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mercredi 14 février 2024

Dites "oui" à tout - Svâmi Prajnânpad (1891-1974)

"Rappelez-vous que tout ce qui arrive, arrive pour le mieux. Il y a une distribution divine des choses. Votre vie eût été appauvrie sans tour ce qui vous est arrivé. Aussi tour doit être accepté, le bon et le mauvais.

En fait, vous n'avez pas le choix. Si vous voulez le bon, vous aurez le mauvais aussi. Chaque chose a deux aspects. Si vous voulez le côté face d'une pièce, vous devez prendre aussi le côté pile. C'est inutile d'attendre seulement du plaisir. Le plaisir et la peine vont toujours de pair. Prenez les deux, ou rien du tout.

Quand une chose arrive, acceptez-la d'abord. C'est la vérité. C'est arrivé. Pouvez-vous la refuser et dire que ce n'est pas arrivé? Non. Après avoir pleuré et vous être lamenté, vous l'accepterez en tout état de cause. Pourquoi ne pas l'accepter dès le début?

Dites "oui" à tout. Quand vous acceptez de plein gré une chose, il n'y a pas de souffrance. La peur doit être bannie de votre vie.
"

Svami Prajnanpad, Entretiens




Svâmi Prajnânpad (1891-1974)
Svâmi Prajnânpad est un maître indien contemporain (1891-1974) dont l'enseignement, plongeant ses racines dans la tradition indienne la plus ancienne, éclaire d'une manière entièrement nouvelle le cheminement de celui qui aspire à connaître la vérité.

Formé aux disciplines scientifiques, Svâmi Prajnânpad réconcilie science et tradition, approche matérialiste et spirituelle. Svâmiji, dans un souci d'efficacité pratique, se réfère constamment à l'expérimentation, rejette tout recours à une autorité quelle qu'elle soit, mais n'hésite pas à utiliser toutes les méthodes permettant de libérer le disciple de ses blocages émotionnels.

Svâmi Prajnanpad n’a jamais écrit de livre ni fait de conférence, il  accordait des entretiens individuels à un petit nombre de personnes (dont neuf  français). Il répondait à leurs lettres. Certains de ses entretiens ont été enregistrés.

Pour tous ceux qui l’ont approché il rayonnait d’amour et d’intelligence. Voici ce qu’ il disait de son état: 

"Dans la vie du monde on saisit toujours un objet particulier. Mais qu’arrive-t-il quand on sent et qu’on réalise qu’il n’y a rien à saisir ? Il y a une disparition complète de la conscience du monde et quand  ce sentiment  se cristallise, on sent: "tout est à moi, tout m’appartient".  L’éveil n’est rien d’autre que cela."
Entretien  5/8/1966.

"Vous sentez: ce que j’avais à faire  je l’ai fait, ce que j’avais à obtenir je l’ai obtenu, ce que j’avais à donner je l’ai donné"
Entretien 25/1/1963.


Citations de Svâmi Prajnânpad (extraites de lettres ou d'entretiens)

"D’abord regardez avec lucidité ce qui est, ce que vous êtes, ici et maintenant : pour cela, vous devez être convaincu que la comparaison et les jugements de valeur ne sont  absolument pas fondés. Rien n’est ni bien ni mal et vous êtes donc ce que vous êtes, ici et maintenant."

"Tout est neutre, tout est absolu, chaque chose est comme elle est. C’est vous qui la faites apparaître bonne ou mauvaise, agréable ou pénible."

"Celui qui ne se voit pas lui-même n’arrête pas de parler des autres. Il passe son temps à repérer et à mépriser en autrui des fautes et des faiblesses qui sont en fait camouflées et refoulées en lui-même."

"D’abord acceptez-vous vous-même.  Quand vous ne vous acceptez pas et que vous vous imaginez être quelqu’un d’autre, un conflit surgit entre ce que vous croyez être et ce que vous êtes vraiment."

"Vous êtes responsable de votre bonheur. Vous seul et personne d’autre."


Site internet consacré à Svâmi Prajnânpad ici

jeudi 24 mars 2022

Vivre pleinement sa vie

Imaginez que chaque matin, une banque vous ouvre un compte de 86 400 euros. Simplement il y a deux règles à respecter:

- Première règle: tout ce que vous n'avez pas dépensé dans la journée vous est enlevé le soir. Vous ne pouvez pas tricher, ne pouvez pas virer cet argent sur un autre compte, ne pouvez que le dépenser. Mais chaque matin au réveil, la banque vous ouvre un nouveau compte, avec à nouveau 86 400 euros pour la journée.
- Deuxième règle: la banque peut interrompre ce "jeu" sans préavis. A n'importe quel moment, elle peut vous dire que c'est fini, qu'elle ferme le compte et qu'il n'y en aura pas d'autre.

Que feriez-vous ? Vous dépenseriez chaque euro à vous faire plaisir, et à offrir quantité de cadeaux aux gens que vous aimez. Vous feriez en sorte d'utiliser chaque euro pour apporter du bonheur dans votre vie et dans celle de ceux qui vous entourent, n'est-ce pas ?

Cette banque magique, nous l'avons tous, c'est le Temps !

Chaque matin, au réveil, nous sommes crédités de 86 400 secondes de vie pour la journée, et lorsque nous nous endormons le soir, il n'y a pas de report. Ce qui n'a pas été vécu dans la journée est perdu, hier vient de passer. Chaque matin, cette magie recommence. Nous jouons avec cette règle incontournable: la banque peut fermer notre compte à n'importe quel moment, sans aucun préavis. A tout moment la vie peut s'arrêter.

La vie est courte, même pour ceux qui passent leur temps à la trouver longue...
Alors, que faisons nous de nos 86 400 secondes quotidiennes ?

Extrait de "Et si c'était vrai" de Marc Levy


Pour réaliser la valeur d'une année, demandez à un étudiant qui a doublé son année.
Pour prendre conscience de la valeur d'un mois, demandez à une mère qui a accouché prématurément.
Pour connaître la valeur d'une semaine, demandez à l'éditeur d'un hebdomadaire.
Pour connaître la valeur d'une heure, demandez aux amoureux qui sont temporairement séparés.
Pour comprendre la valeur d'une minute, demandez à une personne qui a manqué son train.
Pour réaliser la valeur d'une seconde, demandez à qui vient juste d'éviter un accident.
Pour comprendre la valeur d'une milliseconde, demandez à celui ou celle qui a gagné une médaille d'argent aux Olympiques.

lundi 10 janvier 2022

Le bonheur est le chemin

On se persuade souvent soi-même que la vie sera meilleure après s'être marié, après avoir eu un enfant, et ensuite, après en avoir eu un autre... Plus tard, on se sent frustré, parce que nos enfants ne sont pas encore assez grands et on pense que l'on sera mieux quand ils le seront. On est alors convaincu que l'on sera plus heureux quand ils auront passé cette étape. On se dit que notre vie sera complète quand les choses iront mieux pour notre conjoint, quand on possédera une plus belle voiture ou une plus grande maison, quand on pourra aller en vacances, quand on sera à la retraite...

La vérité est qu'il n'y a pas de meilleur moment pour être heureux que le moment présent. Si ce n'est pas maintenant, quand serait-ce? La vie sera toujours pleine de défis à atteindre et de projets à terminer. Il est préférable de l'admettre et de décider d'être heureux maintenant qu'il est encore temps.

Pendant longtemps, j'ai pensé que ma vie allait enfin commencer, "La vraie vie"! Mais il y avait toujours un obstacle sur le chemin, un problème qu'il fallait résoudre en premier, un thème non terminé, un temps à passer, une dette à payer. Et alors la vie allait commencer !  Jusqu'à ce que je me rende compte que ces obstacles étaient justement ma vie.

Cette perspective m'a aidé à comprendre qu'il n'y a pas un chemin qui mène au bonheur. Le bonheur est le chemin...


Ainsi passe chaque moment que nous avons et plus encore: quand on partage ce moment avec quelqu'un de spécial, suffisamment spécial pour partager notre temps et, que l'on se rappelle que le temps n'attend pas.

Alors, il faut arrêter d'attendre de terminer ses études, d'augmenter son salaire, de se marier, d'avoir des enfants, que ses enfants partent de la maison ou, simplement, le vendredi soir, le dimanche matin, le printemps, l'été, l'automne ou l'hiver, pour décider qu'il n'y a pas de meilleur moment que maintenant pour être heureux.

Le bonheur est une trajectoire, et non pas une destination !

Il n'en faut pas beaucoup pour être heureux. Il suffit juste d'apprécier chaque petit moment et de le sacrer comme l'un des meilleurs moments de sa vie:

- Tomber amoureux,
- Rire jusqu'à en avoir mal au ventre, ou des crampes aux mâchoires,
- Trouver un tas de nouveaux méls sur sa boîte quand on revient de vacances,
- Conduire vers des paysages magnifiques en terre inconnue,
- Se coucher dans son lit en écoutant la pluie tomber dehors,
- Sortir de la douche et s'essuyer avec une serviette toute chaude,
- Réussir son dernier examen,
- Avoir une conversation intéressante,
- Retrouver de l'argent dans un pantalon que l'on n'a pas porté depuis des lustres,
- Rire de soi-même,
- Rire sans raison particulière,
- Entendre accidentellement quelqu'un dire quelque chose de bien sur soi,
- Se réveiller en pleine nuit en se rendant compte que l'on peut encore dormir quelques heures,
- Écouter une chanson qui nous rappelle un moment chéri,
- Se faire de nouveaux amis,
- Voir contents les gens que l'on aime,
- Rendre visite à un vieil ami et se rendre compte que les choses n'ont pas changé entre vous,
- Admirer un coucher de soleil,
- Se faire tranquillement masser le dos et s'endormir paisiblement,
- Sentir un vent doux et frais nous caresser la joue,
- Entendre dire que l'on nous aime et vivre paisiblement tous les petits moments qui nous réchauffent le cœur et l'âme.

Texte anonyme issu de la Sagesse Internet

samedi 12 juin 2021

Un discours brillant sur le bonheur - Pedro Correa


C’était le 28 novembre 2019 à l’UCLouvain en Belgique. Pour cette cérémonie, l’université avait invité Pedro Correa, docteur en sciences appliquées et photographe, à dire quelques mots aux jeunes diplômés. Résultat ? Un très grand discours qui s’adresse à tous. En voici le texte :

 « Bonsoir et félicitations aux ingénieurs fraichement diplômés, Je voulais aussi féliciter l’AILouvain, d’avoir fait preuve de courage, non seulement en m’invitant dans ce panel (ce qui est déjà assez courageux) mais surtout en mettant au centre de ces interventions et de leur programme de conférences des termes comme « le sens », « le bonheur » « et la joie au travail », au-delà de ceux sur lesquels on insistait uniquement lors des discours que j’avais à votre âge en ingénieur, et qui étaient plutôt à l’époque « le sacrifice », « le sérieux », « la compétitivité » ou « l’excellence ». 

 Merci donc vraiment à l’UCL pour cet élan de vent frais. Je suis d’autant plus ravis d’être ici que je parle au même endroit que l’une de mes idoles du moment (certains ont des idoles qui remplissent des stades, moi c’est un ingénieur français) : il s’appelle Philippe Bihouix et lors de la conférence qu’il a donné ici il y a quelques mois il vous invitait déjà à mettre à profit tout votre savoir-faire non pas dans les High-Techs, mais plutôt dans les Low-Techs: ces technologies qui remplacent ce qui se fait aujourd’hui, mais avec des techniques plus simples et plus sobres. Si ce que vous recherchez c’est du sens et de mettre à profit vos études d’ingénieur pour diminuer notre empreinte écologique à tous, je vous invite vraiment à lire son livre: l’Age des Low-Tech. 

 Tout d’abord je vous rassure: je ne suis pas venu vous donner de conseils, et encore moins de leçons. Faire un Doctorat en Sciences Appliquées pour finir artiste photographe, je pense que cela doit figurer dans le top 3 des cauchemars des parents ici présents… Mais si je ne vais pas vous donner de conseils, c’est surtout parce que je me rends compte que nous, les plus vieux, n’avons rien à vous apprendre, et que bien au contraire, nous ferions mieux de plus vous écouter. 

Quand je vois les valeurs de consommation, d’égocentrisme, de compétition et de croissance continue, sur lesquelles les deux générations précédentes ont bâti le système dans lequel on surnage pour l’instant, et quand je vois les élans de solidarité, d’empathie, de collaboration, et de quête de sens qui brillent au fond des yeux des jeunes aujourd’hui… je me dis que vous êtes celles et ceux qui peuvent inverser la tendance vers une société plus heureuse et plus juste… et que vous avez déjà tout en vous. 

Je vais par contre commencer par une statistique que je vais poser là, exprès pour vous faire un peu peur. C’est une donnée que l’on entend très rarement, et qui représente à mes yeux le canari dans la mine qui devrait nous alerter que quelque chose va mal : depuis 5 ans, la Belgique dépense plus de budget national en malades de longue durée (essentiellement des dépressions et des burn-outs), qu’en charges liées au chômage. Cela veut donc dire que contrairement à ce que l’on nous martèle chaque jour à propos du chômage, en sortant d’ici, vous avez plus de risque de tomber malade ou de devenir dépressifs à cause de votre emploi, que de ne pas en trouver. 

 Passionné de développement personnel, je me suis penché sur les causes de cette donnée, et ce résultat n’est finalement pas si étonnant. Toutes les études scientifiques en neurosciences et en psychologie du bonheur sont unanimes : placer des termes anxiogènes comme le « sérieux », l' »excellence », la « compétitivité » ou le « sacrifice » au centre de notre vie, sans en placer d’autres, essentiels, comme « la joie », « le sens » ou « la collaboration », c’est prouvé, cela ne peut que mener à la tristesse, à la fatigue, et au final, à la maladie… au burn-out. 

Certains vous feront miroiter des contrats avec d’énormes voitures à la clé, et ils vous assureront que c’est la preuve ultime de la réussite. De mon côté, je ne peux que vous parler avec le gage de mon propre bonheur lorsque je me lève chaque matin pour faire mon travail, que je reste absorbé pendant des heures sans voir le temps passer à capturer des instants de beauté éphémère, et le bonheur de mes enfants avec qui je passe de longues après-midis. Je ne peux donc que vous partager mon expérience, qui a tout d’abord été de me rendre compte que le bonheur, ça se travaille. Le bonheur ne nous tombe pas du ciel en regardant notre vie s’écouler sur des rails construits par d’autres, des rails qui vont on-ne-sait-où, plutôt que de mettre en pratique nos propres envies. (…) La mauvaise nouvelle, c’est que trouver son bonheur ça prend toute une vie. La bonne nouvelle, c’est que lorsque l’on sait que ça prend toute une vie, on peut se donner le temps. 

Mon chemin a commencé par cette condition, indispensable je pense, d’écouter mes propres envies, d’écouter ma voix intérieure. Cette voix intérieure n’a rien de mystique, c’est juste la propre voix de chacun, cette voix authentique qui n’a de compte à rendre à personne, celle qui vous prend aux tripes. Elle est très difficile à entendre parce que depuis tout jeunes, nous avons entassé d’autres voix par-dessus : la voix des parents, des professeurs, des pubs… Lorsque vous regardez des enfants, vous vous rendez compte qu’ils n’ont encore que cette voix-là, leur juste voix, et c’est justement pour ça qu’ils savent exactement ce qui les rend heureux à chaque instant. Nous avons tous en nous la voix qui sait ce qui est mieux pour nous. Il faut juste du travail sur soi pour l’entendre et la reconnaitre. 

 Pour moi, cela a été plus rapide: j’ai pris un raccourci et j’ai pu éviter des années d’écoute attentive pour arriver à l’entendre. C’est un raccourci, certes, mais que je ne souhaite à personne: c’était de voir mourir mon père, soudainement. Il avait 56 ans, j’en avais 29. Il était fort comme un roc un jour, et parti le lendemain. Nous savons tous que nous sommes mortels, mais la nuance est énorme entre savoir que nous sommes mortels et savoir que nous allons mourir, et que ça peut arriver du jour au lendemain. A ce moment-là, ma voix intérieure a pris un mégaphone et a percé toutes les autres voix, pour me demander chaque jour très clairement : « maintenant que tu sais que tu pourrais mourir demain, aurais-tu changé quelque chose à cette dernière journée que tu viens de passer ? » Et c’est impossible de vivre comme avant lorsque l’on se pose cette question à la fin de chaque journée. 

Cette prise de conscience a été douloureuse au début. De là sont nés d’abord de petits changements, des compromis, puis des plus grands, et puis petit à petit, cette voix est devenue un guide sur le chemin vers le bonheur. Pour être heureux, il m’a fallu aussi trouver du sens. Je pense qu’il faut que notre vie à tous (et donc notre métier, où nous passons 8h par jour) ait du sens à nos yeux. Car notre voix intérieure sait que nous sommes tous sur le même bateau, et le bonheur ne pourra donc être atteint que si nos actions ont un impact réel sur ce bateau. 

Et pour finir, il nous faut aussi du courage, parce qu’en plus d’entendre et de reconnaître votre voix, il faudra aussi avoir le courage de l’écouter, car elle ne va pas toujours dire des choses évidentes à mettre en place, ni des choses qui vont plaire à votre entourage. On m’a souvent dit : « Mais quel courage ! Ça ne doit pas être facile de vivre en tant qu’artiste ! ». Ce à quoi je répondais : « Parce que vous croyez que c’est facile, pour un artiste, de vivre en tant que banquier? ». 

Je vais terminer. Et vous l’avez compris, j’ai menti, je vous ai quand-même donné un conseil tout au long de ce discours : celui de ne pas m’écouter. Vous êtes des adultes, vous avez votre diplôme, la vie est à vous. Alors n’écoutez plus ceux issus de ce monde périmé, de ce constat d’échec que nous vivons. Ne m’écoutez plus moi, n’écoutez plus les parents, n’écoutez plus les professeurs, n’écoutez plus les pubs ni les médias, et écoutez-vous, écoutez-vous en tout premier. 

Le monde n’a plus besoin de battants, de gens qui réussissent, il a besoin de rêveurs, de personnes capables de reconstruire et de prendre soin… et surtout, surtout, on a tous besoin aujourd’hui, plus que jamais, de gens heureux. 

Merci. »

jeudi 1 octobre 2020

Simplicité volontaire et décroissance

La base de ces mouvements de société est l’opinion que le monde actuel, structuré à grande échelle par le capitalisme, engendre certaines crises majeures dans la société en général, et chez l’individu en particulier. La croissance des inégalités sociales, l’insatisfaction concernant le travail salarié, l’invasion de la publicité et d’une mentalité de consommation, ou encore la crise environnementale en sont des exemples majeurs.

En particulier, le travail salarié, parce qu’il sert la rentabilité de l’entreprise, accentue le stress chez le travailleur et réduit ainsi sa qualité de vie psychologique. De plus, les producteurs, parce qu’ils recherchent le profit économique, encouragent la prolifération de la publicité et la vision du citoyen comme “consommateur”. Une conséquence de cette situation, selon nous, est la réduction des autres dimensions de la vie humaine, telles que la dimension intellectuelle (savoir, philosophie, spiritualité…), les dimensions artisanale et sportive, mais aussi la participation significative du citoyen à la vie politique de sa région.

Parce que le capitalisme repose sur la croissance économique, et que celle-ci encourage la consommation de biens matériels chez l’individu, deux réactions sont possibles :

- A l’échelle de l’individu, il s’agit de rechercher un mode de vie qui rejette la mentalité de consommation et qui, de façon imagée, sache prendre son temps plutôt que de lui courir après. Ceci est le fondement de la simplicité volontaire.
- A l’échelle de la société, il s’agit de rechercher un modèle politique et économique plausible non-basé sur la consommation et la rentabilité à tout prix. Ceci est l’objet de la décroissance.



La simplicité volontaire ou sobriété heureuse est un mode de vie consistant à réduire volontairement sa consommation par la maîtrise de ses besoins. On parle aussi parfois de frugalité. L'objectif est de mener une vie davantage centrée sur des valeurs "essentielles". Dans notre société de consommation, nous consacrons une grande partie de notre temps à gagner toujours plus d'argent pour satisfaire des besoins matériels.

Le principe de la simplicité volontaire est de moins consommer, donc d'avoir moins besoin d'argent et moins besoin de travailler. En vivant en accord avec nos vrais besoins nous gagnons alors du temps pour ce qui est important pour soi.

La simplicité volontaire n'incite ni à la pauvreté ni au sacrifice, elle prône l'auto-limitation des besoins et des consommations en choisissant volontairement la frugalité et en développant l'autosuffisance. Ses valeurs sont une recherche:

- d'équité entre les hommes
- la recherche du bonheur
- le retour à la terre comme mode de subsistance
- l'agro écologie ...

La simplicité volontaire peut contribuer à ralentir la destruction des ressources naturelles, par un  refus conscient du gaspillage  la sobriété volontaire peut permettre d'économiser l'eau, l'électricité et toutes les formes d'énergie. 

La simplicité volontaire ou sobriété heureuse est un engagement personnel et/ou associatif qui découle de multiples motivations qui vont habituellement accorder la priorité aux valeurs familiales, communautaires et/ou écologiques.

On peut trouver la trace de son origine en Europe dans les écrits de Léon Tolstoï et de John Ruskin (Unto This Last), et en Amérique du Nord dans les écrits de Henry David Thoreau (Walden).

Il est représenté, par exemple, par le mouvement des Compagnons de Saint François ou encore les Communautés de l'Arche de Lanza del Vasto, inspiré par Gandhi, lui-même inspiré par Thoreau et Ruskin. On le retrouve aussi au Québec, province du Canada, sous l'influence de penseurs comme Serge Mongeau et des éditions Écosociété.





Pierre Rabhi - Vers la sobriété heureuse, Acte Sud.
"J’avais alors vingt ans, et la modernité m’est apparue comme une immense imposture."   Pierre Rabhi

Pierre Rabhi a en effet vingt ans à la fin des années cinquante, lorsqu’il décide de se soustraire, par un retour à la terre, à la civilisation hors sol qu’ont largement commencé à dessiner sous ses yeux ce que l’on nommera plus tard les Trente Glorieuses. Après avoir dans son enfance assisté en accéléré, dans le Sud algérien, au vertigineux basculement d’une pauvreté séculaire, mais laissant sa part à la vie, à une misère désespérante, il voit en France, aux champs comme à l’usine, l’homme s’aliéner au travail, à l’argent, invité à accepter une forme d’anéantissement personnel à seule fin que tourne la machine économique, point de dogme intangible. L’économie ? Ce n’est plus depuis longtemps qu’une pseudoéconomie qui, au lieu de gérer et répartir les ressources communes à l’humanité en déployant une vision à long terme, s’est contentée, dans sa recherche de croissance illimitée, d’élever la prédation au rang de science. Le lien filial et viscéral avec la nature est rompu ; elle n’est plus qu’un gisement de ressour ces à exploiter – et à épuiser. Au fil des expériences de vie qui émaillent ce récit s’est imposée à Pierre Rabhi une évidence : seul le choix de la modération de nos besoins et désirs, le choix d’une sobriété libératrice et volontairement consentie, permettra de rompre avec cet ordre anthropophage appelé “mondialisation”. Ainsi pourronsnous remettre l’humain et la nature au coeur de nos préoccupations, et redonner, enfin, au monde légèreté et saveur.



Agriculteur, écrivain et penseur français d'origine algérienne, Pierre Rabhi est un des pionniers de l'agriculture biologique. Il défend un mode de société plus respectueux des hommes et de la terre et soutient le développement de pratiques agricoles accessibles à tous et notamment aux plus démunis, tout en préservant les patrimoines nourriciers. 

Depuis 1981, il transmet son savoir-faire dans les pays arides d'Afrique, en France et en Europe, cherchant à redonner leur autonomie alimentaire aux populations. Il est aujourd'hui reconnu expert international pour la sécurité alimentaire et a participé à l'élaboration de la Convention des Nations Unies pour la lutte contre la désertification. Il est l'initiateur du Mouvement pour la Terre et l'Humanisme

samedi 13 février 2016

Faire la part des choses dans l'opinion des autres

Comment faire la part des choses dans l’opinion des autres ? Comment faire le tri entre ce qui est vrai et ce qui est faux ? Voici le test des trois questions, attribué à Socrate.

Delphes, le temple d'Athéna (2006) - Françoise Hennebert


Socrate avait, dans la Grèce antique, une haute opinion de la sagesse. Quelqu'un vient un jour trouver le grand philosophe et lui dit:

- Sais-tu ce que je viens d'apprendre sur ton ami?

- Un instant, répondit Socrate. Avant que tu me racontes, j'aimerais te poser trois questions.

- Trois questions ?

- Mais oui, reprit Socrate. Avant de me raconter toutes sortes de choses de choses sur les autres, il est bon de prendre le temps de filtrer ce que l'on aimerait dire. C'est ce que j'appelle le test des trois questions. La première question est celle de la vérité. As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai ?

- Non. J'en ai simplement entendu parler...

- Très bien. Tu ne sais donc pas si c'est la vérité.

- Essayons de filtrer autrement en utilisant une deuxième question, celle de la bonté. Ce que tu veux m'apprendre sur mon ami, est-ce quelque chose de bon ?

- Ah non ! Au contraire.

- Donc, continua Socrate, tu veux me raconter de mauvaises choses sur lui et tu n'es même pas certain si
elles sont vraies. Tu peux peut-être encore passer le test, car il reste une question, celle de l'utilité. Est-il utile que tu m'apprennes ce que mon ami aurait fait ?

- Non. Pas vraiment.

Alors, conclut Socrate, si ce que tu as à me raconter n'est ni vrai, ni bien, ni utile, pourquoi vouloir me le dire ?

dimanche 31 janvier 2016

Il y a un temps pour tout

Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous le ciel :

un temps pour naître,
et un temps pour mourir ;
un temps pour planter,
et un temps pour arracher le plant ;

un temps pour tuer,
et un temps pour guérir ;
un temps pour abattre,
et un temps pour bâtir ;

un temps pour pleurer,
et un temps pour rire;
un temps pour gémir,
et un temps pour danser;

un temps pour lancer des pierres,
et un temps pour en ramasser ;
un temps pour embrasser,
et un temps pour s'abstenir ;

un temps pour chercher,
et un temps pour perdre ;
un temps pour garder,
et un temps pour jeter ;

un temps pour déchirer,
et un temps pour coudre ;
un temps pour se taire,
et un temps pour parler ;

un temps pour aimer,
et un temps pour haïr ;
un temps pour la guerre,
et un temps pour la paix.
La Bible de Jérusalem, Ecclésiaste (Qohélet), chapitre 3

La Bible de Jérusalem est une traduction de la Bible élaborée sous la direction de l'École biblique et archéologique française de Jérusalem. Réalisée par les meilleurs spécialistes des études bibliques, elle est actuellement la plus répandue en France et fait figure de classique. Étant un ouvrage collectif, elle tombera dans le domaine public en France le 1er janvier 2027, 70 ans après la date de sa première parution. En effet, c'est en 1956 que la Bible de Jérusalem fut publiée pour la première fois en un seul et unique volume.

samedi 18 juillet 2015

Désordre et créativité

L'organisation a toujours été considérée comme une clé de la réussite. Que ce soit à la maison, à l'école ou sur son lieu de travail, l'organisation est le maître mot ! Toutefois, des études récentes menées par l'Université du Minnesota nous offrent une nouvelle réflexion sur ce débat. Vous avez peut-être déjà entendu dire que les personnes qui ont des bureaux en désordre ont tendance à être plus créatives. Sachez que ce n'est pas tout à fait faux (même si ce n'est bien entendu pas aussi simple que cela). Peut-être que les personnes qui vivent dans un désordre permanent doivent être plus créatifs, par nécessité, pour survivre en dehors des frontières de l'organisation.

Kathleen Vohs, une scientifique et psychologue de l'Université du Minnesota a donc entrepris une étude portant sur la créativité liée au désordre. En utilisant un paradigme consistant en une pièce désordonnée et une autre pièce bien rangée, et une série de tests, elle a conclu que les pièces en désordre permettaient de produire plus de pensées créatives. Si les résultats de ses recherches l'amènent à conclure que les environnements en désordre provoquent une réflexion plus créative, elle en fournit des preuves scientifiques. 

Albert Einstein disait quelque chose de très pertinent "Si un bureau encombré est un signe d'un esprit encombré, alors que devons-nous penser d'un bureau vide ?" Son bureau n'était pas un modèle d'ordre et de rangement. Mais il n'était pas le seul, Mark Twain aussi avait un bureau désordonné. Peut être encore plus que celui de Einstein. Et il était l'un des esprits les plus imaginatifs de sa génération. Et que dire de Steve Jobs, dont la table de travail et le bureau étaient un vrai désastre de rangement ?

Même si tout cela peut ressembler à un grand n'importe quoi pour les autres, bien souvent le désordre de quelqu'un est en réalité très méthodique. Il présente juste une méthode d'organisation "personnelle", incompréhensible pour le commun des mortels...

La pensée créative, dans sa forme la plus pure, ne serait-elle pas le fait de penser en dehors des lignes de raisonnement "classique", en dehors des normes établies ?

mercredi 15 juillet 2015

Les avantages du désencombrement matériel

« Lorsque nous ne pouvons plus choisir, nous encombrons »
Dominique Loreau (1)

Pourquoi accumulons-nous ?

Un constat s'impose ; nous possédons trop. Mais qu'est-ce qui nous pousse à consommer ainsi? D'après le sociologue Gilles Lipovetsky2,  « nous achetons pour compenser les incertitudes de l'avenir», Nos actes de consommation seraient donc régis par des peurs, comme celles de connaître le chômage ou la précarité par exemple, Observons notre logement: sommes-nous rassurés sur notre futur en vivant au milieu de tous nos biens ? Non ! Il est donc peut-être temps de prendre conscience que nos achats ne rassurent que les industriels et les distributeurs… 

Prendre conscience du superflu

Regardons les objets qui nous entourent. Lesquels avons-nous acquis de façon consciente ? Lesquels aimons-nous vraiment ? En nous questionnant ainsi sur chacune de nos possessions, nous pouvons mettre en lumière nos comportements et nos motivations. Nous pouvons, par exemple avoir cédé à des achats quasi compulsifs, pour nous faire plaisir à un moment donné. Ces petites babioles qui traînent sur nos étagères ne nous rappellent-elles pas un passage à vide, où, pour compenser un manque, nous avons cédé à toute une série d'achats inutiles ? Outre l'acte d'achat, nous devons nous interroger sur la conservation des objets.
Pourquoi les gardons-nous ? Nous rassurent-ils ? En nous questionnant, nous prenons conscience des objets superflus. Nous apprenons, dans le même temps, à mieux nous connaître, en définissant ce qui est important et ce qui est accessoire.


S'organiser et faire des choix

Comme le souligne Dominique Loreau « la véritable cause du désordre est l’excès de possessions ». En désencombrant notre habitation, nous avons plus de facilité à trouver les objets. Nous voulons déboucher une bouteille de vin ? Pas de problème. Le tire-bouchon a sa place, dans le deuxième tiroir de la cuisine, dans un compartiment spécifique. Et, lorsque nous ouvrons le tiroir, il est visible immédiatement. Aucun autre objet ne vient encombrer cet espace. Cet exemple se décline avec tout ce que nous possédons, parce que nous avons, au préalable, défini nos besoins véritables. Et nos gestes sont plus précis car ils ne sont plus gênés par le fouillis. 

Nous pouvons ainsi modifier nos habitudes. Rangeons au fur et à mesure, sans empiler les choses. Cet ordre permanent procure calme et détente. De la même façon, faisons des choix. Définissons ce qu’il nous faut, en fonction de nos besoins : si nous voulons laver le carrelage, nous ne devons pas avoir à choisir entre cinq produits ! Un seul doit être destiné à cette fonction. Il n’est pas nécessaire non plus d’accumuler des tas d’échantillons puisque ils finissent, de toute façon, à la poubelle ! 

Davantage de propreté

Le fait de posséder moins permet de mieux entretenir, puisque les objets sont désormais accessibles. C’est un avantage précieux, car vivre dans un endroit propre et net clarifie les idées. Notre mental est comme dépoussiéré et aéré. L’effet est très bénéfique.
Le ménage perd ses allures de corvée. Il s’effectue aisément et rapidement puisque tout est à notre portée. Nous pouvons même en ressentir de la satisfaction et de la fierté. N’est-il pas agréable de vivre dans un lieu toujours propre ? Ne ressentons-nous pas un réel bien-être ? Nos espaces ne sont-ils pas plus jolis, plus lumineux ?

Davantage d’énergie

Le désencombrement permet également aux énergies de circuler. Cette considération est propre au Feng Shui, dont nous reparlerons un peu plus loin. Éliminer tout ce qui est superflu permet de purifier l’espace. Il est facile de constater la manière dont nos possessions peuvent nuire à notre psychisme. La matière aspire l’énergie. Trop d’objets, trop de meubles, cela engendre de la fatigue. Nous « déprimons » et sommes souvent incapables d’envisager l’avenir. Nous n’arrivons plus à avancer. En nous séparant de nos possessions superflues, nous permettons à l’énergie de circuler à nouveau et de retrouver de bonnes vibrations. Du coup, nous regagnons en vitalité.

Davantage de belles choses

En nous désencombrant de l’inutile, nos espaces respirent. La clarté règne et nous pouvons, de ce fait, mettre les objets que nous aimons en valeur. Une étagère presque nue fait ressortir un bel objet que nous aimons particulièrement. Lorsqu’il est isolé, il est comme exposé et mis en avant. L’œil est immédiatement attiré par sa présence. Nous pouvons de cette façon avoir un intérieur beaucoup plus esthétique. Il ne s’agit pas de vivre pauvrement, mais, au contraire, de savoir nous entourer de choses qui nous plaisent.

Davantage de bien-être

En nous débarrassant du superflu, nous ne subissons plus notre environnement et nous pouvons ressentir un réel bien-être. Nous habitons dans un lieu qui nous plaît et où nous nous sentons en harmonie. Nous l’avons respecté, de même que nous avons prêté attention à notre nature. Il est aménagé selon notre personnalité et il nous ressemble.

(1) Dominique Loreau, L’Art de l’essentiel. Ed. J’ai Lu, 2009. 
(2) Gilles Lipovetsky, Le Bonheur paradoxal. Essai sur la société d’hyperconsommation. Ed. Gallimard, 2006.


Synthèse

Un ordre retrouvé
En désencombrant nos intérieurs, nous prenons plaisir à vivre dans un endroit ordonné et rangé. L’ordre procure bien-être et calme. Il apaise. Un intérieur clair et ordonné agit de la même façon sur notre psychisme.

La circulation des énergies
Lorsque nous vivons dans un lieu avec peu de meubles et d’objets, les énergies circulent librement. Nous sommes de bonne humeur et allons de l’avant. En revanche, un lieu encombré est pesant. Il nous démoralise et nous nous y sentons fatigués.

Une vie plus facile
Lorsque nous choisissons de désencombrer notre habitation, nos gestes quotidiens sont facilités. Nous retrouvons tous les objets en un clin d’œil. En allégeant nos logements, nous simplifions notre vie. Tout est plus simple et nous faisons des choix plus rapidement.

Un gain de propreté
Vivre dans un lieu plus allégé permet de le nettoyer en profondeur. Quand nos étagères courbaient sous le poids des livres, il était difficile de faire la poussière correctement. Aujourd’hui, parce que nous avons éliminé les trois quarts de nos lectures, nous pouvons même passer un coup de chiffon régulièrement.

Extrait de "Simplifier sa vie"  - Les dossiers de psycho n°3 - Décembre 2010 

lundi 29 juin 2015

La voie de la simplicité - Mark A. Burk

La voie de la simplicité - Mark A. Burk
Les effets pervers du sur-travail et de la surconsommation poussent un nombre croissant de personnes dans la voie de la simplicité volontaire. Dans son essai paru aux éditions Écosociété (2003), Mark Alan Burch propose sa réponse à trois questions essentielles sur ce courant : Qu'est-ce que la simplicité volontaire ? Pourquoi opter pour ce mode de vie ? Et comment le mettre en pratique ?

En évoquant les racines philosophiques de la simplicité volontaire - de Lao Tseu à Fromm en passant par Tolstoï, Gandhi et bien d'autres - l'auteur nous fait prendre conscience à quel point ce courant, qui peut sembler révolutionnaire est ancien. De tout temps, des hommes et des femmes ont choisi de simplifier leur vie pour des raisons personnelles, sociales, environnementales ou spirituelles.

Ainsi, choisir la voie de la simplicité volontaire, c'est choisir de consacrer du temps pour se reconnecter avec ses besoins réels et profonds plutôt que de se laisser imposer des besoins multiples créés de toute pièce par la société de consommation.

C'est aussi chercher à se recentrer en se donnant des buts plus cohérents avec nos valeurs en cessant notamment notre recherche éperdue de biens matériels qui nous oblige à consacrer l'essentiel de nos énergies à courir après l'argent. Certains choisiront de renoncer à des biens matériels et de vivre plus simplement pour s'impliquer et développer des relations de qualité au sein de leur famille et de leur communauté plutôt que d'accepter de sacrifier ces moments partagés par "manque de temps". Les raisons de s'engager dans la voie de la simplicité volontaire sont aussi environnementales. Dans ce contexte, l'auteur parle "d'alternative culturelle à la surconsommation" et nous propose de nous recentrer sur nos besoins réels et ainsi de réduire notre consommation. Il nous invite aussi à réviser nos choix de consommation pour des modes plus écologiques de transport, de production de nourriture, de logement et de loisirs.

Mais attention, la simplicité volontaire va bien au-delà du "consommer moins, dépenser moins, travailler moins". Mark Alan Burch insiste sur le fait que la simplicité volontaire n'est pas un but mais un moyen ou plutôt comme l'indique le titre de son livre, une voie de retour vers l'essentiel. La simplification de notre vie nous permet d'explorer le mystère de notre nature profonde, de nous poser les vraies questions, de donner un sens à notre vie. Cette réflexion sur le lien entre spiritualité et simplicité volontaire est sans doute l'apport le plus intéressant de ce nouveau livre sur un thème par ailleurs de plus en plus populaire.

L'auteur

Mark A. Burch est professeur à l’Université de Winnipeg, au Manitoba. Il possède une longue expérience d’animateur d’ateliers sur la simplicité volontaire, qu’il applique depuis longtemps dans sa vie personnelle.

samedi 2 mai 2015

Une vie encombrée

« La société de consommation a privilégié l’avoir au détriment de l’être ».
Jacques Delors 

Trop de tout

Observons autour de nous. Quel est l’aspect de notre logement ? Force est de constater que nous avons pris l’habitude d’amasser et d’entasser. Nos armoires, trop pleines, sont prêtes à exploser. Dehors, les trottoirs sont noirs de monde, les rues embouteillées. La musique (lecteurs MP3...) et le son des klaxons emplissent nos oreilles. Au bureau, c’est une avalanche d’e-mails qui nous attend. Le soir, devant notre poste de télévision, nous sommes assaillis par un flot continu d’informations (JT, publicités...). Nous pourrions poursuivre cette énumération, tant la liste est longue !

Cependant, nous n’avons pas forcément conscience de tout ce « bruit » qui nous entoure. Nous sommes trop étourdis par ces surplus d’objets, de monde, de nourriture... Nous vivons dans une société où tout est excessif. Il est donc peut-être temps de marquer une pause et de nous interroger sur notre façon de vivre.

Une vie bien remplie.

Ne menons-nous pas une vie trop active ? Il est vrai que notre éducation repose sur l’obtention de résultats. Dès l’enfance, nous devons être le meilleur dans toutes les disciplines. Ensuite, c’est la course après les diplômes. Adultes, nous devons exceller dans notre travail, avoir un conjoint et être de bons parents. Et nous nous devons même d’être heureux !
Mais le sommes-nous vraiment ? Si nous n’y prenons pas garde, notre comportement va nous éloigner de nos valeurs essentielles. N’agissons-nous pas en fonction de ce que la société de consommation nous propose ? Notre réussite se chiffre et se remarque et nous sommes orientés essentiellement vers le paraître.
Nous nous oublions dans des activités inutiles, comme jouer en réseau ou faire les boutiques. Nous ne menons plus notre vie, nous la remplissons. Nous sommes hyperactifs, soucieux d’être « occupés », « importants », « efficaces », « professionnels »... 

Après quoi courons-nous ?

Il semblerait que le stress soit la règle : nous n’avons plus le temps de nous occuper de nous. Nous avons des obligations, des devoirs, des rythmes effrénés, où les tâches à accomplir sont plus importantes que le fait d’exister. Nos journées ressemblent à des courses contre la montre, comme si nous étions sans arrêt en retard.
Pourtant, si nous ralentissons le rythme, nous retrouvons immédiatement notre calme. Alors, pourquoi courons-nous ainsi ? Qu’est-ce qui nous oblige à nous comporter de cette façon ? Devons-nous être débordés pour nous sentir importants ? Pourquoi nous empêchons-nous d’être avec nous-mêmes, tout simplement ? Avons-nous peur du vide pour nous étourdir ainsi ? Craignons-nous d’être confrontés à nous-mêmes ? 

Victimes du marketing

La publicité semble avoir eu raison de nous ! Même si nous ne sommes pas dupes devant certains slogans - nous savons pertinemment que l’objectif est de provoquer l’achat - modifions-nous pour autant nos comportements ? Pas vraiment... Amateurs de sensations, nous recherchons l’inédit. Nous avons ainsi l’impression de vivre plus intensément.
Combien de nouveaux produits sortent chaque année ? Les industriels sont parvenus à nous manœuvrer. Auparavant, ils se contentaient de lancer un nouveau modèle, de temps en temps. Aujourd’hui, les innovations sont quotidiennes. Nous sommes en proie à la consommation du toujours plus. Avoir est devenu un objectif de vie et un gage de réussite. Depuis les années 1960, époque de la naissance du marketing, les techniques de vente se sont améliorées. Plus insidieuses, elles nous traquent désormais jusque sur Internet, en étudiant nos comportements et nos centres d’intérêt. Au lieu de répondre, tels des automates, aux stimuli des annonceurs, essayons de nous libérer de la publicité.

Un comportement d’addiction

La consommation touche tous les domaines : l’habitation, les transports, l’habillement, l’alimentation, les loisirs, voire la santé... Nos besoins se sont transformés en désirs. Nous sommes devenus dépendants de cette consommation à outrance.
Engagée dans un processus productif intense, notre société nous propose un modèle qui repose sur l’opulence. Les économistes ont longtemps défendu le postulat que notre bien-être était proportionnel à notre fortune. En possédant plus, en accédant à davantage de confort, nous serions plus heureux. Notre bonheur dépendrait donc de notre niveau de richesse.
Nous nous sommes donc lancés dans une course effrénée à l’acquisition, portés par l’élan du « toujours plus ». Or, depuis peu, nous commençons à prendre conscience que nous ne sommes pas plus heureux en consommant. L’économiste Richard Layard(1), en s’appuyant sur des études statistiques, a démontré que la richesse n’apportait pas davantage de satisfaction.

Nos vrais plaisirs

Certes, acheter procure du plaisir, mais celui- ci reste assez superficiel. C’est même une supercherie de notre société de consommation ! Nous pouvons nous rendre compte que posséder trop de choses complique en fait notre vie et ne nous rend pas plus heureux pour autant.
Depuis quelques années, des tendances comme la quête du bonheur, de l’amour et d’autres valeurs « non marchandes » préoccupent de plus en plus de monde et prennent le pas sur le matériel.
Ce n’est pas la consommation qui va nous apporter le bonheur. L’acquisition de biens matériels ne peut pas satisfaire tous nos désirs. C’est peut-être parce que nous ignorons ce qui peut nous rendre heureux que nous achetons ainsi.

(1) Richard Layard, Le Prix du bonheur, éd. Armand Colin, 2007. 


Synthèse

Nous sommes encombrés de toutes parts
Nous avons trop de tout. Nos habitations sont pleines. Les rues sont encombrées. Les supermarchés regorgent de produits. Et nous croulons sous les informations...

Nous sommes toujours pressés
Nous sommes toujours en mouvement et semblons courir après le temps, comme si chaque journée était trop courte pour tout ce que nous avons à faire.

Nous sommes souvent stressés
Nous devons être stressés et avoir des obligations. Notre importance et notre réussite se mesurent en fonction du taux d’occupation de nos journées.

Nous sommes facilement dépendants
Aujourd’hui, nous cherchons plutôt à avoir qu’à être. Nous avons toujours soif de nouveauté et cherchons à l’extérieur ce qui pourrait nous combler à l’intérieur.

Nous avons peur de nous-mêmes
Acquérir semble camoufler une peur profonde : celle d’être avec soi. 

Extrait de "Simplifier sa vie"  - Les dossiers de psycho n°3 - Décembre 2010  

samedi 25 octobre 2014

Quelle est votre vision du monde ?

Le marchand de verre était assis à la porte de la ville. Il regardait le soleil à travers l’une de ses dernières créations…  un prisme magique où il suffisait de plonger le regard pour que ressurgisse le passé dans toute sa vérité. Un jeune homme s’approcha de lui:

- Bonjour vieil homme. Je suis étranger, je voudrais m’installer dans cette ville. Dis-moi, comment sont les gens d’ici ?

Le marchand de verre lui répondit par une autre question:

– Regarde dans ce prisme étranger.Que vois-tu ?
– Je… je vois des gens. De méchantes gens, des hommes et des femmes plein de hargnes, égoïstes et méchants. Si je suis parti, c’est à cause d’eux.

Alors le vieillard repris le prisme et dit:

– Passe ton chemin étranger. Ici, les gens sont tout aussi méchants et égoïstes les uns que les autres !

Le soleil était sur le point de se coucher. Et le vieux marchand regardait les rayons se déformer dans son prisme magique quand un jeune homme s’approcha de lui.

– Bonjour. Je débarque en ces lieux. Pouvez vous me dire comment sont les gens de cette ville ?

Pour toute réponse, le vieil homme tendit le prisme à l’étranger.

– Que vois-tu jeune voyageur ?
– Je vois d’honnêtes gens, bons et accueillants. Là où je vivais, je n’avais que des amis. Oh ! c’est vrai, j’ai eu bien de la peine à les quitter!
– Alors, mon ami, entre et installe-toi sans crainte dans cette ville. Ses habitants sauront te faire oublier la douleur du premier exil. Tu seras reçu comme un roi et jamais tu ne songeras à repartir. Ce prisme magique m’a montré qui tu étais… et moi, je viens de te dire la vérité.

Chacun porte en son cœur son propre univers et le retrouve en tous lieux. Si vous vous ouvrez aux autres, votre regard sur le monde sera changé. Une attitude positive entraîne une vision positive du monde qui vous entoure. Le malheur existe bien sûr, mais il n’est pas plus répandu que le bonheur. Il n’y a pas de fatalité, pas de condamnation à vie: nous vivons ce que nous méritons de vivre. Parfois c’est dur… Mais c’est rassurant, car c’est juste.

"Le bonheur n’est pas une récompense mais une conséquence. La souffrance n’est pas une punition mais un résultat". Robert Ingersoll


Wojtek Siudmak - Couverture pour "L'Appel de Cthulhu" August Derleth - H.P. Lovecraft, Ed Pocket

lundi 29 septembre 2014

Le syndrome du lapin dans la lumière des phares - Yves Halifa et Genséric Cantournet

Editions Jouvence 2011
"Même pas peur !". Cette interjection prononcée à la face du monde, en maintes occasions, par les enfants, provoque chez les adultes des sentiments mitigés. 

Notre expérience, nos habitudes, notre culture nous conduisent à prendre en compte, lors d'une prise de risque, ses inconvénients plus que ses avantages, alors qu'elle implique le risque de gagner et celui de perdre. Cette survalorisation de l'échec potentiel handicape sérieusement nos décisions. 

Comprendre les origines de nos peurs, examiner les stratégies réflexes, enquêter sur leur efficacité comparée, sortir de la prison de nos habitudes pour conquérir le courage de ne plus avoir peur constituent les étapes de la prise de conscience nécessaire pour vivre de manière plus sereine. 

Avoir la tête toujours froide, le cœur toujours chaud et la main toujours ouverte résument la posture idéale du négociateur lucide, humain et courageux. Mieux vivre ses peurs, sans les combattre ni les vaincre, nécessite prudence et courage. 

Nous devons prendre garde, sans être sur nos gardes. Ce livre s'adresse à tous ceux qui cherchent des solutions pour ne plus avoir peur de négocier, dans leur vie quotidienne comme dans leur travail. Quittez le port de l'angoisse pour franchir les escales du courage ! 



Ce livre sur la négociation écrit par des spécialistes de ce domaine est aussi une réflexion et un entrainement sur la gestion de la peur. Les mentions en italiques sont des citations tirées de l’ouvrage.

Nous prenons en compte, davantage les inconvénients de toute prise de risque que nous ne valorisons le gain escompté d’une décision courageuse.
La survalorisation de l’échec potentiel handicape nos décisions.
Face aux risques, nous subissons le syndrome du lapin dans la lumière des phares. Nous avons peur d’être seul face à nos peurs. La prise de décision solitaire est source de stress.

Pour négocier avec les autres, il faut donc rapprendre à négocier avec soi même, apprendre à apprivoiser ses peurs.

La peur est une émotion. Comme toutes les émotions, nous devons la nommer pour la maîtriser ;
Surpris, perturbé, choqué, apeuré, terrifié, traumatisé, paniqué sont des états différents.

Le courage est moins dans l’action héroïque que dans la posture que l’on tient face à soi même et dans la relation avec les autres.
Cinq étapes déterminent une progression: s’assumer, découvrir, risquer, donner et partager.

Il est nécessaire de se confronter aux doutes, à ses propres peurs et hésitations, à s’engager dans des débats contradictoires.

Il faut accepter le désordre pour donner un sens à l’ordre que l’on veut construire. Avoir la tête toujours froide, le cœur toujours chaud et la main toujours ouverte résument la posture idéale du négociateur lucide, humain et courageux.

Ce livre au titre amusant traite de façon agréable et approfondi d’un sujet sérieux. Il améliore notre capacité d’action dans le respect de soi et des autres.

samedi 5 juillet 2014

De la nécessité du changement...intérieur

Si tu veux rétablir l’ordre dans le monde, tu dois d’abord rétablir l’ordre dans ton pays. 
Si tu veux rétablir l’ordre dans ton pays, tu dois d’abord rétablir l’ordre dans les provinces. 
Si tu veux rétablir l’ordre dans les provinces, tu dois d’abord rétablir l’ordre dans les villes. 
Si tu veux rétablir l’ordre dans les villes, tu dois d’abord rétablir l’ordre dans les familles. 
Si tu veux rétablir l’ordre dans les familles, tu dois d’abord rétablir l’ordre dans ta famille. 
Si tu veux rétablir l’ordre dans ta famille, tu dois d’abord rétablir l’ordre en toi-même. 

Moralité : tout changement doit commencer par soi-même.



Lorsque nous regardons, le plus objectivement possible, la situation actuelle de l’humanité sur la planète Terre, le constat auquel nous arrivons n’est pas des plus jolis et notre première réaction est habituellement de vouloir « changer le monde » : créer des pétitions, écrire aux ministres, organiser des manifestations, sensibiliser, etc.

Très rarement pensons-nous à regarder dans le miroir pour comprendre pourquoi la situation globale est ainsi. Nous investirons sans problème temps et argent à tenter de corriger certaines « injustices » ou certaines lacunes du système actuel, mais il nous vient rarement à l’idée d’investir autant d’énergie à s’observer soi-même et à corriger ce qui ne va pas en nous.

Pourtant, la société n’est-elle pas la somme synergique de ces composants ? Et ces composants ne sont-ils pas chacun des individus, chacun de nous ?


N’essayez pas de changer le monde, commencez par vous-même. Beaucoup trop de gens essaient de changer les gens qui sont dans leur entourage. Il s’agit en fait d’une tâche impossible.

Si seulement ces personnes essayaient de se transformer elles-mêmes, elles comprendraient à quel point cette transformation est difficile.

Le premier changement doit toujours venir de soi, et à notre exemple, les autres changeront également.

En effet, vouloir changer les autres sans être préalablement passé soi-même par un changement intérieur pose une problématique de premier ordre : comment serait-ce possible de changer les autres, ou le monde, si nous n’avons pas l’expérience personnelle et intime de ce qu’est un changement intérieur? La réponse est fort simple : nous ne le pouvons pas.

Il est donc primordial de commencer par le commencement, pour ainsi dire, et de se regarder longuement dans le miroir. Oser se départir des chères illusions que nous entretenons sur nous-mêmes est un premier pas – le seul valable – vers un changement de plus grande envergure.

Jiddu Krishnamurti le résume ainsi : "La crise n’est pas dans le monde extérieur, elle est dans notre conscience elle-même. Tant que nous n’aurons pas compris cette crise profondément et non selon les idées de quelques philosophes, mais jusqu’au moment où véritablement nous comprendrons par nous-mêmes en regardant en nous-mêmes, en nous examinant nous-mêmes, nous serons incapables de provoquer un tel changement."

Regarder en nous-mêmes n’est pas chose aisée. Le premier obstacle que nous y rencontrons est celui de notre personnalité, c’est-à-dire de l’ensemble des fausses croyances que nous entretenons sur nous-mêmes. Et cet obstacle est de taille car il demande de redéfinir en profondeur notre notion du « je ». Il nous faut réaliser que ce « je » n’est qu’une accumulation mensongère de qualificatifs factices. 

Essayez un moment d’accepter l’idée que vous n’êtes pas ce que vous croyez être, que vous vous surestimez – en fait, que vous vous mentez à vous-mêmes. Que vous vous mentez à vous-mêmes à chaque instant, toute la journée, toute votre vie. Que ce mensonge vous domine au point que vous ne pouvez plus le contrôler. Vous êtes la proie du mensonge.

Le mensonge à soi-même est probablement la partie la plus importante à comprendre dans le processus de connaissance de soi. Pris à l’inverse, sémantiquement, nous souffrons cruellement d’un manque d’honnêteté. Lorsque nous n’apprécions pas quelque chose en nous, nous le justifions à la volée d’une façon qui apaise rapidement la tension intérieure créée. Et cette justification opportuniste, baume rapide à notre état intérieur déplaisant, n’a qu’un nom : mensonge. Partant de ce constat, toutes nos sincères tentatives d’être francs et honnêtes avec notre entourage sont irrémédiablement vouées à l’échec. Un mensonge n’est pas une construction qui diminue d’ampleur avec le temps, bien au contraire, il s’étend plutôt, incontrôlablement, de l’intérieur vers l’extérieur.

dimanche 9 juin 2013

Question de point de vue


Apprendre à voir les problèmes et les situations qui se présentent d'un autre point de vue, c'est là toute la réflexion sous-tendue par cette petite histoire qui circule sur Internet...


De retour à la maison, dans votre voiture sport, en plein milieu d'une terrible tempête, vous passez devant un arrêt de bus et vous y voyez 3 personnes :

a) Une dame âgée gravement malade et qui mourra si elle n'arrive pas à l'hôpital à temps.

b) Un médecin, bon ami à vous, qui vous a sauvé la vie il y a quelques années.

c) L'être le plus beau que vous n'avez jamais eu la chance de rencontrer, la personne à qui vous avez toujours rêvé et avec laquelle vous seriez disposé à passer le reste de votre vie.

Comme votre auto est du genre sport, vous pouvez seulement amener un passager.

Que feriez-vous si vous étiez dans cette situation ?




Et si la réponse était: 

"Je donne les clés de mon auto au médecin pour qu'il amène la madame âgée à l'hôpital et je reste pour attendre l'autobus avec la personne de mes rêves"

mardi 4 juin 2013

Rien ne sert de courir...



Une vieille légende Hindouiste raconte qu’il fut un temps où tous les hommes étaient des dieux.

Comme ils abusèrent de ce pouvoir, Brahma, le maître des dieux, décida de le leur retirer et de le cacher dans un endroit où il leur serait impossible de le retrouver.

Oui, mais où?

Brahma convoqua en conseil les dieux mineurs pour résoudre ce problème.

-Enterrons la divinité de l’homme, proposèrent-ils.

Mais Brahma répondit:
-Cela ne suffit pas, car l’homme creusera et trouvera.

Les dieux répliquèrent:
-Dans ce cas, cachons-la tout au fond des océans.

Mais Brahma répondit:
-Non, car tôt ou tard l’homme explorera les profondeurs de l’océan. Il finira pas la trouver et la remontera à la surface.

Alors, les dieux dirent:
-Nous ne savons pas où la cacher, car il ne semble pas exister sur terre ou sous la mer d’endroit que l’homme ne puisse atteindre un jour.

Mais Brahma répondit:
Voici ce que nous ferons de la divinité de l’homme: nous la cacherons au plus profond de lui même, car c’est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher.

Et depuis ce temps-là, conclut la légende, l’homme explore, escalade, plonge et creuse, à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui.
  

mercredi 15 mai 2013

Yes Man (film) - Peyton Reed (1964-)

Yes Man (2009) - Peyton Reed

Carl Allen est au point mort. No future... jusqu'au jour où il s'inscrit à un programme de développement personnel basé sur une idée toute simple : dire oui à tout ! Carl découvre avec éblouissement le pouvoir magique du "Yes", et voit sa vie professionnelle et amoureuse bouleversée du jour au lendemain : une promotion inattendue, une nouvelle petite amie... Mais il découvrira bientôt que le mieux peut être l'ennemi du bien, et que toutes les occasions ne sont pas bonnes à prendre...

Dire oui à la vie, c’est dire non

Dire oui à la vie, c’est dire oui à ce qui est vrai en nous, acquiescer à nos aspirations profondes. C’est souvent dire non aux conventions sociales, dire non aux attentes et projections d’autrui, dire non aux habitudes et aux sécurités.

Nous croyons trop facilement que si chacun faisait ce qui lui plaît, la société ne fonctionnerait plus. C’est oublier la diversité humaine. Notre aventure personnelle n’est pas forcément grandiose ou exotique. A chacun ses désirs, à chacun son rêve.

Seulement, toutes sortes de craintes nous assaillent : allons-nous réussir ?  Et pourquoi ne pas tenter ? Quels sont les risques réels (et non fantasmés) ? Une chose est certaine, on ne regrette jamais d’avoir dit oui à la vie, même en cas d’échec. Quand on est dans la dynamique du rêve, on se sent vivant. Comment savoir si le chemin est juste ? Quand on dit oui à la vie, la fatigue s’envole, les tensions s’évaporent.


Bande annonce du film "Yes Man" 2009

vendredi 3 mai 2013

Question de point de vue

Nous somme tous conditionnés par rapport à certaines croyances, certains postulats qui sont utiles à l'action humaine. Bien que la plupart de nos représentations soient construites, et que la raison humaine soit limitée, nous choisissons de lui faire confiance malgré tout. Il y a une multiplicité de points de vue, mais certains sont meilleurs que d'autres, par rapport à leur objet. Si cet objet est lié aux valeurs, c'est exactement la même chose. Cette thèse s'appelle le perspectivisme. 

Comme l'expression l'indique, le "point de vue" est la position que l'on adopte pour voir. Cela sous-entend plusieurs choses :

On ne voit pas la même chose selon que l'on adopte un point de vue ou un autre. Par exemple, si vous regardez la mer d'une montagne, ou si vous allez tremper les pieds dedans, vous ne verrez pas les mêmes détails, le même mouvement, etc. Si vous êtes dans la forêt, ou que vous regardez celle-ci d'un hélicoptère, vous ne verrez pas du tout la même chose.

Cela signifie que d'un seul point de vue, on ne peut pas tout voir. Si l'on regarde un visage de face ou de profil, on n'a pas les mêmes détails : il faut pouvoir en observer l'ensemble, et donc changer de point de vue. Aucun homme n'a de point de vue omniscient. C'est la thèse de la finitude de la raison humaine.

D'ores et déjà, on peut dire qu'il y a des points de vue "meilleurs" que d'autres, en fonction de ce que l'on regarde et éventuellement d'une finalité pratique. Prenons la métaphore de la lunette: pour regarder les étoiles, il peut être utile de se servir d'un téléscope. Par contre, pour observer des cellules, un téléscope ou l'oeil nu ne suffisent pas : on a besoin d'un microscope. En bref, selon ce que l'on veut regarder, il existe des points de vue plus pertinents que d'autres. Il faut noter que chaque point de vue possède une zone de pertinence. Pour reprendre l'exemple du tableau, on attend en général plus souvent le point de vue artistique que celui qui n'observe que le matériau. On peut grosso modo relier les points de vue à des zones de pertinence (limitées), à des domaines du savoir.

Parlons donc du point de vue qui se veut "critique" ; celui qui précisément est l'épistémologie, c'est-à-dire : le point de vue sur les points de vue, le meta point de vue. L'épistémologie, la recherche de la connaissance valide, est en ce sens la science ou l'étude des points de vue. Nous pouvons nous demander plus précisément quels sont les critères de ce point de vue. En effet, si le point de vue est une position de départ, en fonction d'un objet, il est utile de savoir quelles positions sont à rejeter ou à prôner pour "bien" voir. 

Sans doute l'erreur de ceux qui se veulent "critiques" consiste à adopter un point de vue qui se différencie d'autres points de vue qu'il rejette. Donnons directement l'illustration parfaite, en politique, où l'on confond en fait point de vue et identité : les gens s'identifient à leur point de vue, et rejettent l'autre (l'altérité) simplement parce qu'il porte une autre étiquette, alors qu'au fond, ils pensent peut-être pareil. Du moins, fort probablement, leurs points de vue pourraient opérer ensemble une synthèse. En général, ceux de droite rejettent ceux de gauche - et vice versa - pour des raisons d'identité et non d'idées. Ils se disent critiques, mais ne parviennent justement pas à prendre la distance nécessaire : ils ne font que rejeter, et nient donc l'existence de choses qu'ils ne voient pas. C'est une attitude bornée et ridicule, agissant avec des oeillères.

Il existe donc principalement un type de point de vue qu'il faut rejeter : celui qui rejette des points de vue.

En bref, le point de vue qui opte pour le rejet, la destruction et la haine est celui qu'il faut rejeter. Ici vient l'extension promise aux cultures. Tous les points de vue ne se valent pas : certains voient beaucoup moins certaines choses que d'autres et en plus, certains ne permettent pas de rendre compte des autres points de vue. Une culture qui ne propose qu'un point de vue par rapport aux valeurs, tout en rejetant les autres procède d'un dogme, à rejeter (surtout lorsqu'il est question de haine). Une culture qui ne permettrait pas d'adopter tout point de vue qui ne rejette pas les autres est mauvaise. Enfin, meilleure est la culture qui permet de synthétiser les points de vue, au lieu de les faire lutter les uns contre les autres (il en est de même pour les idéologies : est-il vraiment impossible de faire de l'économique sans faire du social ? 

samedi 2 février 2013

La vision du verre “à moitié plein” ou “à moitié vide”

Parfois, lorsqu’on regarde le chemin que nous avons parcouru : on peut être déçu… On peut avoir l’impression que le sort s’acharne… La manière dont on regarde les évènements passés peut nous “conditionner” et nous aider à avancer… ou pas.

C’est un peu ce que l’on appelle la vision du verre “à moitié plein”, ou “à moitié vide”.

A chacun de décider ce que seront les prochains jours…

-Soit nous regardons le verre à moitié vide, c’est-à-dire les difficultés, les mauvaises nouvelles, bref les choses négatives, et il y a de fortes chances pour que les jours qui viennent soient pénibles comme l’annoncent certains médias dans ce contexte de crise,

-Soit nous portons une attention plus soutenue sur le bon, le bien et le beau, autrement dit le verre à moitié plein, et  il y a de fortes chances pour que cette période se transforme positivement.
Tout en demeurant réaliste, il est en notre pouvoir personnel de préférer regarder plutôt le verre à moitié plein, de cultivez la gratitude pour ce que nous avons déjà, et de modifiez nos filtres de perception.

Même si nous traversons une période difficile, posons-nous la question : « Que dois-je apprendre de cette situation ? Quel bénéfice puis-je en retirer ? »

En chaussant ces nouvelles lunettes, vous faites de chaque jour qui passe une occasion de voir des opportunités et de l’espoir, là où les autres ne verront que des impasses. En orientant ainsi votre attention vous allez générer en vous une belle énergie positive. Essayez ! votre seul risque est d’y prendre goût…

Le bonheur que vous méritez est donc avant tout une décision de porter un regard positif sur vous, sur les situations, et bien entendu sur les êtres. Et cette décision n’appartient qu’à vous, et à vous seul…






C’est l’histoire d’un vieil homme et de son fils…

Dans une époque reculée, un vieil homme, fermier de son état, et son fils, vivaient seuls. Ils étaient pauvres, et leur seul possession de valeur était une seule et unique jument qui avait déjà vu passer quelques hivers. Un matin, le vieillard sort pour nourrir sa jument et s’aperçoit avec horreur que celle-ci s’est enfuie pendant la nuit.

D’autres fermiers passent devant chez lui et le plaignent.
Toi, tu es pauvre. Tu n’as vraiment pas de chance ! Tu as perdu la seule possession de valeur dont tu disposais !

Le vieil homme fronce les sourcils, et sa journée est clairement plus que fichue. Il vaque à ses occupations avec son fils et part travailler dans les champs. Le soir, alors qu’il revient éreinté d’une longue journée de labeur, qu’elle n’est pas sa surprise de voir que sa jument est revenue et s’ébroue sagement dans son enclos accompagnée d’un fier étalon sauvage à qui elle a définitivement tapé dans l’oeil !

D’autres fermiers passent devant chez lui et le congratulent.
Toi, tu es pauvre, mais pas pour longtemps à ce rythme ! Tu as vraiment de la chance ! Cet étalon est magnifique.

Le vieil homme est comblé et son fils est émerveillé devant la magnificence de cet étalon. Le lendemain matin, le fermier se réveille en sursaut au son des cris de douleur de son fils ! Celui-ci s’était levé pour admirer l’étalon et tenter de commencer son dressage. Le cheval, fougueux, l’avait renversé violemment en lui cassant la jambe.

D’autres fermiers pères et fils qui passaient par là, observent le vieillard qui porte secours à son fils et le plaignent.
Toi, tu es pauvre… Et ta situation ne risque pas de s’améliorer. Tu vas devoir travailler tout seul dans les champs maintenant. Il va falloir du temps avant que ton fils soit guéri. Tu n’as vraiment pas de chance…

Abattu… Le vieillard part travailler une fois son fils mis au lit. Il va devoir maintenant assumer seul le labeur de la ferme. Le soir, alors qu’il revient exténué d’une journée de travail seul dans les champs, le vieil homme apprend que la guerre est déclarée. Tous les hommes et les jeunes gens en âge et en condition de porter les armes sont mobilisés. Il est trop vieux pour cela, mais son fils, sans l’accident aurait sans doute été enrôlé ! Il n’en est rien, car ne pouvant plus marcher, il est naturellement écarté.

D’autres fermiers, pères dont les fils sont partis au combat, passent devant chez lui et l’observent avec envie…
Toi, tu es pauvre… Mais tu as chez toi la plus grande richesse du monde ! Ton fils. Nous, nous ne reverrons sans doute jamais nos enfants qui sont partis à la guerre… Tu as vraiment de la chance !

La morale de cette histoire est simple… Les évènements ne sont jamais ni vraiment “bons” ni vraiment “mauvais”. Tout est question interprétation et de la vision d’ensemble que l’on peut avoir sur eux.
Techniquement, un verre est toujours plein...

Les circonstances les plus heureuses et inattendues peuvent germer d’évènements peu agréables à vivre ! A contrario, un évènement heureux peut amener son lot de problèmes et de conséquences désastreuses…  Au final, on ne peut se contenter de regarder chaque évènement comme “blanc” ou “noir”. Il faut prendre du recul et tenter d’avoir une vision d’ensemble.

Dans son discours à l’Université de Stanford, Steve Jobs aborde ce point. Il affirme qu’à un moment ou à un autre, les évènements, positifs ou non, sont reliés entre eux comme des points sur une toile et prennent alors tout leur sens.

C’est souvent une question de temps et plus généralement une question d’interprétation.