrait de l'émission de radio "Sur les épaules de Darwin" 
Concue et présentée par Jean-Claude Ameisen
Episode "Pierres de rêves" diffusée sur France Inter le 27.11.2010

samedi 7 mars 2015

Histoire de la musique

lundi 24 novembre 2014

Canon - Johann Pachelbel (1653-1706)

Johann Pachelbel est un musicien allemand né et mort à Nuremberg (1er septembre 1653 – 3 mars 1706). Pachelbel est connu du grand public par son fameux "Canon et gigue en ré majeur pour trois violons et basse continue". Ce morceau fait partie d'une pièce de musique de chambre baroque, écrite en 1677. Dans cette célèbre pièce, trois violons jouent exactement la même partition avec 2 mesures de décalage, tandis que la basse continue répète 54 fois la même mélodie de 8 notes. Le thème du "canon", simple au départ, devient de plus en plus complexe au fur et à mesure de l’avancée du morceau.


Très populaire, ce morceau a été vulgarisé et arrangé pour les instruments les plus divers et dans les styles les plus variés, oubliant souvent sa forme de canon et son écriture polyphonique. Il est généralement présent dans des recueils musicaux de l'ère baroque avec l'Aria de Bach ou l'Adagio d'Albinoni.

Au début des années 1970, le Canon de Pachelbel passa du statut d'œuvre assez méconnue de la musique baroque à celui d'objet culturel universel, familier à tous, joué en d'innombrables versions, tant en utilisant les partitions et instruments originaux qu'en l'arrangeant pour d'autres instruments ou genres musicaux.


Johann Pachelbel
Johann Pachelbel, dont le père était négociant en vins, fit des études musicales à Altdorf et Ratisbonne, et fut élève de Johann Kaspar Kerll. Il occupa successivement des postes d'organiste et professeur dans plusieurs villes d'Allemagne centrale et méridionale :

- à la cathédrale Saint-Étienne de Vienne (Stefansdom) (1673),
- à Eisenach (1677), où il est lié d'amitié avec la famille Bach (il enseigne à Johann Christoph, le frère aîné de Johann Sebastian)
- à Erfurt (1678),
- à Stuttgart (1690),
- à Gotha (1692),
- à Nuremberg (église Saint-Sébald) en 1695, où il reste jusqu'à la fin de sa vie.

Pachelbel est à son époque un des compositeurs importants de l'Allemagne centrale et méridionale ; cette région est sous l'influence de l'Italie, beaucoup de ses musiciens ayant étudié avec Frescobaldi, Carissimi - c'est le cas de Kerll, son maître - ou les Gabrieli. Pachelbel est le principal maillon de la tradition qui relie Johann Sebastian Bach à ces modèles.

Son œuvre, à l'harmonie simple et à la mélodie chantante, est d'un contrepoint un peu sévère. Elle est loin de l'exubérance des organistes nordiques et comprend notamment :

*des sonates pour deux violons et continuo Musicalische Ergötzung 1691
*six séries de variations pour le clavecin Hexachordum Apollinis 1699
*de nombreuses œuvres vocales : environ 20 cantates, 30 motets et messes, 13 Magnificats
*de nombreuses pièces pour orgue : toccate, préludes, fugues, chorals, 94 versets de Magnificat. Cette partie de son œuvre a tendance à éclipser le reste.


Pachelbel Canon in D Original Instruments - Brooklyn Duo

samedi 6 octobre 2012

Valse triste - Jean Sibelius (1865-1957)

Johan Julius Christian Sibelius , dit Jean Sibelius est un compositeur finlandais de musique classique, né à Hämeenlinna (Sud de la Finlande) en 1865.





Fils de médecin, Jean Sibelius entreprend des études de droit avant de se décider pour la carrière musicale. Il étudie à Helsinki, Berlin et Vienne avant de revenir dans son pays enseigner, à son tour, la théorie et le violon. Il fait partie du quatuor à cordes du Conservatoire.

Sibelius est né dans une famille suédophone, ce qui ne l’empêche pas d’être parfaitement bilingue. Il perd son père à deux ans. A sept ans, il excelle dans les improvisations. Dès dix ans, il compose une Goutte d’eau pour violon et violoncelle.

Il commence de réelles études musicales en 1881, en prenant des cours de violon avec Gustaf Levander, le chef de la musique militaire. Il jouera par la suite dans un quatuor à cordes à Hämeenlinna. En 1882, un traité d'harmonie que lui offre sa tante Evelina, la conduit vers la composition.

Il obtient son bac à 19 ans, se fiance avec Aïno Järnefelt, qui lui donnera six filles et une charge bien lourde de père de famille qui lui demandera des oeuvres de commande. Son éducation musicale a lieu aussi bien en Finlande qu’à l’étranger, en premier lieu à Vienne, à Berlin, qui est sa seconde patrie, où il retournera avec fréquence, où les éditeurs le presseront de composer, et où Strauss le dirige dès 1904.

Le génie de Sibelius trouve son expression principalement dans les symphonies et les poèmes symphoniques. Plus que le piano, son instrument de prédilection est le violon, qu’il saura si bien faire parler. Le gros de sa production concerne les années 1899-1925 où, cigare au bec, et très souvent jusqu’au petit matin, il rédige, entre enthousiasme lyrique et autocritique surhumaine, ses sept symphonies : la première (1899), la deuxième (1902), la troisième (1907), la quatrième, assez proche de l’expressionnisme européen, (1911), la cinquième, sans cesse retravaillée (1919), la sixième (1923), la septième (1924), courte et particulièrement ambitieuse, puisqu’elle veut tout concentrer en un mouvement, "in einem Satze".

Sibelius acquiert très rapidement une grande notoriété auprès des musiciens de son pays. Il sera considéré comme le plus grand compositeur finlandais de ce siècle. La musique qu'il écrit s'inspire de légendes nationales (notamment du Kalevala, la grande épopée finlandaise), et sa symphonie Finlandia créée en 1900, est son œuvre patriotique la plus célèbre et la plus émouvante. Tout en s'inspirant des chants traditionnels finlandais, il recrée des schémas mélodiques de la musique traditionnelle.

Après 1927 il cesse pratiquement de composer et se retire pour vivre paisiblement auprès de sa famille. Dernier représentant du romantisme nationaliste du 19ème siècle , Sibelius est resté à l'écart des développements modernes Il travaille à sa huitième symphonie quand il meurt à 91 ans, à Järvenpää, près d'Helsinki, le 20 septembre 1957.

Sibelius eut une vie foisonnante, riche en rencontres et en voyages. Que l’on songe seulement qu’il a pu au cours de sa vie rencontrer Johannes Brahms, Achille Claude Debussy ou encore Gustav Mahler... et bien plus tard entendre ses symphonies enregistrées par Thomas Beecham. Né dans le post romantisme et la fin du XIXe siècle, il verra émerger la modernité musicale, dont il sera l’un des représentant et même la musique contemporaine et l’atonalisme, qui le laisseront sceptique. Jean Sibelius s’impose aujourd’hui comme l’un des compositeurs majeurs du XXe siècle voire de l’histoire de la musique. Il a connu une formidable popularité, admiré dans le monde entier et considéré comme un héros national, une icône même en Finlande et dans les pays du nord.

Les principales œuvres de Sibelius sont ses sept symphonies (1899-1924) et les poèmes symphoniques En Saga (Une légende) (1892; révisé en 1901), le Cygne de Tuonela (1893), Finlandia (1899-1900), Nocturne et lever du soleil (1907), les Océanides (1914) et Tapiola (1926). Sibelius a également écrit un Concerto pour violon (1903), de la musique de chambre, de la musique chorale, ainsi que des pièces pour piano et des chansons.

Son œuvre la plus connue du grand public est, avec la Valse triste, tirée de la musique de scène Kuolema (La mort), op. 44 n° 1.


"Dehors, il neige, mais le printemps transparait. La vie s’éveille. Cette vie que j’aime tant,
sentiment dont tout ce que j’écris doit porter l’empreinte."
Jean Sibelius

"Ne fais pas attention à ce que dit la critique : on n'a jamais élevé une statue à un critique."
Jean Sibelius

"La musique de Sibelius est tellement hors de ce monde."
Herbert von Karajan

dimanche 19 août 2012

Le chant des partisans - Joseph Kessel (1898-1979), Maurice Druon (1918-2009), Anna Marly (1917-2006)


Ami, entends-tu
Le vol noir des corbeaux
Sur nos plaines?
Ami, entends-tu
Les cris sourds du pays
Qu'on enchaîne?
Ohé! partisans,
Ouvriers et paysans,
C'est l'alarme!
Ce soir l'ennemi
Connaîtra le prix du sang
Et des larmes!

Montez de la mine,
Descendez des collines,
Camarades!
Sortez de la paille
Les fusils, la mitraille,
Les grenades...
Ohé! les tueurs,
A la balle et au couteau,
Tuez vite!
Ohé! saboteur,
Attention à ton fardeau:
Dynamite!

C'est nous qui brisons
Les barreaux des prisons
Pour nos frères,
La haine à nos trousses
Et la faim qui nous pousse,
La misère...
Il y a des pays
Ou les gens au creux de lits
Font des rêves;
Ici, nous, vois-tu,
Nous on marche et nous on tue,
Nous on crève.

Ici chacun sait
Ce qu'il veut, ce qu'il fait
Quand il passe...
Ami, si tu tombes
Un ami sort de l'ombre
A ta place.
Demain du sang noir
Séchera au grand soleil
Sur les routes.
Sifflez, compagnons,
Dans la nuit la Liberté
Nous écoute...





La Liberté guidant le peuple (détail) - Eugène Delacroix - Musée du Louvre


Le chant des partisans (1943) 
Joseph Kessel (1898-1979), Maurice Druon (1918-2009), Anna Marly (1917-2006) 



Le Chant des partisans ou Chant de la libération est l’hymne de la Résistance française durant l’occupation par l’Allemagne nazie, pendant la Seconde Guerre mondiale. Créé en 1943, les paroles sont de Joseph Kessel et de Maurice Druon, et la musique est composée par Anna Marly.

L’idée de la mélodie du Chant des Partisans est de la chanteuse et compositrice Anna Marly qui le reprend en 1943 à Londres, car celui-ci existait déjà au moment des périodes de soulèvements bolcheviques en Russie. Ainsi, elle compose la musique et les paroles originales dans sa langue maternelle, le russe. Puis Joseph Kessel et son neveu, Maurice Druon, tous deux auteurs ayant quitté la France pour rejoindre l’Angleterre et les Forces françaises libres du général de Gaulle, et futurs académiciens, récrivent les paroles, ayant proposé la variante française du texte le 30 mai.

Devenu l’indicatif de l’émission de la radio britannique BBC Honneur et Patrie, puis signe de reconnaissance dans les maquis, Le Chant des partisans devient un succès mondial. On choisit alors de siffler ce chant, d'abord pour ne pas être repéré en la chantant mais aussi car la mélodie sifflée reste audible malgré le brouillage de la BBC effectué par les Allemands.

C'est la sœur de Jean Sablon, Germaine, qui l'amène à sa forme finale et en fait un succès.

Largué par la Royal Air Force sur la France occupée, et écouté clandestinement, ce succès se répand immédiatement tant en France qu'ailleurs dans les milieux de la Résistance et des Forces françaises de l'intérieur. Il se prolonge dans de nombreuses interprétations postérieures à la guerre, dont celle d'Yves Montand est une des plus célèbres.

Créée par la même équipe, La Complainte du partisan connaît un succès populaire en France dans les années 1950 mais s’efface devant Le Chant des partisans, relancé par André Malraux lors de la cérémonie d’entrée des cendres de Jean Moulin au Panthéon de Paris le 19 décembre 1964.

Le manuscrit original du Chant des partisans, propriété de l'État, est conservé au musée de la Légion d'honneur. Il est classé monument historique au titre objets par un arrêté du ministère de la Culture du 8 décembre 2006.

Anna Marly chante "Le chant des partisans" (en russe)

samedi 21 juillet 2012

Concerto d'Aranjuez - Joaquín Rodrigo (1901-1999)


Joaquín Rodrigo, né le 22 novembre 1901 à Sagunto (Valencia) et mort le 6 juillet 1999 à Madrid, est  un des plus grands compositeurs espagnols de musique classique de la période d'après guerre. Il est l'auteur de plusieurs concertos pour guitare, dont le célèbre Concerto d'Aranjuez (1939), créé à la fin des années de guerre civile espagnole et à la naissance de la seconde guerre mondiale.


 
 John Williams interprétant l'adagio du Concerto Aranjuez de Rodrigo


Joaquín Rodrigo compose le Concerto d'Aranjuez (Concierto de Aranjuez en espagnol) pour guitare et orchestre en 1939, lors de la dernière année de son séjour à Paris. Rodrigo a écrit 5 concertos pour guitare, celui-ci étant le premier et le plus célèbre. Comme beaucoup de partitions du musicien, il s'inspire de musique plus ancienne, ici de Domenico Scarlatti et du Padre Antonio Soler. 

Le titre vient de la ville royale d'Aranjuez, au sud de Madrid.. Il s'agit d'une commande du marquis de Bolarque datant de 1938. La première en est donnée l'année suivante, le 9 novembre 1940, à Barcelone par Regino Sàinz de la Maza à la guitare, et par l'Orchestre philharmonique de Barcelone dirigé par Cesar Mendoza Lasalle.



Joaquín Rodrigo (1901-1999)
Devenu aveugle à l'âge de trois ans, à la suite d'une diphtérie, Joaquín Rodrigo commence ses études musicales en Espagne avec Francisco Antich, Enrique Goma et Eduardo Lopez Chavarri. Il se rend ensuite à Paris où il suit les cours de Paul Dukas à la Schola Cantorum de 1927 à 1931. 

Il fréquente alors le milieu musical parisien, rencontre Maurice Ravel et Manuel de Falla et compose le Concierto de Aranjuez pour guitare et orchestre.

Il revient définitivement en Espagne en 1939 après la guerre civile, où l'année suivante est créé son fameux concerto, le 9 novembre 1940, à Barcelone, en hommage à la ville d'Aranjuez, proche de Madrid en Castille, qui possède un palais dans lequel ont résidé les Bourbons d'Espagne. 

Désormais célèbre, il ne cessera de composer pour livrer une œuvre variée qui couvre aussi bien la musique de scène, la musique concertante (concertos pour guitare, piano, violon, violoncelle, harpe...), que la musique vocale ou la musique de chambre et le flamenco.

Rodrigo fut enfin directeur du département musical de Radio Nacional de España et occupa dès 1939 la chaire de musique Manuel de Falla créée pour lui à l'Université de Madrid. En 1991 il fut anobli par S.M. le Roi Juan Carlos I avec le titre de marquis de los Jardines de Aranjuez. Il reçut en 1996 le Prix Prince des Asturies.

Il meurt le 6 juillet 1999 à Madrid, deux ans après son épouse Victoria.

jeudi 5 juillet 2012

Camillle, BO du film Le Mépris - Georges Delerue (1925-1992)

Le Mépris est un film franco-italien réalisé par Jean-Luc Godard, sorti en 1963. Le film présente un couple (Michel Piccoli et Brigitte Bardot) au bord de la rupture, le mépris ayant fait irruption dans leurs relations. Georges Delerue signe ici une de ses partitions les plus connues.



Découvrez la playlist Georges Delerue avec Georges Delerue



Georges Delerue
Georges Delerue, né le 12 mars 1925 à Roubaix (Nord) et mort le 20 mars 1992 à Los Angeles (Californie), est un compositeur et directeur musical des films. Il est l'auteur de la musique de 348 films.

Au Conservatoire de Paris il poursuit ses études sous la direction de Darius Milhaud et de Jean Rivier. Il commence à composer à partir de 1947: son premier quatuor à cordes en 1948, un Concertino pour trompette et orchestre à cordes en 1951, sa Symphonie concertante en 1955.

En 1949, il obtient le Premier Prix de Composition ainsi que le Premier Second Grand Prix de Rome. En 1952, il est nommé compositeur et chef d'orchestre à la Radiodiffusion française. En 1957, il crée à l'Opéra de Nancy, en collaboration avec Jésus Etcheverry (direction musicale) et Marcel Lamy (mise en scène), un opéra sur une pièce de Boris Vian d'après les Chevaliers de la Table ronde, Le Chevalier de neige. Sur les conseils de Darius Milhaud, il commence à composer pour le théâtre, pour Jean Vilar, puis pour le cinéma, avec Hiroshima mon amour en 1959.

Il a travaillé pour les plus grands metteurs en scène français, en particulier ceux de « la nouvelle Vague » (Le Mépris de Godard, les films de Pierre Kast) et surtout pour François Truffaut, (Jules et Jim, Les Deux Anglaises et le Continent, La Nuit américaine, Le Dernier Métro, etc.). Il réalise aussi la musique de succès populaires du cinéma français, comme les films de Philippe de Broca (Cartouche, L'Homme de Rio, …), de Gérard Oury (Le Corniaud, Le Cerveau) ou d'Édouard Molinaro. Il compose aussi pour la télévision et la radio (Jacquou le croquant, Les Rois maudits de 1972, l'indicatif de Radioscopie de Jacques Chancel).

Dans les années 1970, il rencontre la faveur de nouveaux réalisateurs comme Claude Miller, Yannick Bellon, ou Alain Corneau. En 1972, il commence à travailler à Hollywood. Il y a composé entre autres la musique de Platoon d'Oliver Stone (1986). Martin Scorsese lui rend hommage en reprenant sa musique pour Le Mépris dans son film Casino. Catherine Corsini reprend aussi ses musiques dans son film Partir (2009).

En 1981, il compose la musique du spectacle de nuit La Cinéscenie du Puy du Fou, auquel ont prêté leurs voix Alain Delon, Jean Piat, Suzanne Flon, Robert Hossein ou encore Philippe Noiret.

Georges Delerue décède d'une attaque cardiaque à l'âge de 67 ans. Il est enterré au Forest Lawn Memorial Park Cemetery Glendale, Californie.

samedi 30 juin 2012

Bachelorette – Björk (1965-)

Björk - Bachelorette 1997

I'm a fountain of blood
in the shape of a girl
you're bird on the brim
hypnotized by the whirl

drink me - make me feel real
wet your beak in the stream
the game we're playing is life
love is a two way dream

leave me now - return tonight
the tide will show you the way
if you forget my name
you will go astray
like a killer whale trapped in a bay

i'm a path of cinders
burning under your feet
you're the one who walks me
i'm your one way street

i'm a whisper in water
a secret for you to hear
you're the one who grows distant
when i beckon you near

i'm a tree that grows hearts
one for each that you take
you're the intruder's hand
i'm the branch that you break


 Bachelorette (1997) – Björk


Bachelorette (Célibataire)

Je suis une fontaine de sang
Sous la forme d'une fille
Tu es l'oiseau sur le bord
Hypnotisé par le tourbillon

Bois-moi - rends-moi réelle
Plonge ton bec dans le courant
Le jeu auquel nous jouons est la vie
L'amour est un rêve pour deux

Laisse-moi maintenant - reviens ce soir
La marée te montrera le chemin
Si tu oublies mon nom
Tu t'égareras
Telle une baleine tueuse attrapée dans une baie

Je suis un chemin de cendres
Brûlant sous tes pieds
Tu es celui qui me foule
Je suis ta rue à sens unique

Je suis un arbre sur lequel poussent des cœurs
Un pour chacun que tu prends
Tu es le sol d'où je puise ma nourriture
Nous sommes un cercle que personne ne peut briser

Laisse-moi maintenant - reviens ce soir
La marée te montrera le chemin
Si tu oublies mon nom
Tu t'égareras
Telle une baleine tueuse attrapée dans une baie

Je suis un murmure dans l'eau
Un secret que tu peux entendre
Tu es celui qui s'éloigne
Quand je te fais signe de venir

La vie est un collier de peurs
Tes larmes retenues sur une corde
Notre amour les détachera – viens ici
M'aimer est la chose la plus facile


Björk (1965 -)

Björk
Björk Guðmundsdóttir est une musicienne, chanteuse, compositrice et actrice islandaise, née le 21 novembre 1965 à Reykjavík.

Il est difficile de la faire entrer dans une catégorie musicale précise : électro-pop, pop underground, pop expérimentale, trip-hop ou indépendant sont autant de qualificatifs qui peuvent lui être attribués. Elle-même considère son style profondément ancré dans la pop, même si elle a su en repousser les limites et y intégrer de nombreuses influences, dont le punk de ses débuts ou encore le jazz.

Björk grandit en Islande aux côtés de sa mère, dans une communauté hippie. Dès l'âge de cinq ans, elle est inscrite au Barnamúsíkskóli Reykjavíkur, une école de musique où elle apprend le piano et la flûte et découvre de grands compositeurs classiques comme Stockhausen, Mahler ou Debussy.

Björk enregistre son premier album à l'âge de 11 ans avec l'aide de son oncle, durant l'été 1977. L'album, simplement intitulé Björk, est tiré à quelque 5 000 exemplaires, et devient un grand succès et disque d'or en Islande, dans lequel on retrouve des reprises en islandais (dont une chanson des Beatles, Fool On The Hill, qui devient Alfur Út Úr Hó) et quelques compositions de Björk. L'adolescence de Björk est marquée par son appartenance à un grand nombre de groupes locaux. On se rappellera surtout de Tappi Tíkarrass (dont le nom signifie "botte le cul des putes" en islandais), seul groupe de ses toutes jeunes années à avoir laissé une trace discographique : l'album Miranda. Elle fonde également un groupe uniquement composé de filles, Spit and Snot où l'on peut la voir les sourcils rasés, ainsi que le groupe Exodus où la musique est plus influencée par le jazz.

La première chose qui frappe en écoutant Björk, outre sa voix puissante, c'est cette façon très étrange de scander les syllabes, particularité qui semble provenir directement de la tradition musicale médiévale islandaise, les fameux « rímur », chorales exclusivement masculines. Les premières années de Björk se font au sein de groupes punk, ensuite elle passe par Londres et l'Angleterre où la scène ragga, reggae et dub est très active.

Mais la principale caractéristique de son activité musicale est son goût prononcé pour les collaborations extérieures. Björk aime inviter des compositeurs et producteurs provenant des tendances les plus diverses sur ses albums (à l'exception de Debut et, dans une moindre mesure, de Homogenic, qui se veulent profondément inspirés par ses racines islandaises). Cette collaboration se poursuit d'ailleurs au-delà des albums : pour presque chacune de ses chansons, Björk engage une horde hétéroclite de remixeurs pour les réinterpréter. Cette philosophie du remixage, à mille lieues des traditionnels « boum boum » prévisibles des remixes pour discothèques, trouve son point culminant dans Telegram, disque entièrement voué à cette forme musicale.

Jusqu'aux années 2000, Björk reste discrète voire muette sur ses opinions, notamment politiques, qui n'apparaissent dans son œuvre qu'à partir de Medúlla (2004), dont la fin de la chanson Mouth's Craddle fait référence à George W. Bush et Oussama Ben Laden, qu'elle met implicitement dans le même lot.

Dès 1998, elle participe toutefois à une vidéo pour Free Tibet. Dix ans plus tard, le 2 mars 2008, lors de son unique concert en Chine, à Shanghai, juste après avoir chanté Declare Independence (chanson déjà politisée car appuyant l'indépendance des îles Féroé et du Groenland envers le Danemark), et juste avant de quitter la scène, elle s'écrie « Tibet, Tibet, raise your flag! » (soit « Tibet, Tibet, lève ton drapeau ! »). Aucun média chinois ne reprend cette information.

En 2005, elle participe au Live 8, série de concerts organisée pour faire pression sur les dirigeants du G8 pour qu’ils effacent la dette publique des pays les plus pauvres. Björk se produit alors au Japon, accompagnée de Matmos, un octuor japonais et Zeena Parkins, pour jouer 8 titres, dont All Is Full Of Love. Do As Infinity, Good Charlotte et McFly jouaient au même concert.

En novembre 2008, devant le marasme économique subi par l'Islande en raison de la crise financière mondiale, elle prône l'adoption de l'euro par l'Islande, ce qui impliquerait l'adhésion de son pays à l'Union européenne. D'autre part, elle participe à la création d'un fonds d'aide destiné à relancer l'économie islandaise. En 2010, elle s'élève contre la privatisation des ressources géothermiques de son pays, recevant le soutien de l'eurodéputée Eva Joly.

mercredi 20 juin 2012

Opéra Lakmé acte 1 - Léo Delibes (1836-1891)

Lakmé est un opéra en trois actes de Léo Delibes sur un livret en français d'Edmond Gondinet et Philippe Gille d'après la nouvelle de Pierre Loti, Rarahu ou le Mariage de Loti (1880), créé le 14 avril 1883 à l'Opéra-Comique de Paris.



Découvrez la playlist Léo Delibes avec Carl Davis




Léo Delibes
Clément Philibert Léo Delibes, connu comme Léo Delibes, est un compositeur français né à Saint-Germain-du-Val le 21 février 1836 et mort à Paris Ier le 16 janvier 1891 au 220, rue de Rivoli.

Léo Delibes, réside chez sa belle-mère Mademoiselle Denain à Clichy dans les Hauts-de-Seine. Il étudia au Conservatoire de Paris et obtint un premier prix de solfège en 1850. 
Son ballet, Coppélia, joué à l’Opéra de Paris en 1870, fut un triomphe. Basé sur une histoire de l’écrivain allemand Ernst Theodor Amadeus Hoffmann, il conte la destinée du vieux Dr Coppelius et de sa poupée Coppélia. En 1876, il publia Sylvia, ballet dont l’action se déroule en Grèce. Grand amateur de danse, Tchaïkovsky admirait ces deux ballets. 
En 1882, il écrivit un pastiche d’airs et de danses anciennes pour Le Roi s’amuse de Victor Hugo, qui avait fourni plus tôt le sujet du Rigoletto de Verdi.

Son célèbre opéra Lakmé, qui narre l’amour impossible d’un officier britannique et de la fille d’un prêtre de Brahma, dans l’Inde du XIXe siècle, confirma sa gloire. La Scène et légende de la fille du paria, dit Air des clochettes est un morceau de bravoure pour les sopranos coloratures. Son duo D’où viens-tu ? Que veux-tu ? est également fameux. En 1884, Delibes est élu membre de l’Académie des Beaux-arts.

Delibes reste dans les mémoires comme un maître de la tradition musicale française, légère et mélodieuse, comme il le proclamait lui-même: "Pour ma part, je suis reconnaissant à Wagner des émotions très vives qu’il m’a fait ressentir, des enthousiasmes qu’il a soulevés en moi. Mais si, comme auditeur, j’ai voué au maître allemand une profonde admiration, je me refuse, comme producteur, à l’imiter".

Il mourut en laissant un opéra inachevé, Kassya, qui sera orchestré par Jules Massenet.

vendredi 15 juin 2012

Gare au gorillle - Georges Brassens (1921-1981)

 

Tête -o- gorille Yuman Zoo - 2009
C'est à travers de larges grilles,
Que les femelles du canton,
Contemplaient un puissant gorille,
Sans souci du qu'en-dira-t-on.
Avec impudeur, ces commères
Lorgnaient même un endroit précis
Que, rigoureusement ma mère
M'a défendu de nommer ici...
Gare au gorille !...

Tout à coup la prison bien close
Où vivait le bel animal
S'ouvre, on n'sait pourquoi. Je suppose
Qu'on avait du la fermer mal.
Le singe, en sortant de sa cage
Dit "C'est aujourd'hui que j'le perds !"
Il parlait de son pucelage,
Vous aviez deviné, j'espère !
Gare au gorille !...

L'patron de la ménagerie
Criait, éperdu : "Nom de nom !
C'est assommant car le gorille
N'a jamais connu de guenon !"
Dès que la féminine engeance
Sut que le singe était puceau,
Au lieu de profiter de la chance,
Elle fit feu des deux fuseaux !
Gare au gorille !...

Celles là même qui, naguère,
Le couvaient d'un œil décidé,
Fuirent, prouvant qu'elles n'avaient guère
De la suite dans les idées ;
D'autant plus vaine était leur crainte,
Que le gorille est un luron
Supérieur à l'homme dans l'étreinte,
Bien des femmes vous le diront !
Gare au gorille !...

Tout le monde se précipite
Hors d'atteinte du singe en rut,
Sauf une vielle décrépite
Et un jeune juge en bois brut;
Voyant que toutes se dérobent,
Le quadrumane accéléra
Son dandinement vers les robes
De la vieille et du magistrat !
Gare au gorille !...

"Bah ! soupirait la centenaire,
Qu'on puisse encore me désirer,
Ce serait extraordinaire,
Et, pour tout dire, inespéré !" ;
Le juge pensait, impassible,
"Qu'on me prenne pour une guenon,
C'est complètement impossible..."
La suite lui prouva que non !
Gare au gorille !...

Supposez que l'un de vous puisse être,
Comme le singe, obligé de
Violer un juge ou une ancêtre,
Lequel choisirait-il des deux ?
Qu'une alternative pareille,
Un de ces quatre jours, m'échoie,
C'est, j'en suis convaincu, la vieille
Qui sera l'objet de mon choix !
Gare au gorille !...

Mais, par malheur, si le gorille
Aux jeux de l'amour vaut son prix,
On sait qu'en revanche il ne brille
Ni par le goût, ni par l'esprit.
Lors, au lieu d'opter pour la vieille,
Comme l'aurait fait n'importe qui,
Il saisit le juge à l'oreille
Et l'entraîna dans un maquis !
Gare au gorille !...

La suite serait délectable,
Malheureusement, je ne peux
Pas la dire, et c'est regrettable,
Ça nous aurait fait rire un peu ;
Car le juge, au moment suprême,
Criait : "Maman !", pleurait beaucoup,
Comme l'homme auquel, le jour même,
Il avait fait trancher le cou.
Gare au gorille !...




G. Brassens (1921-1981)
Georges Brassens, né à Sète (Hérault), le 22 octobre 1921, mort à Saint-Gély-du-Fesc, également dans l'Hérault le 29 octobre 1981, est un poète et auteur-compositeur-interprète français.

Il mit en musique et interpréta, en s’accompagnant à la guitare, plus d'une centaine de ses poèmes et ceux d’autres poètes dont Paul Fort. Il enregistra de 1952 à 1976, 14 albums. Il reçut le Grand Prix de poésie de l'Académie française en 1967.

Parrainé par Marcel Pagnol et Joseph Kessel, l'Académie française lui décerne le Grand Prix de poésie pour l’ensemble de son œuvre. Brassens en est honoré mais pense ne pas le mériter.

"Je ne pense pas être un poète… Un poète, ça vole quand même un peu plus haut que moi… Je ne suis pas poète. J’aurais aimé l’être comme Verlaine ou Tristan Corbière."

mardi 5 juin 2012

Rapture - Laura Veirs (1973-)

Laura Veirs - Album Carbon Glacier (2004)
With photographs
And magnetic tape
We capture
Pretty animals in cages
Pretty flowers in vases
Enraptured

And doesn’t the tree
Write great poetry?
Doing itself so well

Do you blame Monet?
His gardens in giverny
He captured
And lovely Basho
His plunking ponds and toads
Enraptured

The fate of Kurt Cobain
Junk coursing through his veins
And young Virginia Woolf
Death came and hung her coat

Love of color, sound and words
Is it a blessing or a curse?
Enraptured

Rapture (Album Carbon Glacier - 2004) - Laura Veirs

jeudi 31 mai 2012

Je suis un Homme - Zazie (1964-)

Zazie - Album Totem (2007)
Je suis un homme de Cro-Magnon,
Je suis un singe ou un poisson
Sur la Terre en toute saison,
Moi je tourne en rond, je tourne en rond.

Je suis un seul puis des millions,
Je suis un homme au coeur de lion
A la guerre en toute saison,
Moi je tourne en rond, je tourne en rond.

Je suis un homme plein d'ambition,
Belle voiture et belle maison
Dans la chambre ou dans le salon,
Moi je tourne en rond, je tourne en rond.

Je fais l'amour et la révolution,
je fais le tour de la question
J'avance, avance à reculons,
Et je tourne en rond, je tourne en rond.

Tu vois, j'suis pas un homme,
Je suis le roi de l'illusion
Au fond, qu'on me pardonne,
Je suis le roi, le roi des cons.

Je fais le monde à ma façon, coulé dans l'or et le béton
Corps en cage, jeté en prison, moi je tourne en rond, je tourne en rond.

Assis devant ma télévision, je suis de l'homme, la négation
Pur produit de consommation, oui, mon compte est bon
Mon compte est bon.

Tu vois, j' suis pas un homme, je suis le roi de l'illusion
Au fond, qu'on me pardonne, je suis le roi, le roi des cons.

C'est moi, le maître du feu, le maître du jeu, le maître du monde
Et vois ce que j'en ai fait, une Terre glacée, une Terre brûlée,
La Terre des hommes que les hommes abandonnent.

Je suis un homme au pied du mur, comme une erreur de la nature
Sur la Terre sans d'autres raisons, moi je tourne en rond, je tourne en rond.

Je suis un homme et je mesure, toute l'horreur de ma nature
Pour ma peine, ma punition, moi je tourne en rond, je tourne en rond

Je suis un homme et je mesure, toute l'horreur de ma nature
Pour ma peine, ma punition, moi je tourne en rond, je tourne en rond
Moi je tourne en rond, je tourne en rond



Je suis un Homme (Album totem - 2007) - Zazie


Zazie, une artiste engagée

Zazie (1964-)

C'est en 1964 à Boulogne-Billancourt, que Isabelle Truchis de Varennes voit le jour, d'un papa architecte et d'une maman professeur de musique. Surnommée Zazie en référence au roman de Raymond Queneau "Zazie dans le métro", elle affirme rapidement son penchant pour le domaine artistique.

Elle commence des études de kinésithérapeute puis de langues étrangères (anglais, espagnol et japonais). Mais c'est dans le mannequinat que Zazie va travailler pendant quelques années, en défilant pour des grands noms de la haute couture (Yves St-Laurent, Lagerfeld, Kenzo...). Elle signe son contrat en 91 chez Phonogram.

Elle sort en 1992 son premier album Je, tu, ils, enregistré dans les studios de Peter Gabriel. A noter sa première collaboration avec Pascal Obispo sur le titre "Un, deux, trois, soleil". Elle écrit quasiment tous les textes et participe à la composition. Le single Sucré Salé est consacré l'année suivante meilleure révélation féminine aux Victoires de la Musique.

Le deuxième album Zen sort dans les bacs en 1995. Viennent ensuite les albums Made in love, Made in live, La zizanie, Zen - Made in Paris et Rodéo. Elle écrit aussi régulièrement pour ses amis chanteurs Johnny Hallyday, Isabelle Boulay, et Axel Bauer entre autres. En 2006 elle est nominée aux Victoires de la Musique dans la catégorie artiste interprète féminine de l'année. Elle répond toujours présente aux appels des associations humanitaires à l'instar des Enfoirés, Sol en Si. Elle a d'ailleurs composé le conte musical Sol en Cirque en 2005, avec l'aide de Vincent Baguian et de Jean-Marie Leau.

dimanche 1 janvier 2012

Suite pour Orchestre n°3 Air BWV 1068 - Jean-Sébastien Bach (1685-1750)

Johann Sebastian Bach, né le 21 mars 1685, mort le 28 juillet 1750, en français Jean-Sébastien Bach, est un compositeur de génie, organiste, claveciniste, violoniste et altiste allemand. Aujourd'hui, Johann Sebastian Bach est considéré comme le plus grand compositeur du style baroque et comme l'un des plus importants de tous les temps. De grands compositeurs, tels que Mozart, Beethoven, Berlioz, Brahms, Wagner, etc., reconnaissent en lui un maître insurpassable. 







Jean-Sébastien Bach - Portrait
Organiste et compositeur allemand de l'époque baroque, Johann Sebastian Bach est l'un des plus grands et des plus prolifiques génies de la musique occidentale. Né à Eisenach, en Thuringe, dans une famille qui, en sept générations, engendra au moins 53 musiciens célèbres, Jean-Sébastien reçoit sa première éducation musicale de son père. En 1703, il devient violoniste dans l'orchestre de chambre du prince de Weimar. En Octobre 1705, Bach s'absente pour trois mois afin d'étudier avec le célèbre compositeur allemand Dietrich Buxtehude, dont la musique l'influencera beaucoup.

L'Eglise le critique pour sa défection ainsi que pour les extravagantes harmonies de ses prestations à l'orgue, mais il est déjà trop renommé pour y accorder beaucoup d'importance. En 1707, il épouse sa cousine, Maria Barbara Bach, et se rend à Mulhausen où il est organiste de l'église Saint-Blaise. Il revient à Weimar l'année suivante comme organiste et violoniste à la cour du duc Wilhelm Ernst. Il y reste neuf ans, et devient maître d'orchestre en 1714.

A Weimar, il compose 30 cantiques, ainsi que des études pour orgue et pour harpe. Il commence à voyager à travers l'Allemagne en tant qu'organiste virtuose. En 1717, il dirige l'orchestre de musique de chambre du prince Léopold d'Anhalt-Köthen. Pendant cette période, il écrit des ouvrages de musique afin d'initier sa femme et ses enfants à l'art musical. Sa femme meurt en 1720.

En 1721, il se remarie avec Anna Magdalena Wilcken, la fille d'un des musiciens de la cour. Elle lui donne 13 enfants, en plus des 7 qu'il avait eu avec sa première femme.

Bach se rend à Leipzig en 1723 et y demeure jusqu'à la fin de sa vie. Son poste de chef d'orchestre et de maître de choeur ne lui convient pas: la population de Leipzig ne comprend pas son génie, le considérant surtout comme un vieillard s'accrochant à des formes de musique obsolètes. Pourtant, 202 morceaux, sur les 295 qu'il a écrit, nous sont parvenus, tandis que ce qui était à la mode à l'époque a été perdu.

La musique de Bach est toujours en étroite relation avec le texte, l'élevant à un très haut niveau d'intensité spirituelle. La Passion de saint Jean et la Passion de saint Matthieu ont été écrites à Leipzig, ainsi que l'épique Messe en si mineur.

Parmi les oeuvres pour orgue qu'il a écrites, on trouve l'Art de la Fugue, une magnifique démonstration de sa virtuosité et de sa richesse conceptuelle, dans lequel il nous livre 16 fugues et 4 canons tous construits sur le même thème.

La vue de Bach baisse dans les dernières années de sa vie. Il meurt à la suite d'une opération de l'oeil. Il est alors considéré comme le plus grand organiste de l'époque, mais son style de composition en contrepoint est considéré comme démodé par ses contemporains, qui préfèrent les mélodies préclassiques, plus homophoniques et moins conceptuelles.

Au cours des 80 années qui suivirent, la musique de Bach est boudée par le public, bien que certains musiciens, comme Wolfgang Amadeus Mozart ou Ludwig van Beethoven, l'admirent. Les morceaux de Bach reviennent au goût du jour au milieu du XIXème siècle, à la suite d'un concert de Felix Mendelssohn, en 1829, comprenant la Passion de saint Matthieu.

La Bach Gesellschaft, fondée en 1850, s'est depuis lors employée à retrouver, publier et faire interpréter les morceaux de Bach. Ce retour en force coïncide avec l'apogée du mouvement romantique en musique, bien qu'à cette époque, la manière d'interpréter les morceaux de Bach est plus proche d'une flagrante dénaturation que des véritables intentions de Bach.

Ce n'est qu'au XXème siècle, sous l'influence du Français Albert Schweitzer, qu'on retrouve les méthodes d'exécution des morceaux telles qu'elles étaient conçues à l'époque de Bach. L'intensité de la musique de Bach s'explique surtout par le génie intellectuel du compositeur, unanimement reconnu comme le maître du contrepoint. Bach dispose à son gré de toutes les techniques et ressources de la musique baroque. Il peut ainsi combiner le rythme d'une danse française, la grâce d'une mélodie italienne et la subtilité du contrepoint allemand dans le même morceau. Il sait écrire simultanément pour la voix et tous les instruments afin de tirer le meilleur de chacun.

En outre, lorsqu'il associe le texte à la musique, Bach parvient à composer l'équivalent musical des idées verbales: une mélodie ondulante évoque la mer, un canon décrit le catéchisme. Le génie de Bach s'exprime aussi dans ses adaptations. Ainsi, il peut, de manière convaincante, transformer un concerto italien pour violons en étude pour harpe. La grandeur de Bach ne s'évalue évidemment pas en termes de facilité technique, mais bien au vu de sa force d'expression, en particulier dans ses pièces accompagnées de voix, qui ravissent les auditeurs du monde entier.

Son œuvre reste une référence incontournable pour l'ensemble de la musique occidentale.


Suite pour Orchestre n°3 Air BWV 1068 - Jean-Sébastien Bach
   

Compositions remarquables de Jean-Sébastien Bach

* Cantates BWV 4, BWV 9, BWV 21, BWV 78, BWV 106, BWV 140, BWV 136, BWV 140 (Cantate du Veilleur), BWV 198, BWV 146, BWV 147, BWV 177, BWV 127, BWV 35, BWV 51, BWV 56, BWV 82, BWV 198 (Trauer-Ode), BWV 201, BWV 205, BWV 208, BWV 211, BWV 212.
* Passion selon Saint Jean, BWV 245
* Passion selon Saint Matthieu, BWV 244
* Messe en si mineur BWV 232 
* Oratorio de Noël, BWV 248
* Magnificat, BWV 243
* Motets, BWV 225 à BWV 231
* Toccata et fugue en ré mineur pour orgue, BWV 565 et quelques autres couples de Prélude et Fugue ou Fantaisie et Fugue comme BWV 534, 538, 541, 542, 543, 544, 545, 546, 548,
* Passacaille et fugue en do mineur BWV 582
* Les variations Goldberg, BWV 988
* Les six partitas pour clavecin, BWV 825 à BWV 830
* Inventions et symphonies, BWV 772 à BWV 801
* Inventions, BWV 772
* Symphonie, BWV 787
* Les 6 suites anglaises, BWV 806-811
* Les 6 suites françaises, BWV 812-817
* Le clavier bien tempéré, BWV 846 à BWV 893
* Prélude I, BWV 846
* Fantaisie chromatique et fugue, BWV 903
* Concerto italien, BWV 971
* Sonates et partitas pour violon seul, BWV 1001 à BWV 1006
* Suites pour violoncelle seul, BWV 1007 à BWV 1012
* Sonates pour flûte, BWV 1013, BWV 1020, BWV 1030 à BWV 1035
* Les six concertos brandebourgeois, BWV 1046 à BWV 1051
* Concertos pour violon, BWV 1041, BWV 1042, BWV 1043
* Concertos pour clavecin, BWV 1052 à BWV 1065
* Suites pour orchestre, BWV 1066 à BWV 1069
* L'Offrande musicale, BWV 1079
* L'Art de la fugue, BWV 1080