vendredi 15 juillet 2011

Le Message de Pioneer 10 et 11


PIONEER 10 et 11
Le voyage de Pioneer 10 constitue l’une des aventures scientifiques les plus marquantes de l’histoire de l’exploration spatiale, l’un des symboles les plus forts de l’entrée d’une bruyante humanité dans le silence des espaces interplanétaire et interstellaire.

En effet, Pioneer 10 représente bien davantage qu’une machine. C’est un symbole culturel de la fin du XXe siècle qui s’en va sonder des espaces inconnus. C’est aussi la plus lointaine manifestation de l’intelligence humaine dans l’espace. 
 
Lancée en 1973, Pioneer 10 (258 kg) est le premier engin a avoir quitté le Système Solaire. Prévue pour fonctionner jusqu'en 1975, le vaisseau spatial Pioneer 10 a toutefois envoyé son dernier signal à la Terre le 22 janvier 2003. Sa faible intensité a été reçue par les grandes antennes du réseau de poursuite DSN (Deep Space Network) de la NASA.
  
Au dernier contact, Pioneer 10 se trouvait à une distance d'environ 12.2 milliards de kilomètres de la Terre (soit à peu près 80 fois la distance Terre-Soleil).  A cette distance, le signal radio, voyageant à la vitesse de la lumière, a mis plus de 11 heures 20 minutes pour atteindre la Terre.
 
Pioneer 10 fonce dans la direction opposée à la course du Soleil, en direction de l'étoile rouge Aldebaran, l'oeil du Taureau (Taurus) à la vitesse de 12,5 km/s. La sonde mettra environ 2 millions d'années pour l'atteindre.
  
LE MESSAGE DE PIONEER 10 et 11

Pioneer 10 et 11 sont des “bouteilles à l’espace” qui auront fait couler beaucoup d’encre. Un message, imaginé par Carl Sagan et Frank Drake, fut gravé sur une plaque d’aluminium de 15 x 22,5 cm, recouverte d’une couche d’or et fixée aux montants de l’antenne de Pioneer 10 et plus tard de Pioneer 11. 
 




Il s'agit d'un message de paix comportant:

    * Un atome d'hydrogène neutre
    * Le profil de la sonde
    * Le schéma du Système Solaire avec la Terre comme point de départ de la sonde
    * La position du Soleil par rapport au centre de la Voie Lactée, elle-même identifiée par 14 pulsars.
    * Les silhouettes d'un homme et d'une femme

Les êtres humains sont la partie la plus mystérieuse du message”, écrivait l’astronome Carl Sagan. La main droite de l’homme, “levée dans un geste universel de bonne volonté” et la nudité de la femme représentée “selon la règle de la statuaire grecque classique”, c’est-à-dire sans la moindre indication extérieure d’organes génitaux.
 
Carl Sagan  rappelle : « L’exercice était difficile. Nous avions essayé de représenter un homme et une femme “panraciaux”. La femme avait dans son apparence certains traits asiatiques. Et l’homme un nez large, des lèvres épaisses et une coupe de cheveux afro. Chez les deux, il y avait aussi des traits caucasiens. Mais comme seulement les contours de la chevelure de la femme sont tracés, beaucoup d’observateurs l’ont vue blonde, détruisant ainsi la possibilité d’un héritage génétique asiatique. Lors de la transcription du dessin original sur la plaque, la coupe afro fut transformée en coupe méditerranéenne, cheveux ondulés… malgré tout, ils sont de façon significative représentatifs des sexes et des races de l’espèce humaine.” 
 
A vrai dire, personne à la NASA n'avait pensé à munir Pioneer 10 de ce message. L'idée en revint à un journaliste du Christian Science Monitor, Eric Burgess, qui s'étonna de cette omission et en fit le reproche à Carl Sagan. Le directeur du Laboratoire d'étude des planètes de Cornell proposa alors à la NASA - trois mois avant le lancement - d'improviser un message avec l'aide de son collègue Frank Drake, le pionnier de la première écoute galactique à Green Bank, qui dirige à Cornell l'Institut d'astronomie et de la ionosphère.
Les deux astronomes décidèrent d'incorporer dans ce message un dessin représentant un homme et une femme nus. On en confia l'exécution à Mme Sagan, qui est peintre de son métier.
 
Derrière le couple, on a placé une esquisse de la sonde qui donne une idée de la taille des Terriens. Au bas du croquis, dix cercles représentent le Soleil et ses planètes. La route empruntée par Pioneer au départ est signalée par une flèche incurvée qui passe entre Jupiter et Saturne avant de s'enfoncer dans la Galaxie.
Sagan et Drake voulaient que ceux qui liraient le message aient le moyen de repérer parmi des milliards d'étoiles la position de notre monde solaire. Ils ont choisi comme points de repère les quatorze pulsars de la Galaxie.
 
Ces radio-sources émettent des signaux très caractéristiques, rythmés par de très fines impulsions, qu'on ne peut confondre avec aucune des autres émissions naturelles. La dessinatrice les a représentés par quatorze lignes rayonnant d'un point central, qui portent toutes une information en code binaire sous forme de petits traits verticaux et horizontaux. Ces notations indiquent la fréquence sur laquelle chacun de ces pulsars émettait au moment du lancement de la sonde. Le point de convergence de ces lignes indique la position de notre système solaire.
 
L'étalon de longueur nous est fourni par l'atome d'hydrogène, l'élément le plus répandu dans l'Univers, qui figure symboliquement au sommet du dessin dans deux états d'énergie. En passant de l'un à l'autre l'atome émet un photon; celte émission captée sur la longueur d'onde de 21 cm donne l'unité de base d'un système universel de mesure.
 
L'étalon hydrogène permet de déterminer, par exemple, la taille exacte de la femme à l'aide du symbole binaire porté à droite du croquis (I---) qui indique le chiffre 8. Notre ambassadrice mesure 1,68 m (8 fois 21 cm).


En 1974, Pioneer 11 est lancée avec un deuxième exemplaire de cette plaque.
 
 
 
video 
Carl Sagan extrait de "Who speaks for earth" sous titré français

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