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samedi 30 mars 2024

La saline royale d’Arc-et-Senans, Franche-Comté, Doubs (25)

Classée Patrimoine Mondial de l'UNESCO depuis 1982, la Saline Royale d’Arc et Senans est le chef-d'œuvre de Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806), architecte visionnaire du siècle des Lumières. Elle constitue également un témoignage rare dans l'histoire de l'architecture industrielle.

Manufacture destinée à la production de sel, la Saline Royale a été créée de par la volonté de Louis XV et construite entre 1775 et 1779, soit 10 ans avant la Révolution Française.
 


A cette époque, le sel était utilisé notamment pour la conservation des aliments, la fabrication du verre et de l'argenterie, l'agriculture et la médecine. L’État prélevait sur sa vente une lourde taxe impopulaire, la gabelle, qui alimentait en grande partie les caisses de l'État. L'importance économique du sel était donc fondamentale.
La Saline Royale fonctionnait comme une usine intégrée où vivait presque toute la communauté du travail. Construite en forme d'arc de cercle, elle abritait lieux d’habitation et de production, soit 11 bâtiments en tout : la maison du directeur, les écuries, les bâtiments des sels et ouest, les commis est et ouest, les berniers est et ouest, la tonnellerie, le bâtiment des gardes, la maréchalerie.

Maison du directeur

Le processus de fabrication du sel était particulièrement compliqué si l’on tient compte du fait que la matière première se trouvait à une vingtaine de kilomètres d'Arc et Senans. Partant du principe qu'il était plus facile de « faire voyager l’eau que de voiturer la forêt », des canalisations souterraines en bois permettaient de faire venir la saumure (eau salée) depuis son lieu d'extraction, Salins. Quant au combustible nécessaire à sa cuisson, on le trouvait en périphérie, dans la forêt de Chaux, plus grande de France à cette époque. Une fois acheminée sur place, la saumure était chauffée dans des grandes poêles pour procéder à l’évaporation de l’eau. Le sel ainsi recueilli était vendu en grains ou moulé en pains selon sa destination.
   
Rendue obsolète par l'apparition de nouvelles technologies, la Saline Royale a fermé ses portes en 1895. Abandonnée, pillée, endommagée par un incendie en 1918, on commençait même à faire le commerce de ses pierres, lorsqu’en 1927, le Département du Doubs en a fait l'acquisition la sauvant ainsi de la ruine. Trois campagnes de restauration successives achevées en 1996 par le réaménagement des espaces verts, lui redonnèrent son éclat.

Le parti architectural de la Saline Royale, son histoire et sa réhabilitation en font un monument unique au monde.

Maison du Directeur - colonnes baguées de cubes


Claude-Nicolas Ledoux conçut son projet comme un ensemble complet. Il comprend onze bâtiments, dont cinq abritant les ateliers et logements des ouvriers, disposés en un immense demi-cercle, centré autour du logement du directeur.

C'est un exemple étonnant du style néo-classique appliqué à un monument à vocation industrielle.

Bien plus tard, emprisonné pendant la Révolution, Ledoux imagina, à partir de la Saline, la "cité idéale de Chaux", restée à l'état de pur projet.

La Saline fut fermée en 1895 et connut la ruine, avant d'être rachetée par le Département du Doubs en 1927.

Témoignage unique de l'architecture industrielle du siècle des Lumières, cet ensemble de bâtiments a été patiemment restauré, depuis 60 ans, par son propriétaire, le Département du Doubs. L'Institut Claude-Nicolas Ledoux en assure la gestion depuis 1972.

Les écuries

Les bâtiments en demi-cercle de la Saline Royale de Chaux sont le cœur du projet inachevé de ce rêveur qui tenta son idéal industriel et social.

L'harmonie des lieux et les symbolismes qu'on y retrouve visés à modeler une société qui élèverait l'âme de ses habitants, suscitant la vertu et le bonheur collectif, tout en conservant le travail comme valeur ultime, au centre de tout.

A voir la façade de la maison du directeur avec ses colonnes baguées de cubes, la grotte artificielle qui symbolisait la raison d'être de sa ville: le sel extrait de l'antre de la Terre et enfin le Portique d'entée avec sa double colonnade qui devait imposer le respect.

Le bâtiment des gardes

Le demi-cercle de la Saline Royale d'Arc-et-Senans (25610)  se trouve en pleine campagne.

La Saline Royale est ouverte tous les jours sauf les 25/12 et 01/01,
de 10h à 12h et de 14h à 17h (novembre à mars)
de 9h à 12h et de 14h à 18h (avril/mai/octobre)
de 9h à 18h (juin/septembre)
de 9h à 19h (juillet/août).


Bâtiment des gardes - la grotte artificielle
 

Jean Verdun, parlant de la saline royale d'Arc-et-Senans un jour de novembre 1984:

"Aucun autre bâtiment n'allie aussi bien la grande tradition des bâtisseurs dont nous revendiquons l'héritage et ce regard sur le futur dont nous nous glorifions.

Une douce lumière de début d'hiver glissait sur les colonnes à bossages de la maison du directeur. Tant de beauté coupe le souffle. On prétend qu'il s'agit là d'un des cent cinquante chefs-d'œuvre du monde. Je ne crois pas qu'on puisse classer la Saline. Elle est unique dans son ambition. Une église romane, une cathédrale gothique, une abbaye cistercienne, un temple grec ont leurs semblables.

Pas la Saline, aussi personnelle à Claude Nicolas Ledoux que Don Juan l'est à Mozart ou Don Quichotte à Cervantès. J'ai passé parmi ces pierres plus vives que chair toutes les heures ou presque de ces deux jours. Bien couvert d'une grosse veste de laine, je me suis étendu sur la pelouse, le visage offert au soleil d'après-midi, avec cette sensation de vertige que donne le passage des nuages quand on sent dans son dos la terre qui se met à tourner plus vite, au risque de déséquilibrer la sublime ordonnance des bâtiments de Ledoux.

Le miracle, à la Saline, c'est que la cité idéale ait reçu un commencement d'exécution. On croirait que la première lettre d'un mot de passe pour le futur nous est communiquée, la première lettre seulement, les autres ne relevant que de nous-mêmes. Or cette impression tient moins aux théories sociales de Ledoux qu'aux proportions des bâtiments. Comme une phrase musicale peut aller bien au-delà des conceptions philosophiques du compositeur, la pierre chante à la Saline bien au-delà de l'idéalisme utopique de Ledoux. Nous sommes en présence d'une œuvre de maîtrise, de très grande maîtrise.

Aujourd'hui, la Saline d'Arc-et-Senans a été restaurée pour y loger le Centre d'étude du futur. Là, des hommes de toutes les disciplines tentent d'imaginer nos conditions d'existence de demain. On organise aussi à la Saline des séminaires où les participants bénéficient des conditions d'existence dont Claude Nicolas Ledoux avait rêvé pour les ouvriers du sel.

Sans même parler de la beauté des bâtiments eux-mêmes, le lieu tout entier dégage un climat particulièrement propice à la réflexion et très voisin de celui que l'on va chercher dans un temple. Comme il s'agit d'une usine selon le mot de Ledoux lui-même, le qualificatif de sacré semble mal approprié. On le réserve généralement à des espaces clos voués à la recherche spirituelle ou à la prière. Et pourtant ! Par la dimension qu'y prend l'Homme, la Saline d'Arc-et-Senans se sacralise. Ledoux l'a dotée de colonnes et cela lui fut reproché, les colonnes devant être réservées aux temples des dieux ou aux palais des rois. Au centre de ce cercle, dont une moitié seulement a été tracée, qui n'éprouve cependant aujourd'hui le sentiment que l'Homme se dépasse lui-même?

Ledoux a eu l'audace d'écrire : « Est-il quelque chose que l'architecte doive ignorer, lui qui est aussi ancien que le soleil? » Question d'un stupide orgueil aux yeux de ceux pour lesquels l'action de bâtir est une activité comme les autres, mais question fondamentale pour qui a été initié dans une tradition de constructeurs à la recherche de la Lumière.

En m'en allant, j'ai pris la route qui part tout droit face à l'entrée de la Saline. Conduisant lentement ma voiture
avec le regret de quitter ce lieu, je regardais dans mon rétroviseur les colonnes du péristyle qui précède la grotte de sel. Le jour décline tôt à cette saison. Sous l'entablement qu'elles supportent, ces colonnes perdues dans ce paysage rural défiaient le temps avec une étrangeté souveraine. "


samedi 9 janvier 2021

La suite de Fibonacci

La suite de Fibonacci tient son nom du mathématicien italien Leonardo Fibonacci, qui a vécu à Pise au XIIème siècle (1175-1240). 

Il est connu pour avoir introduit et popularisé en Europe et en Occident la numérotation indo-arabe qui a remplacé pour les calculs la notation romaine peu pratique aux opérations arithmétiques.

Mais il est aussi connu pour avoir mis en évidence une suite mathématique qui porte désormais son nom. Dans la suite de Fibonacci, il n’est pas nécessaire de mémoriser chacun des termes ou nombres de la suite (qui est d’ailleurs infinie). 

Il suffit de se rappeler sa règle de construction : 
Chaque terme de la suite, à partir du rang 2, s'obtient en additionnant les deux précédents, les deux premiers termes étant 0 et 1. Le troisième terme est donc 1 (0 + 1 = 1), le quatrième terme 2 (1 + 1 = 2), le cinquième 3 (1 + 2 = 3), le sixième 5 (2 + 3 = 5), et ainsi de suite.

1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, 55, 89,…

Il suffit de prendre deux nombres de départ. Les ajouter donne le troisième, puis le deuxième + le troisième donne le quatrième et ainsi de suite. Les termes de cette suite sont appelés nombres de Fibonacci.

La suite de Fibonacci possède de nombreuses propriétés très utilisées en mathématiques. Une d’entre elles est que le rapport de deux nombres consécutifs de la suite est alternativement supérieur et inférieur au nombre d’or, un nombre remarquable qui vaut exactement 1.61803398


Dans la nature, on retrouve très souvent des motifs basé sur la suite Fibonacci et sur le nombre d’or. Il semblerait que la nature marque une prédilection pour la suite de Fibonacci et pour le nombre d’or.

les pommes de pins (pives)
les marguerites
les ananas
les tournesols
les cactus
les étoiles de mer
les coquilles de mollusques
les galaxies
les cyclones météorologiques

On remarque par exemple que le nombre de pétales des fleurs est souvent un des nombres de la suite de Fibonacci: 3, 5, 8, 13, 21, 34 ou 55. Par exemple, les lis ont 3 pétales, les boutons d’or en ont 5, les chicorées en ont 21, les marguerites ont souvent 34 ou 55 pétales, etc…

Dans certains objets de la nature, on observe aussi très souvent des spirales (spirales logarithmique) dans lesquelles intervient le nombre d’or. Cette spirale d’or s’inscrit dans un rectangle dont les proportions (rapport de la longueur sur la hauteur) correspondent au nombre d’or (on peut construire une spirale d’or en traçant des 1/4 de cercle dans chaque carré).

Pour expliquer pourquoi la nature semble si proche des mathématiques, il faut prendre en compte la question d’efficacité dans ces arrangements géométriques, par exemple pour favoriser le processus de croissance des plantes et l’optimisation du remplissage de l’espace. 

En finance dans l’analyse technique des marchés financiers, on utilise un outil appelé retracement de Fibonacci. Les retracements de Fibonacci correspondent généralement à des supports ou à des résistances naturelles sur lesquels les prix vont buter. On se base donc sur l’idée que l’on peut prédire les mouvements boursiers en fonction de ratios ou seuils qui font référence à la suite de Fibonacci. Les ratios sont obtenus en divisant un nombre de la suite de Fibonacci par le nombre suivant.

vendredi 4 décembre 2020

L'abbaye de Fontenay, Bourgogne, Côte-d'Or (21)

L'abbaye de Fontenay est une abbaye cistercienne (aujourd'hui désaffectée) fondée en 1118 sur la commune française de Marmagne, dans le département de la Côte-d'Or et la région Bourgogne. Elle est située à la confluence de la combe Saint-Bernard et de la vallée du ruisseau de Fontenay, entourée d'une forêt dense.

Fontenay est la plus ancienne abbaye cistercienne d'Europe, caractéristique par son dépouillement dans l'ornementation. Elle est classée au titre des monuments historiques depuis 1862, et inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1981. L´abbaye a traversé plus de huit siècles sans que le temps n´altère sa magnifique architecture romane.

Abbaye de Fontenay - vue du ciel

L'abbaye de Fontenay, fondée par Bernard de Clairveaux en 1118, est entourée d'une forêt, participant à rendre le lieu serein et apaisant. Fontenay se veut consacrée à la recherche de Dieu et non aux fastes et extravagances.  L’ancienne Abbaye de Fontenay (XIIème siècle) est l’un des premiers monuments français à avoir été inscrit sur la liste du Patrimoine Mondial de l’Unesco. Ce classement a distingué en 1981 la valeur exceptionnelle de Fontenay et de son environnement.

Epargnée après la Révolution Française, elle a conservé l’ensemble de ses bâtiments de style roman : l’église, le dortoir, le cloître, la salle capitulaire, le scriptorium, et la forge.

L’abbaye est située au creux d’un vallon entièrement préservé sur une étendue de deux hectares. Le parc paysagé de l’Abbaye de Fontenay a été classé "Jardin Remarquable" en 2004 par le Conseil National des Parcs et Jardins.


Abbaye de Fontenay -Cloître

Histoire

L'abbaye de Fontenay, fondée en 1118 par Bernard de Clairvaux. Elle est consacrée par le pape cistercien Eugène III le 21 septembre 1147 en présence de dix cardinaux, huit évêques et de nombreux abbés du jeune Ordre, dont celui de Clairvaux.

 * Le premier abbé est Geoffroi de la Roche-Vanneau, proche de Bernard de Clairvaux, dont il était cousin et l’un des compagnons lorsque celui-ci entra à Cîteaux, l’un des premiers moines de Clairvaux et bénéficiant toute sa vie de la confiance de l’abbé de Clairvaux. Il démissionne en 1126 pour revenir à Clairvaux, où il remplace le prieur parti fonder Igny. Il deviendra ensuite évêque de Langres où Bernard de Clairvaux le poussa et l’installa, au péril de la querelle (« la tempête de Langres » selon le mot de Pierre le Vénérable) de 1139 à 1162 (date incertaine), avant de se retirer une nouvelle fois à Clairvaux pour y mourir en 1165.
* Son successeur est Guillaume d’Épiry (de Spiriaco), autre parent de Bernard de Clairvaux. Sous son abbatiat, en 1131, Fontenay fonde l’abbaye des Écharlis. Il reçoit, vraisemblablement en 1145, Ebrard ou Everard de Calne, évêque de Norwich consacré le 21 juin 1121, ancien chapelain du roi Henri Ier Beauclerc, qui se retire à Fontenay, peut-être pour expier des aliénations du temporel épiscopal.

* Le troisième abbé est Arnaud de Bourgogne (vers 1154-1162). Bien qu'absent des généalogies ducales, certains auteurs font de lui un fils du duc Hugues II de Bourgogne, et donc un frère du duc Eudes II de Bourgogne, de Henri, évêque d'Autun et de Gautier, évêque de Langres.

* En 1170 : Bulle du pape Alexandre III qui confirme l'abbaye dans ses biens et permet aux moines d'élire un abbé.

* Aux XIIe et XIIIe siècles, l'abbaye est très prospère, les moines y développent des activités métallurgiques et sidérurgiques. À cette époque un hôtel particulier est bâti à Montbard pour l'abbé : le Petit Fontenet, qui sera plus tard occupé par Buffon.
* En 1259, le roi de France Saint Louis exempte l'abbaye de tout droit fiscal.
* En 1269, Fontenay devient abbaye royale : Les rois Jean II, puis Charles VIII, et Louis XII continueront ces largesses.

Abbaye de Fontenay -Cloître


Malgré cette protection royale, elle est pillée à plusieurs reprises pendant les guerres qui ravagent la Bourgogne. Elle jouit d'une influence croissante jusqu'au XVIe siècle. Mais l'instauration du régime de la "commende", qui supprime l'élection des abbés par les moines au profit de l'arbitraire royal, marque le début du déclin.

À partir du XVIIIe siècle, l'abbaye de Fontenay n'est plus que l'ombre de ce qu'elle avait été : les moines sont obligés, faute de pouvoir l'entretenir financièrement, de détruire le réfectoire. L'Hôtel particulier de Montbard, le Petit Fontenet est vendu en 1768 au naturaliste Buffon qui y installe sa Bibliothèque et son laboratoire de Chimie. La Révolution ne chasse qu'une dizaine de moines de l'abbaye alors qu'elle en avait abrité plusieurs centaines.

Abbaye de Fontenay -Cloître


* En 1791, l'abbaye est vendue pour 78 000 Francs, avec toutes ses terres à Claude Hugot qui la transforme en papeterie, elle le reste pendant près d'un siècle.
* En 1820, elle devient la propriété d'Élie de Montgolfier (de la famille des inventeurs de la montgolfière).

* En 1906, l'abbaye est rachetée par Édouard Aynard, banquier lyonnais et amateur d'art. Entre 1905 et 1911 de grands travaux de restauration sont entrepris pour lui rendre son aspect médiéval. Les usines sont démolies, le sol de l'église dégagé sur 80 cm et l'aile gauche du cloître est remontée pierre par pierre.

* En 1981, l'abbaye est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO.

* En 2006, elle est toujours la propriété de la famille Aynard. On peut en visiter une grande partie.


L'église abbatiale

Elle a été construite de 1127 à 1150 selon un plan cruciforme et des proportions qui lui valent d'être considérée comme une église-type de l'architecture cistercienne. Elle mesure 66 mètres de long, le transept mesurant 19 mètres. La nef de 8 m de large, est flanquée de deux bas-côtés. Les arcades sont en voûte brisée reposant sur des colonnes aux chapiteaux à décor lancéolé avec un faible relief, respectant ainsi la règle cistercienne. 

Abbaye de Fontenay - L'église abbatiale - Façcade


Le chœur, de forme carrée, est plus bas que la nef. Le pavage est fait de céramiques, qui recouvraient auparavant l'ensemble du sol de l'édifice. Au Moyen Âge, la façade était précédée d'un porche.

À l'intérieur, on peut admirer une Vierge à l'enfant datant du XIIIe siècle. Cette statue fut longtemps exposée aux intempéries dans le cimetière de Touillon (commune voisine de l'abbaye). La Vierge porte l'enfant Jésus sur son bras gauche, il entoure le cou de sa mère de son bras droit et tient sur sa poitrine une colombe aux ailes déployées avec sa main gauche. Nul autre mobilier n'est visible, les stalles originales ayant été abîmées par l'humidité, obligeant à un relèvement du sol de près d'un mètre à la fin du XVIIIe siècle.

Abbaye de Fontenay - L'église abbatiale -Intérieur


 Le cloître

Le cloître est une galerie couverte encadrant la cour du monastère. Il s'agit d'une des parties les plus remarquables du site. Il mesure trente-six mètres sur trente-huit, les quatre galeries, tout en conservant une grande unité, présentent certaines différences de construction. Elles sont composées chacune de huit travées formant archivolte et double arcades reposant sur des piliers avec double colonnettes à chapiteaux lancéolés. 
Abbaye de Fontenay - Galeries du cloître
C'est le cœur de l'abbaye, car c'est là que se croisaient les moines, la galerie située à l'est, était la plus fréquentée, car elle est en prise directe sur la nef de l'église, et menait les moines aux offices, à la salle capitulaire et à son extrémité sud, un escalier menait au dortoir. En 1911, lors de travaux, on y découvrit l’armarium qui était l'armoire creusée dans le mur dans laquelle les moines déposaient leurs livres avant d'aller aux offices. La galerie sud est la galerie du réfectoire. Elle contenait un lavabo, disparu depuis, côté cour, en face de la porte du réfectoire. Dans le cloître, se déroulaient les processions, des promenades de lecture ou de prière.

Abbaye de Fontenay - Galerie du cloître


La salle capitulaire (ou chapitre)

C'est la partie la plus importante de la vie de l'abbaye, c'est là qu'étaient prises les décisions concernant la communauté après lecture d'un chapitre de la Règle de Saint Benoît. Elle s'ouvre sur la galerie Est du cloître par une grande arcade cintrée, flanquée de chaque côté d'une double baie. À l'origine la salle capitulaire était parfaitement carrée, elle était formée de trois larges travées en voûte d'ogive et reposant sur des colonnettes, la troisième travée fut détruite par un incendie vers 1450. Au début du XXe siècle on a abattu la cloison entre la salle capitulaire et le parloir. Les clés de voûte sont ornées par un motif floral simple.

Abbaye de Fontenay - Salle capitulaire

 
La salle des moines

Dans le prolongement de la salle capitulaire et du parloir, se trouve la salle des moines, c'est sans doute ici que les moines copistes recopiaient et enluminaient les manuscrits. Elle mesure trente mètres de long, elle est recouverte de douze voutes d'ogives formant six travées.

Abbaye de Fontenay - Salle des moines

Le dortoir 

Le dortoir occupe tout le premier étage du bâtiment des moines, au-dessus de la salle capitulaire. On y accède par un escalier d'une vingtaine de marches. Il fut incendié au XVe siècle, et la charpente fut remplacée par celle que l'on peut admirer de nos jours et qui a une forme de coque de navire renversé. 

La règle de Saint Bernard imposait une salle commune avec des paillasses disposées à même le sol, et non des chambres individuelles.


Abbaye de Fontenay - Le dortoir


La forge

Le bâtiment se trouve à la limite sud de la propriété, il mesure cinquante-trois mètres de long sur treize mètres cinquante, sur voutes d'ogives reposant sur des colonnes centrales et aux murs sur des culots en pyramide tronquée. Il a été construit par les moines à la fin du XIIe siècle afin de travailler le minerai qui étaient extrait de la colline dominant le monastère. La dérivation du ruisseau de Fontenay, le long du mur de la forge, faisait tourner des roues qui actionnaient les martinets pour battre le fer.

Abbaye de Fontenay - La forge


Les bâtiments qui ne se visitent pas

Abbaye de Fontenay - Salle des moines
* Pigeonnier et chenil

* L'enfermerie qui comme son nom l'indique devait servir de prison, édifiée au XVIe siècle sur l'emplacement de l'ancien réfectoire des moines.

* La galerie Seguin datant de 1850.

* Le logis abbatial et la maison rouge, destinés aux abbés nommés par le pape, habitations coquettes, loin de la rigueur cistercienne.

* Le pigeonnier et le chenil.

* L'infirmerie, à l'écart de l'abbaye proprement-dite.

* La porterie, destinée à abriter le frère portier.



Coordonnées

Abbaye de Fontenay
Adresse : BP 6
CP et Ville : 21500 - Marmagne
Tél : 03 80 92 15 00
Fax : 03 80 92 16 88
Mail : info@abbayedefontenay.com
Site : www.abbayedefontenay.com

Document interactif: Une abbaye au Moyen-Age


Abbaye de Fontenay - L'église abbatiale -Intérieur

Abbaye de Fontenay - Galeries du cloître

Abbaye de Fontenay - Détail galerie du cloître

mardi 2 juillet 2019

Le mur pour la paix - C. Halter et J. M. Wilmotte (2000)

Mur pour la paix - Paris (2000)
Le Mur pour la Paix est un monument élevé en mars 2000 devant l'École Militaire, sur le Champ-de-Mars, dans le 7e arrondissement de Paris. Il devait être initialement placé devant le siège de l'Unesco.

Il a été réalisé par l'artiste Clara Halter et l'architecte Jean-Michel Wilmotte. Ils ont installé ce monument célébrant la paix dans un endroit qui est précisément un symbole de la guerre (le Champ-de-Mars tire son nom de Mars, le dieu de la guerre dans la mythologie romaine).

Le Mur pour la Paix est constitué d'une charpente métallique habillée de bois, d'inox et de verre. Il mesure près de 16 mètres de longueur, 13 mètres de largeur et 9 mètres de hauteur. Sur les grandes façades de verre est écrit le mot "paix" en 49 langues différentes.

Cette œuvre s'inspire directement du Mur des Lamentations de Jérusalem puisque les visiteurs peuvent laisser un message de paix dans les fentes prévues à cet effet, ou envoyer un message de paix depuis le site web, les messages étant alors affichés sur des écrans situés dans le monument.

Le site comporte également des messages de paix de personnalités : Elie Wiesel, Cyrielle Clair, Jean-Charles Decaux, Lionel Jospin, Bernard-Henri Lévy, Élie Chouraqui, Alexandre Avdeev, Alain Nemarq, Gérard de Cortanze, Rama Yade, Patrick Frey, Jean-Paul Bailly, Pierre Moscovici, Théo Klein, David Douillet, Jean Nouvel, Koïchiro Matsuura, Jérôme Clément, François Hollande, Philippe Robinet, Boualem Sansal, Danièle Thompson, Olivia Cattan, Richard Rossin, Serge Uzzan, Pierre Martial, Alain Afflelou, Michel Gryner, Renaud, Daniel Templon, Firas Tlass, René Frydman, Benoît Duquesne, Tomasz Orlowski, Martine Aubry, Edgar Morin, Étienne-Émile Baulieu, Simone Halberstadt Harari, Pierre Mongin, Nahed Ojjeh, Shimon Peres, Bernard Kouchner, Christine Albanel, Bertrand Delanoë, Dominique Sopo, Sonia Rykiel, Amos Gitaï, Michel Legrand, Pierre Bergé, Bernard Fixot, Jean Reno, Olivier Poivre d'Arvor, Bernard Murat, Malek Chebel, Maurice Lévy, Rachid Taha, Diane von Fürstenberg, Ghaleb Bencheikh, Jean-Michel di Falco, Irène Frain, Pierre Cornette de Saint-Cyr, Claude Unger, Christophe Girard, Luc Ferry, Patrick Lozès, Philippe Monsel, Serge Toubiana, Maryse Wolinski, Armando Verdiglione, Denis Olivennes, Myriam Salomon, Jean-Claude Lamy, Bernard Bled, Jul, Pascal Boniface, Thierry Oriez, Alain Seban.

Le site est devenu un lieu de rendez-vous pour des militants des droits de l'homme. En février 2011, trois de ses panneaux ont été brisés par des inconnus. C'est la huitième fois que ce monument est cassé ou souillé par des graffitis racistes et antisémites.

Installé à l'origine pour quatre mois dans le cadre des célébrations de l'an 2000, ce monument fait depuis l'objet de vives controverses, tant sur sa valeur artistique que sur son emplacement et la légalité de son installation. L'enchevêtrement de responsabilités entre la Mairie de Paris, le Ministère de la Culture et la Préfecture de police favorise ces controverses. Selon certains élus parisiens, ce monument aurait été installé dans l'illégalité. La maire du 7e arrondissement, Rachida Dati, réclame avec force son démontage et sa réinstallation à un autre endroit. L'écrivain Marek Halter, époux de l'auteur du monument, défend vigoureusement l’œuvre et sa localisation. Il est actuellement toujours en place.

mercredi 17 avril 2019

L'Acropole, Athènes, Grèce

L'Acropole d'Athènes est un plateau rocheux élevé au centre d'Athènes. Pendant l'Antiquité, elle fait office de vaste sanctuaire pour le culte de la déesse Athéna et de nombreux autres dieux de la mythologie grecque.

L'Acropole d'Athènes et ses monuments sont le symbole universel de l'esprit et de la civilisation classiques, et forment le plus extraordinaire ensemble architectural et artistique légué par la Grèce antique au reste du monde. Dans la seconde moitié du Ve siècle avant JC, Athènes, suite à sa victoire sur les Perses et à l'établissement de la démocratie, prit un ascendant sur les autres Cités-États du monde antique. Durant cette période, alors que l'art et la pensée florissaient, un groupe exceptionnel d'artistes mit en œuvre les plans ambitieux de Périclès, homme d'État athénien, et transforma, sous la direction éclairée du sculpteur Phéidias, la colline rocheuse en un monument unique d'esprit et d'arts. 

L'Acropole d'Athènes

Les principaux monuments furent érigés à cette époque : le Parthénon, construit par Ictinus, l'Erechthéion, les
Propylées, l'entrée monumentale de l'Acropole, dessinés par Mnesiclès et le petit temple d'Athéna Nikê et le théâtre antique de Dionysos. Ce lieu est actuellement un des sites touristiques les plus visités du monde. Les monuments de l'Acropole ont été inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1987.

L'Acropole d'Athènes est l'expression suprême de l'adaptation de l'architecture à un site national. Cet ensemble grandiose de structures massives parfaitement équilibrées crée un paysage monumental d'une beauté unique formé d'une série complète de chefs-d'œuvre du Ve siècle avJC. Les monuments de l'Acropole ont exercé une influence considérable, et cela pas seulement au cours de l'Antiquité gréco-romaine, alors qu'on les considérait comme des modèles exemplaires dans tout le monde méditerranéen, mais aussi à l'époque contemporaine.


L'Acropole occupe un promontoire rocheux situé 156 m au-dessus de la vallée de l'Ilissos, d'une superficie de moins de 3 ha. Dès le IIe millénaire avJC, c'était une forteresse qui protégeait les lieux de culte et les palais royaux. L'accès au plateau était protégé par un mur, le Pelasgicon, qui existait avant les invasions doriennes qui menacèrent Athènes à partir de 1200. L'Acropole fut reconstruite après la chute des tyrans

Hipparque, en 514, et Hippias, en 510. Le Pelasgicon, qu'un oracle de Delphes avait déclaré maudit, fut détruit. La ville supérieure, privée de remparts, fut ainsi affaiblie, si bien que les Perses menés par Xerxès, s'en étant emparés en 480, pillèrent et brûlèrent ses sanctuaires. Paradoxalement le pillage de l'Acropole assura alors la conservation de l'un des plus importants groupes de sculptures archaïques du monde grec. Le rempart fut construit avant 472-471 avJC, en même temps que les "Longs Murs" qui reliaient Athènes à son port du Pirée.

Avec Périclès, le Ve siècle av. J.-C. marque l'apogée de la démocratie athénienne. Les décennies comprises entre 447 et 406 virent la construction des quatre chefs-d'œuvre de l'art grec classique : le principal temple consacré à Athéna, le Parthénon ; les Propylées, l'entrée monumentale qui remplaça la porte de Pisistrate, construite à l'emplacement de l'une des entrées de la citadelle des anciens rois ; le temple d'Athéna Nikê ; enfin, l'Érechthéion. La désastreuse guerre du Péloponnèse et la capitulation d'Athènes en avril 404 avJC entraînèrent la destruction des "Longs Murs", mais elles n'eurent pas de conséquence grave sur les monuments de l'Acropole.

L'Erechteion - détail du portique des Caryatides
La colline sacrée d'Athènes, dont les monuments suscitaient l'admiration générale, continua à être embellie par différents grands hommes, dont les souverains de Pergame, de Cappadoce et d'Égypte, des empereurs romains comme Claude et Hadrien, et de riches citoyens privés comme Hérode Atticus, le tuteur de Marc Aurèle. Les premiers dommages ont été infligés à l'héritage monumental de l'Acropole lors du raid d'Hérulien en 267. Depuis lors, et en dépit de longues périodes de calme relatif, les monuments et le site ont été endommagés à différentes reprises. Les Byzantins transformèrent les temples en églises et transportèrent leurs trésors artistiques à Constantinople. Après l'effondrement de l'Empire byzantin en 1204, Athènes passa aux mains de souverains francs qui avaient peu de considération pour ses ruines. Lorsque les Turcs prirent la ville en 1456, le Parthénon devint une mosquée et l'Érechthéion fut utilisé sporadiquement comme harem par le gouverneur turc. En 1687, l'année la plus tragique, le siège de l'Acropole par l'armée vénitienne de Morosini aboutit à l'explosion du Parthénon dont les Turcs avaient fait une poudrière. Au XIXe siècle, avec l'autorisaiton officielle du sultan, lord Elgin, ambassadeur du roi d'Angleterre auprès de la Sublime Porte, compléta le pillage en achetant des marbres qui sont devenus, depuis 1815, l'orgueil du British Museum. Après un siècle de fouilles et de restaurations effectuées sur le site, l'Acropole est actuellement un laboratoire expérimental des techniques de conservation à ciel ouvert les plus innovatrices, visant à sauvegarder les marbres endommagés par une grave pollution atmosphérique.



Plan de l'Acropole



Les Propylées

 Les Propylées sont un monument constituant l'entrée principale de l'acropole d'Athènes. Dans la Grèce ancienne, le mot au singulier, un propylée désignait un vestibule simple situé en avant d’une entrée de sanctuaire, de palais ou d’agora ; au pluriel, des propylées sont des entrées monumentales de structure beaucoup plus complexe, comme à Eleusis, Corinthe, Epidaure ou Athènes.

Acropole - Les Propylées

Les Propylées ont été construites entre 437 et 432 avJC. Cet édifice mesure 18m sur 25m et comprend un bâtiment central, vaste vestibule de forme rectangulaire, et deux ailes latérales. Parmi les cinq portes de la partie centrale, celle du milieu donnait accès à la Voie sacrée que suivaient les processions des Panathénées. Selon Aristophane, les cinq portes étaient fermées par de lourds vantaux de bois.

Comme au Parthénon, l'architecte (Mnésiclès) a associé l'ordre dorique et l'ordre ionique. Les façades étaient doriques, tandis que deux rangées de colonnes de style ionique divisaient le vestibule central en trois parties. Le plafond était sans doute peint en bleu et décoré d’étoiles.

L'aile nord, la pinacothèque, fut la première galerie de peinture au monde. On y trouve des peintures sur bois réalisées par de grands artistes de l'époque, parmi lesquels Polygnote (Ve siècle avJC), auteur de compositions mythologiques. L'aile sud, plus petite, se composait d’une salle, qui menait à l'ouest, au  Temple d'Athéna Niké, "la Victoire".

Les Propylées franchis, le visiteur antique trouvait sur sa gauche plusieurs bâtiments administratifs ou logements, parmi lesquels la maison des Arrhéphores. En face, majestueuse et haute de plus de 9 mètres, se dressait la statue d’Athéna Promachos, ou plus exactement, Athéna Enhoplos, c'est-à-dire "en armes ". Sur sa droite, le visiteur découvrait le petit sanctuaire d’Artémis Brauronia et celui d’Athéna Ouvrière, et enfin le majestueux Parthénon.

Acropole - Les Propylées

Les Propylées furent construits en marbre du Pentélique à partir du soubassement. Toutefois, l’architecte a aussi utilisé du marbre bleu d’Éleusis. L’ensemble a coûté une fortune colossale.

En contrebas du chemin menant aux Propylées se dressait la porte dite de Beulé du nom de l’archéologue français qui la découvrit en 1853 sous un bastion turc. Elle fut construite par les Romains au IIIe siècle avJC. ; on ne sait pas si l’accès à l’Acropole s’effectuait par une rampe d’escalier ou par un chemin en lacets.

Les Propylées, comme les autres monuments d'Athènes, ont eu une histoire agitée. Ils ont été successivement palais épiscopal, résidence des ducs francs d’Athènes, palais florentin et dépôt d’armes turc.


Temple d'Athéna Nikè

Le temple d'Athéna Nikè fut érigé au Ve siècle avJC sur l'Acropole d'Athènes, en l'honneur de la déesse de la victoire, Athéna Victorieuse: Nikè signifie littéralement "victoire" en grec ancien.

Acropole - Le temple d'Athéna Nikè

Ce premier temple ionique de l'Acropole occupait une position de choix sur un promontoire fortifié dans le coin sud-ouest, sur la droite des Propylées. Les citoyens y vénéraient la déesse sous cette forme dans l'espoir d'obtenir la victoire dans leur longue guerre, tant terrestre que maritime, contre Sparte et ses alliés. Le temple d'Athéna Nikè exprimait l'aspiration d'Athènes à devenir la principale cité-état grecque.Ce temple, construit par Callicratès aux alentours de -420, était de style ionique et ne comportait qu’une chambre contenant la statue du culte, reproduction d’une ancienne statue en bois. Les frises décrivaient une assemblée de dieux et des scènes de batailles. Cet édifice religieux, très élégant, fut détruit par les Turcs Ottomans en 1687.

Il a été commencé entre 435 et 432 avJC. Les frises de ce temple représentent notamment la victoire des Athéniens sur les Perses lors des guerres médiques (à l'est), ainsi que les dieux fêtant cet évènement (au nord).


Le Parthénon

Le Parthénon est l'un des symboles archéologiques les plus connus de toutes les civilisations. Construit en quinze ans, entre 447 et 432 avJC, ce temple de la Grèce antique remplace un autre que les Perses ont détruit en 480 avJC. A l'époque, on s'étonne qu'un temple si grand (30,9 m x 69,5 m) soit élevé en si peu de temps, mais ce qui est encore plus étonnant, c'est la qualité de la construction et de la finition, qui est superbe. Le temple est édifié à l'instigation de l'homme d'État le plus important de l'époque, Périclès. 

Acropole - Parthénon Temple d'Athéna Parthénos

Selon Plutarque, le grand biographe grec qui écrit des siècles après l'achèvement de l'édifice, la construction du Parthénon et des autres temples qui l'entourent a été motivée notamment par le chômage, qui s'aggravait. En entreprenant de grands travaux publics sur l'Acropole (la colline qui domine Athènes, où le Parthénon et d'autres temples dédiés aux dieux sont situés), Périclès espère offrir du travail aux Athéniens ordinaires — menuisiers, maçons, ivoiriers, peintres, émailleurs, modeleurs, forgerons, cordiers, tisserands, graveurs, marchands, orfèvres (travail du cuivre), potiers, cordonniers, tanneurs, ouvriers, etc.

Fait plus important, Périclès voit dans le Parthénon un chef-d'œuvre architectural qui communiquera au monde la supériorité des valeurs d'Athènes, de son système de gouvernement et du mode de vie de ses habitants. Pour cette raison, il n'accepte que les meilleurs matériaux de construction — la meilleure pierre, du bronze, de l'or, de l'ivoire, de l'ébène, du bois de cyprès — et les meilleurs artistes et artisans. Le Parthénon doit être un édifice pour tous les temps. Dans une oraison funèbre prononcée en 430 av. J.-C., Périclès déclare jusqu'à quel point il est fier de la ville d'Athènes, et il pense sans aucun doute au Parthénon lorsqu'il proclame  "L es marques et les monuments que nous avons laissés sont effectivement grands. Les hommes de l'avenir s'émerveilleront de nous, comme le font tous les hommes aujourd'hui."

Le nouveau projet de construction n'est pas bien accueilli par tout le monde. Certaines personnes sont outrées en voyant les vastes sommes qu'on dépense « pour dorer et embellir notre ville comme si elle était une femme vaniteuse qui se pare de pierres dispendieuses et de temples qui ont coûté mille talents ». Beaucoup protestent également le fait que les fonds engagés dans la construction du Parthénon proviennent d'alliés d'Athènes, qui les fournissent, à contrecœur, pour financer des guerres contre les Perses. Périclès affirme que, tant que les Athéniens respecteront leurs engagements en défendant ces alliés contre les agresseurs perses, les alliés n'auront aucune raison de se plaindre. La majorité des gens appuient Périclès. En fait, la personne qui le critique le plus vivement est frappée d'ostracisme (bannie pendant dix ans) à la suite d'un jugement du peuple, rendant la construction possible.

Périclès dirige lui-même le programme de construction du Parthénon. Il demande à trois hommes qui sont au premier rang dans leur domaine de collaborer au design et à l'exécution du projet. Nous ne savons pas tout ce qu'ils ont fait, mais, autant qu'on puisse en juger, Ictinos a été le principal architecte, et Callicratès , le maître d'œuvre et le coordinateur technique, tandis que Phidias a supervisé la création et l'intégration de tous les éléments artistiques. Ce dernier crée lui-même l'énorme sculpture en or et en ivoire de la déesse de la ville et certains groupes de sculptures, tout en supervisant une petite armée d'artistes et d'artisans. Considéré à l'époque comme le plus grand sculpteur de son temps, Phidias est aujourd'hui reconnu comme le plus grand sculpteur grec de tous les temps. Les trois hommes ont collaboré avec succès tout le long du projet.

Il va sans dire que la construction du Parthénon exige de vastes sommes d'argent. (Selon des comptes publics gravés sur pierre, la construction a coûté 469 talents d'argent. On n'a jamais calculé l'équivalent moderne de ce montant de façon satisfaisante.) Le principal matériau de construction est le marbre pentélique, qui provient du mont Pentélique, située à environ 16 km d'Athènes. (L'ancien Parthénon, que les Perses détruisent durant la construction, est le premier temple en ce genre de marbre.) Les immenses blocs de pierre sont transportés jusqu'au chantier dans des chars à bœufs. Le Parthénon n'est pas du tout la structure la plus grande, mais ce qui le distingue de la plupart des autres temples, c'est la qualité et l'étendue des éléments sculptés. Beaucoup de sculptures sont en marbre blanc provenant de l'île de Paros, un marbre plus cher que la plupart des sculpteurs préfèrent. En tant que collection qui montre l'art grec à son apogée, les marbres (sculptures) du Parthénon sont sans pareil.

Plusieurs raffinements esthétiques sont intégrés à l'édifice, qui est lui-même une œuvre d'art, de façon à le rendre le plus parfait possible visuellement. Sachant que les longues lignes horizontales semblent s'arquer, bien qu'elles soient parfaitement droites, les architectes courbent délibérément des éléments horizontaux et « grossissent » les colonnes au centre pour compenser les irrégularités de l'œil humain. Cet épaississement au centre donne l'impression que les colonnes ploient un peu sous le poids du toit, rendant le temple moins statique, plus dynamique. Bien que les lignes et les distances du Parthénon semblent droites et égales, la géométrie a été modifiée pour créer cette illusion. On dit que dans cet édifice "rien n'est ce qu'il semble être".

Acropole - Parthénon Temple d'Athéna Parthénos

Le Parthénon est un temple dorique auquel on a ingénieusement intégré des éléments ioniques pour produire un édifice que bien des personnes, y compris certains des meilleurs architectes du monde, considèrent comme parfait. Le style dorique comporte des colonnes plus larges et a un aspect plus imposant (appelé parfois masculin) que le style ionique (féminin). Périclès a peut-être fait ce choix pour des raisons politiques, unissant symboliquement les Grecs d'origine dorienne et ionienne dans un édifice transcendant.

Le Parthénon est un temple périptère, c'est-à-dire que la structure est entourée de colonnes. Il comporte en tout 46 colonnes : 8 sur chaque façade et 17 sur chaque côté. À l'intérieur de ces colonnes il y a une plate-forme surélevée en pierre qui soutient les murs d'une pièce rectangulaire appelée la cella ou le naos. Dans un temple traditionnel, il s'agit d'une seule pièce, mais la cella du Parthénon a été divisée en deux pièces. La plus grande abritait une énorme statue d'Athéna, debout sur un socle. Devant la statue, il y avait un miroir d'eau. Dans l'autre pièce, qui comporte quatre colonnes intérieures, se trouvait le trésor de l'État, y compris de la monnaie offerte à la divinité. Les colonnes intérieures aidaient à soutenir le toit, qui était en marbre, comme le reste de l'édifice.

La partie de la cella où se trouvait la magnifique statue d'Athéna s'appelle l'Hécatompédon (heka = 100) et est longue de cent pieds athéniens (attiques), comme son nom grec l'indique. Le miroir d'eau permettait d'humidifier l'air et les éléments en ivoire de l'immense statue chryséléphantine (en or et en ivoire), qui pouvaient se dessécher et se fendre. La statue a coûté plus que l'édifice qui l'abritait, et le sculpteur Phidias l'a conçue de façon à ce qu'on puisse en enlever les plaques d'or, les peser et les vendre, si nécessaire. (Cette décision s'est avérée judicieuse parce que, plus tard, on a accusé Phidias d'avoir volé des plaques d'or, et il a pu prouver son innocence sans problème.)

Modélisation informatique de l'intérieur du Parthènon - MacGillivray Freeman Films

Le rêve de Périclès, que le Parthénon soit un symbole impérissable de la grandeur d'Athènes et du triomphe inévitable de la civilisation sur les forces barbares, a été éphémère. Les dernières sculptures sont achevées en 432 avJC, mais à peine trois ans plus tard, Périclès et nombre de ces concitoyens succombent à une horrible peste qui dévaste Athènes.

Le Parthénon sert de temple d'Athéna pendant un millénaire presque. Puis, au VIe siècle, des moines chrétiens de l'Église orthodoxe grecque prennent possession de l'édifice, qui devient l'église de la Sainte Sagesse (Hagia Sophia). Les chrétiens zélés cassent ou dégradent plusieurs sculptures qu'ils considèrent comme païennes ou profanes, et apportent des modifications mineures à l'architecture. Sept cents ans s'écoulent.

En 1204, les Français (les Francs) envahissent Athènes et prennent possession du Parthénon, qu'ils rebaptisent Notre-Dame d'Athènes. Le temple devient alors une église catholique. Dès 1458, les Turcs occupent Athènes et transforment le plus vite possible le temple ancien en mosquée islamique, y ajoutant un minaret. Le gouverneur turc installe son harem dans l'Érechthéion, le temple situé à côté du Parthénon. En 1687, les Vénitiens, qui sont en guerre contre les Turcs, bombardent le Parthénon de boulets et d'obus de mortier. Convaincus que les Vénitiens n'attaqueraient pas le vénérable édifice religieux, les Turcs y avaient abrité leurs femmes et leurs enfants, ainsi que leur provision de poudre. Trois cents personnes et 28 colonnes du Parthénon périssent dans une immense explosion.

Les activités de lord Elgin, homme d'État britannique et ambassadeur à Constantinople en 1801, auront également une incidence majeure sur le Parthénon. Les autorités turques donnent à l'ambassadeur la permission de dessiner les merveilleuses sculptures, d'en prendre des moulages en plâtre et « d'emporter tout morceau de pierre portant des inscriptions ou des figures ». (De nombreuses morceaux de sculptures détruites dans l'explosion se trouvent encore dans les décombres du Parthénon.) Les représentants de lord Elgin ne se contentent pas longtemps de ramasser des morceaux de sculptures brisées. Ils commencent à amputer l'édifice, se servant plus tard de scies pour enlever de gros morceaux de sculpture. Il faut dire à leur décharge qu'ils connaissent les autres pratiques destructrices de l'époque. Les Turcs ont utilisé des sculptures du Parthénon comme cibles dans des exercices de tir et ont décapité des figures qu'ils ont pu atteindre (celle de Périclès en était probablement une). De plus, les Turcs chaulent leurs bâtiments, dont bon nombre sont construits autour du Parthénon. Pour obtenir du blanc de chaux, on brûle du marbre, le réduisant en calcaire, puis on y ajoute de l'eau. Cette recette a mené à la destruction de statues brisées et intactes à Athènes et ailleurs.

Aujourd'hui, les vestiges du Parthénon, les ossements blanchis de ce qui a été à un moment donné un chef-d'œuvre architectural pour tous les temps, témoignent silencieusement de la gloire de la Grèce antique. Les sculptures qui ornaient les murs de marbre se trouvent aujourd'hui en morceaux, accrochés çà et là aux vestiges du temple ancien ou éparpillés à travers les grands musées du monde à Athènes, Londres, Paris, Munich, Rome, Copenhague, Vienne...

L'Erechteion 

C'est un des rares temples grecs en forme de croix. Sa construction a débutée après celle du Parthénon (en 420 avJC) pour se terminer en 407, c'est-à-dire treize ans plus tard. On dit que c'est ici qu'était gardée la plus ancienne représentation d'Athéna, le xoanon. 

Œuvre majeure de l'art hellénique, le portique des Caryatides constitue le motif le plus original de l'Érechthéion, et une sorte de dais funéraire au-dessus du tombeau de Cécrops, le roi-serpent, l'un des fondateurs mythiques d'Athènes. Peut-être dues à l'atelier du sculpteur athénien Alcamène, six statues de jeunes filles s'acquittent avec grâce de leur fonction de support. Droites, vêtues de longues tuniques ioniennes, elles portent en guise de coiffure un chapiteau circulaire. Ce portique servait peut-être de tribune depuis laquelle certains personnages officiels pouvaient contempler le défilé et les cérémonies des panathénées, en même temps qu'il masquait l'escalier reliant l'Érechthéion à la terrasse de l'Acropole.

Acropole - L'Erechteion - Le portique des Caryatides
  
Le théâtre de Dionysos 

Situé sur le flan sud de l'Acropole, le théâtre de Dionysos, construit à l'intérieur d'un sanctuaire dédié à Dionysos, est le plus illustre de tous les théâtres grecs. Tout au long des IVe et Ve siècles avJC, les gradins étaient uniquement constitués de bois. Des grands noms du théâtre antique y immortalisèrent leurs pièces tels que Sophocle, Euripide et Aristophane pour ne citer qu'eux. 

A la suite de l'effondrement des gradins, en bois, on en édifia de nouveaux, entre 500 et 497 avJC. Ils furent cette fois construits en pierre. Pouvant contenir jusqu'à 13 000 spectateurs, la toute nouvelle cavea encadre l'orchestra, initialement circulaire puis modifiée sous Néron pour ne plus former qu'un demi-cercle. La scène quand à elle, est de forme rectangulaire. Ses 46 mètres de long sur 6,5 de large sont encadrés par deux ailes latérales. La dernière transformation du théâtre date de l'époque romaine avec l'élargissement de la scène. Ressemblant après cela à un théâtre romain, le théâtre de Dionysos accueillit de nombreux combats de gladiateurs et autres jeux.

Acropole - Le théâtre de Dionysos

vendredi 22 mars 2019

La basilique de Santa Croce, Florence, Italie

La basilique de Santa Croce est située sur la Piazza Santa Croce, l'une des plus anciennes places de Florence. L'édification de la basilique débuta en 1294 sur les plans d'Arnolfo di Cambio et s'est achevée en 1443.  Il s'agit de la plus grande église franciscaine au monde. Elle s'éleve sur les fondations d'une petite église bâtie en 1252 par les frères peu de temps après la mort de saint François, hors des murs de la ville.

Basilique Santa Croce

La façade néogothique du XIXème siècle, dûe à Nicolo Matas, est entièrement recouverte de marbre blanc et vert de Prato. Sur le fronton, une énorme étoile de David porte l'anagramme du Christ. Cette étoile serait une référence à la religion hébraïque de l'architecte Nicolo Matas.

Santa Croce - détail du fronton

L'intérieur est en forme de croix égyptienne, c'est-à-dire en forme de "T". L'église comporte 3 nefs, séparées par des piliers octogonaux. L'architecte toscan Arnolfo a réalisé des prouesses architecturales, compte tenu des moyens techniques de son époque, pour élever une nef si grande (115m sur 38m), avec des parois si minces et des arcs très ouverts entre les piliers.

Santa Croce - Nef

Derrière une façade austère, l’imposante basilique de Santa Croce est un symbole prestigieux de la ville de Florence. Au cours de l'histoire, ce fut un lieu de rencontre pour les plus grands artistes, théologiens, religieux, hommes de lettres, humanistes et hommes politiques. Mais elle le fut également pour les puissantes familles qui, dans le bonheur comme dans l’adversité, participèrent à la création de l’identité de la Florence de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance.

Son couvent offrit l’hospitalité à des personnages célèbres de l’histoire de l’Église, saint Bonaventure, saint Antoine de Padoue, saint Bernardin de Sienne, saint Louis d’Anjou, évêque de Toulouse. Elle fut aussi un lieu de repos et d’accueil pour plusieurs papes, Sixte IV, Eugène IV, Léon X, Clément XIV.

Avec son architecture gothique imposante, ses merveilleuses fresques, ses retables d’autel, ses précieux vitraux, ses nombreuses sculptures, cette église représente l’une des pages les plus importantes de l’histoire de l’art florentin dès le XIIIe siècle.

Santa Croce - Cloître
 
De nombreux dignitaires firent de Santa Croce leur dernière demeure, parfois à même le sol de la nef, pieuses sépultures pour racheter des péchés d'opulence. Ainsi la basilique de Santa Croce abrite-t-elle en son sein les tombeau de Galilée, Michel-Ange et Machiavel.


Le tombeau de Galilée

Tombeau de Galilée
Galilée est un physicien et astronome italien du XVIIe siècle, né à Pise le 15 février 1564 et mort à Arcetri, près de Florence, le 8 janvier 1642. Il est célèbre pour avoir jeté les fondements des sciences mécaniques ainsi que pour sa défense opiniâtre de la conception copernicienne de l'univers. Il est considéré comme le père de l'observation astronomique et de la physique moderne.

Galilée commence par démontrer plusieurs théorèmes sur le centre de gravité de certains solides dans son "Theoremata circa centrum gravitatis solidum" et entreprend en 1586 de reconstituer la balance hydrostatique d'Archimède. En même temps, il poursuit ses études sur les oscillations du pendule pesant.

Ardent défenseur du système de Nicolas Copernic (héliocentrisme), il s'est heurté à de vives critiques émanant des partisans du géocentrisme ainsi qu'à celles de l'Église catholique romaine.

Les méthodes de Galilée sont basées sur l'observation et l'expérience plutôt que sur l'autorité des partisans des théories géocentriques (qui s'appuient sur le prestige d'Aristote). Les partisans de la théorie géocentrique sont devenus les ennemis acharnés de Galilée et les attaques contre lui ont commencé dès la parution du "Sidereus Nuncius". Ils ne peuvent pas se permettre de perdre la face et ne veulent pas voir leur science remise en question.

Son livre "Dialogue sur les deux grands systèmes du monde" est à la fois une révolution et un scandale. Galilée y compare de façon impartiale à la fois le système aristotélicien et le système copernicien. Il est accusé de ne pas respecter une décision de justice, l'interdit de 1616, mettant à l'index les thèses de Copernic. En 1633, Galilée, malade  doit se rendre à Rome pour son procès, au cours duquel il est condamné à la prison à vie (peine immédiatement commuée en résidence à vie par le Pape Urbain VIII) et son ouvrage est interdit.

En janvier 1642, Galilée s'éteint à Arcetri, une petite colline au sud de Florence, à l'âge de 78 ans. Son corps est inhumé religieusement à Florence le 9 janvier dans le caveau familial de la basilique de Santa Croce de Florence. Un mausolée sera érigé en son honneur le 13 mars 1736.


Le tombeau de Michel-Ange

Tombeau de Michel-Ange
Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni dit, en français, Michel-Ange est un peintre, un sculpteur, un poète et un architecte italien de la Renaissance né le 6 mars 1475 à Caprese, en Toscane et mort le 18 février 1564 à Rome.

Michel-Ange, auteur des "Tombeaux des Médicis", de la "Chapelle Sixtine" et du "Dôme de Saint-Pierre", apparaît hautement comme le plus grand créateur d'art des temps modernes. Ayant reçu de la beauté antique une révélation de l'art, il donne à cet art une forme nouvelle et à la suite de la formule plastique des anciens il trouve la formule humaine des modernes.

Michel-Ange, sûr de lui-même, produit son œuvre jour à jour en suivant le développement de sa vie et le déroulement de la passion humaine, parti de la jeunesse du "David" et du charme de l'"Adonis mourant" pour arriver aux sensations extrêmes du "Moïse" et des "Prophètes de la Sixtine"; d'une maîtrise d'ailleurs qui devait être sans élèves, trop personnelle pour être un enseignement.

Michel-Ange était robuste, d'une grande simplicité et d'une indomptable énergie, tout à son travail, mangeant peu, dormant peu et se couchant souvent tout habillé; il disait à Condivi: «Quoique riche, j'ai toujours vécu en pauvre». Ayant trouvé la gloire à vingt ans, il travaille à travers toutes les difficultés qui lui viennent des choses et toutes les peines qui lui viennent des hommes dans la sublime vision de son art.

Michel-Ange meurt à Rome le 18 février 1564 à l’âge de 88 ans. Selon ses volontés, son corps est rapatrié à Florence, où il est enterré dans la basilique de Santa Croce, avec les honneurs nationaux.

La Création d'Adam - Michel Ange - Chapelle Sixtine - Rome

Tombeau de Nicolas Machiavel
Le tombeau de Nicolas Machiavel

Niccolò Macchiavelli (Niccolò di Bernardo dei Macchiavelli), en français Nicolas Machiavel est un penseur italien de la Renaissance, théoricien de la politique, de l'histoire et de la guerre. Il est né le 3 mai 1469 à Florence et est mort le 21 juin 1527 à Florence. Machiavel a donné en français naissance à plusieurs termes : « machiavélisme » et ses dérivés, qui font référence à une interprétation politicienne cynique de l’œuvre de Machiavel.
Secrétaire à la chancellerie de la République de Florence à partir de 1498, Machiavel remplira de nombreuses missions diplomatiques avant d'entrer en disgrâce, en 1512, lors de la prise de pouvoir par les Médicis. Il écrira Le Prince en exil, en 1513, qui ne sera publié qu'après sa mort.

Machiavel a fondé la science politique moderne, en y introduisant la liberté d'examen, l'esprit historique et critique, la méthode d'observation. Par là, il mérite la reconnaissance de la philosophie.

Mais, par malheur, la première application qu'il a faite de cette nouvelle méthode a été une doctrine détestable, qui a eu une trop grande part dans les malheurs et les crimes de la politique au XVIe siècle. On peut rejeter sur son temps la faute de cette doctrine; mais il ne faut ni la justifier, ni l'excuser.

En faire le suppôt des tyrans et un prévaricateur de la politique, ainsi que le voient ses critiques moraux, c’est feindre de ne pas comprendre un texte dense et réfléchi, résultat d’une expérience vécue et de lectures approfondies, dont le legs qu’il nous fit nous amène à repenser la politique d’une façon plus lucide et, en même temps, à choisir non seulement la liberté, mais les efforts nécessaires pour la garder.

L'opinon publique générale de son époque s'est accordé à condamner Machiavel. Comme si la révélation publique des ressorts du pouvoir le rendait responsable de sa corruption et des moyens de tous temps employés pour le conserver. En révélant ces mécanismes, éventuellement en recommandant leur usage lorsque la situation l'exige et que la faiblesse de caractère pourrait avoir des conséquences encore pires, Machiavel tentait de montrer une voie pour en sortir tout en n'évacuant jamais de ses raisonnements sa méfiance constante vis-à-vis de la nature humaine, c'est la naissance d'un point de vue unique d'un homme de terrain, d'un théoricien de génie. Malgré cette réputation entachée par la méconnaissance et l’Église, Machiavel tient une grande place dans la pensée politique.

Son corps repose dans la nef de la basilique de Santa Croce de Florence. Son tombeau est surmonté d'un personnage allégorique représentant la Diplomatie. L'inscription latine peut ainsi être traduite : "Pour un homme si grand, aucun éloge est suffisant !"